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AQUEDUC ROMAIN D'ARCUEIN. — RIGOLES UE WISSOUS

tiljô niélies jusqu'au point n; enlve ce point et le legard D, elle s'abaisse à 2'", 04 sur une longueur de 679 mètres.

Voici la coupe de la rigole dans sa [larlie supérieure à pente rapide : sa section est celle d'un , o,zo

trapèze ayant 0"',40 de largeur dans sa jjarlie supérieure, 0"°,25 au niveau du radier et 0"',oO de hauteur.

Les épaisseurs correspondantes des pieds-droits sont 0"',50 et 0"',375 ;

celle du radier 0'",50. Cette eu- - - - ^^-w- - - ^

nette, qui est assez profondément enterrée, est recouverte d'une dalle de O^jlO d'épaisseur.

La rigole est entièrement construite en béton, qui est devenu très-dur. Sa paroi intérieure est revêtue d'un enduit en mortier de chaux et de ciment de tuileau très-fin. Cet enduit est recouvert entièrement, ainsiqueledessousdela dalle, d'un mince dépôt de carbonate de chaux. Je suis assez disposé h croire que ce dépôt provient du lavage, par les eaux extérieures, du béton de l'aqueduc: le sol étant imperméable, les eaux devaient facilement remplir la tranchée jusqu'au niveau delà dalle et pénétrer dans

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la cunette. 11 en est ainsi dans l'aqueduc de la Dhuis : les eaux extérieures, dans la traversée des marnes vertes, ont lait craquer

ol3 LKS ANCIEiNNKs LAUX.

l'cnduil 011 bcaiK-uu|» de points, et au-tlessous de cliacimc de ces petites fissures cajiillaires, on constate l'existence d'une Ictère couclie de carbonate de chaux.

Dans la partie à faible pente, la cunetlc est rectangulaire et de 0'",50 de largeur sur O'^^S de hauteur. Les pieds-droits et le radier ont unifonnéinenl 0"',oO d'é|)aisseur. 11 n'y a pas de coiiverlure en dalle : l'eau coulait à ciel oiiviil ; Touvragc est irrégulièrement construit en pierre brute du i)ays et en béton, comme l'indique le croquis qui précède, (lelte maçonnerie est moins bonne que le béton et paraît d'origine j)lus récente; les parois sont dégradées sur beaucouji de points ; l'enduit et, à plus forte raison, le dépôt de carbonate de chaux oui disparu.

Troisième ri(iole. De la souree de Wissoiis à Vaqueduc principal. Cette rigole, à partir du parc de M. Vallée, suit la ligne brisée M/^oD de la carte ; elle longe le rnisseau de Wissous jusqu'au |ioiiit^>, et de là gagne le regard Dp, en suivant la rive gauche du ruisseau deRiingis; sa pente est dirigée en sens inverse de celle de ce cours d'eau.

Il paraît bien certain (pi'avanl de dériver les sources de Chilly, les Romains s'étaient contentés de la petite source de Wissous, qui coule encore dans le parc de M. Vallée 'et qui, le jour de ma visite, le 27 novembre 1875, en temps de basses eaux, débitait environ 120 mètres cubes d'eau par vingt-quatre heures'. En effet, la rigole n° 5 est de très-petite dimension. Sa plus grande largeur est lie O'",!?, mais presque partout elle est réduite àO"',!^; elle ne pouvait donc conduire une giande quantité d'eau et s'est trouvée insuffisante lorsqu'on a voulu dériver à Lutèce les sources de Chilly.

Le petit aipicduc ne portail pas liabiluellement, dans la saison

' Ce parc s'éU'nd ciilie les Icllrcs LMm ilo lu c;iitc.

' Voici rinsii'iiilion qu'un lit, liors ilc la |>i'0[ii'icto du M. Vallée, au-dossus de lu conduite

do ccllo source :

l'OiNTAIMi lu FtSIlItR l'ul.

AHIEDUC ROMAIN D'ARCUEIL. - HIGOLES DE WISSOUS. 57

Iiuniide, plus de sept litres d'eau par seconde^ 605 mètres cubes par \ingt-qualre heures. C'est sans doute ce que donuaienl alors la source de M. Vallée et plusieurs autres petites sources du voisinage.

Si les Romains avaient fait un projet d'ensemble pour dériver les sources de Chilly et celle du parc de ^Yissous, ils n'auraient construit qu'une seule rigole suflisammenl grande et ils auraient ainsi l'éalisé une assez forte économie, puisqu'il aurait suHi pour cela d'élargir convenablement le radier d'une des rigoles. C'est donc plus tard, lorsque le développement de leurs besoins l'a exigé, qu'ils ont construit la pierréedes sources de Chilly jusqu'à Wissous, et qu'ils l'ont reliée cà l'aqueduc principal par la deuxième rigole.

La pente moyenne kilométrique de la rigole est Irès-fortc dans sa partie supérieure; à partir du mur du parc de M. Vallée où nous l'avons mise à découvert, sur une longueur de 537 mètres, elle est de 25'", 50; depuis ce point jusqu'au regard D, sur une longueur de 1409 mètres, elle s'abaisse à 1",54.

11 est difficile de dire quelle était sa longueur exacte, parccqu'cllc se soude probablement à la deuxième rigole dans le parc de -M. Vallée, où nos explorations n'ont pu s'étendre. Mais elle se prolongeait certainement jusqu'cà la source M de ce parc et, entre cette source et le regard U, sa longueur est de 1746 mètres.

Nous avons mis celte rigole à découvert sur plusieurs points. Les croquis suivants représentent la coupe de cet ouvrage sur le

' Voici le délail du calcul. Eiilre les profils n°' \i et 70, sur une longueur de 473 nièlres, la penle est de 0", 00087 par mètre; il existe dans la cunotte un dépôt de carbonate de chaux de 0",120 de hauteur égale à celle de l'eau dans la saison humide; la largeur de la cunelte est de0",12.

En appliquant la formule de Prony à ces données, on trouve :

Section de raqueduc : u = 0°,l'2x 0°,20 = 0°,024.

Périmètre mouillé : •/, = 0'',à'2.

Havon nioven : R =-;=:0°, 041)15.

Penle par mètre : i = O^.OOOS?.

Ri = U", 000042; d'où vitesse moyenne : îj = 0»,5U. La portée par seconde de l'aqueduc était donc : 0 = ui x « =; 0",007.

LKS ANCIKNM'S !■ AUX.

[ireiiiier; sa largeur est de 0",1-, el sa in-oluiideiir de 0"',30; eesdiuiciisions se reli'oiivciil presque parloul ; seideiiieiit, dans la partie ])asse, où la peiile est plus petite, la profondeur varie de

()"'.r>r) à (y",io.

^.O.ÎO.!,0,1S^,.D,20.<.,

Dans l'autre coupe, la largeur de la cunelle est de 0",15. Esl-ce une faute de construclion? C'est assez probable, car rien ne justifie cet élargissement au milieu du tracé de la rigole.

Les })ieds-droils et le radier sont construits en béton «pii, généralement, est devenu très-dur: ils ont uuiforiuénieut 0"',20 d'épaisseur, y compris le jietil cuduit en cimenl.

Quatrième r'ujole el pierrée de Paraij, entre les sources du tjroupe de Rwigis el le re(jard D. — ■ Les sources qui alimentent l'aqueduc moderne, sont au nombre de (jualrc : la principale jaillit au point B, dans ce qu'on appelle le grand carré ; la seconde, qui émerge au point A, porte le nom de source de VÉ- (jlise; la troisième, située au point e, est la source de la Pirouette et la quatrième, située au point C, est désignée sous le nom de source de Paray .

La rigole, mise au jour par nos fouilles, ne dérivait que trois de ces sources, celles du Grand Carré, del'Kglise et de la Pirouette; ces deux dernières coulent encore aujourd'hui dans l'ouvrage romain entre les points A, B et t'; celte i)arlie du tracé de la rigole de Rungis est donc rigoureusement déler-

AQUEDUC RO)IALN D'AUCUEIL. — HIUULK DE RUNGIS. 50

A partir du regard e de la Pirouelle le tracé est établi d'abord à flanc de coteau el s'écarte du thalweg du ruisseau de Riuigis, sur une longueur d'environ 900 mètres; puis il change brusquement de direction et gagne à angle droit le thalweg, qu'd atteint en se soudant à l'aqueduc principal au regard D.

Ce tracé est très-singulier : la tête D de l'aqueduc principal, qui est sur le thalweg, étant donnée, le tracé le meilleur était en même temps le plus simple; il fallait se tenir, à partir du point e, à une petite hauteur au-dessus du ruisseau de Rungis, ce qui conduisait, par une courbe très-régulière, au regard D. En s'écartant, comme il l'a fait, du fond de la vallée, l'ingénieur romain paraît avoir voulu ménager la pente pour se diriger vers Lutèce, sans revenir au fond de la vallée, ce qui ne lui permettait plus de prendre les sources de Chilly et de Wissous. On semblait donc, en commençant le travail, se contenter des sources de Rungis.

Le profil en long de la rigole de Rungis est rapporté entre le point R, où se réunissent les sources de l'Eglise et du Grand- Carré, et le regard D de l'aqueduc principal ; l'altitude du point de départ est 74"^, 85, celle du point d'arrivée 64", 12. La pente kilométrique est donc énorme : à partir du point E, elle varie de 7'", 81 à 15"',40; sa moyenne est 10"', 15.

La longueur totale du tracé, entre le point B et le regard D, est de 1186 mètres ; la pente totale, sur cette petite longueur, est de 10",73.

La rigole a été mise à découvert en cinq points; les coupes sont dessinées sur le prolil en long, ce qui me dispense de les reproduire ici. La cunette a 0'",30 de largeur et une hauteur comprise entre 0'", 30 ei0"',50, l'épaisseur de ses pieds-droits el de son radier varie de 0 ',30 à 0"\40, Elle est couverte d'une dalle au-dessus de lar[uelle s'élève une couche de béton. Elle est ellemême construite tantôt en béton, tantôt en pierre siliceuse du pays ; dans ce dernier cas, la maçonnerie est de très-médiocre qualité : c'est probablement d'une réparation.

en IJ;S ANCIKNNES EAUX.

Pierrée de Puraii. \.c rri;;ir(l, où se réunissent les sources de Paray, est indique sur le ]»lan par la lettre G. Cet ouvrage, construit du temps de Louis XIV, est situé à 1009 mètres du Grand- Carré, en suivant le tracé de l'aqueduc, et à 500 mèlres du regard [). Tous les auteurs, faule d'avoir connu ce dernier ouvrage, ont supposé que la rigole de caplalion conslruite jiar les Romains se dirigeait vers le Grand-Carré. C'est une erreur; elle gagnait eu ligne droite le regard D; on voit, à partir du point C, une pierrée de 124 mèlres de longueur, (|ui suit celle direction en descendant vers le regard U et qu'on considérait jusqu'ici comme une décharge de l'aqueduc de Paray. C'est bien certainement ce qui reste de l'ouvrage romain qui conduisait la source au regard I). Une partie a été restaurée récemment et remplacée par un tuyau en polerie de 90 mèlres de longueur.

Les ouvrages de caplation des sources de Pamgis étaient donc les suivants :

hëtuls

... I, I 11', 1 !'<-' long du Ciraiul-Cané. ... 152 > .-.q 1-0 e ( ,1 ce I ^^^^^^ | ^^^.^^^ ^ ^^ 1^ ^^^^^^^ j^ \{%Ç,]

l'icrrée des sources do l'ar.iy TiOO

Longueur lolalc 1618

Celle longueur ne compieiul pas celle des travaux de caplalion des sources du Grand-Carré, qui ont sans doute élé détruits vers 1613, lorsqu'on a construit l'aqueduc moderne.

Les Romains avaient donc énergiquement drainé la nappe d'eau du plateau compris entre la Seine, l'Orge, l'Yvette et la Bièvre. Leurs rigoles de caplation exislcnl encore et s'étendent entre Cliilly et l'uingis, sur 8550 mèlres de longueur dans les parties explorées par nous. Sur celle longueur, ils n'ont pas néglige une seule source; connue le l'ait observer M. Jollois, ils prenaient, en passant, les sources du village de Fresnes qui jaillissent à i>eu de distance du tracé de la rigole principale et, en outre, celles qui, entre l'ilay et Rungis, descendent dans l'aqueduc moderne, sur la pente du coleau connu sous le nom de Long-Boyau.

PLAX DU REGARD D

(aqueduc romain D'ARCUEIL)

Aqaeâuc ^^^v^e Runois

/^'^ ''à -ï°™^ aqueduc de "V\'is sous Aqueimj de Paris S

?eiu aqueduc de ^^^.sso^ls Cr^ape sur al) ' Aq^ueduc de Pai'is '

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Joupe sur cd Petit aquedac de AVissotis )

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^ Fsâisr de l'aguedae fâi.gO j Sadisp duiaisin (63, j8)

Coupe sur ef (Aqueduc de W'is&ous

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Coupe sup ôh ! Aqueduc de Runôis )

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Dépôt cshaire ffi.St'

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Point de réunion de toutes les rigoles secondaires. Tête de l'aq^ueduc Romain d'Arcueil.

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