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AQDEDIIC ROMAIN D'ARCI'IML. — RIGOLI' PRINCIPALE. 61
C'est môme en ce point qne Sully, guidé sans doute par d'anciennes traditions, fit, en 1609, chercher d'abord les sources captées par les Romains.
Les pierrées, qui drainent le coteau du Long-Boyau, sont indiquées sur le plan général : ce sont des ouvrages à pieiTcs sèches, qui n'ont qnc 0"",16 de largeur et 0'",50 de hauteur envirou, et, par conséquent, dans lesquels il est impossible de pénélrei'. On les a mis à découvert, sur quelques mètres de longueur, en construisant l'aqueduc de la Vanne; rien n'indique qu'ils soient d'origine romaine : on a fait des travaux semblnb'es dans tous les temps.
Point de départ de la rigole principale. — Les rigoles se réunissent, comme il a été dit ci-dessus, dans un regard D situé sur le thalweg même de la petite vallée de Rungis, à 1186 mètres du premier regard de l'aqueduc moderne.
Nous avons mis cet ouvrage entièrement à découvert; j'en ai fait graver, sur la carte ci-con(re, le plan avec les coupes des trois rigoles secondaires qui y débouchent et celle de la rigole principale qui s'en détache.
Ce regard a la forme d'un carré dont le côté extérieur a 4"', 70 de longueur et le côté intérieur 5"", 10. Les parements sont construits en petits moellons soigneusement appareillés, suivant l'usage des Romains. L'enduit intérieur est en mortier de chaux et de ciment de tuileau broyé très-fin. L'origine romaine de ce regard n'est donc pas douteuse; nous avons eu le tort de ne pas faire cribler les terres, nous aurions certainement trouvé des médailles romaines qui auraient fait connaître peut-être la date précise de la construction. L'eau y était d'ailleurs à ciel ouvert, connue dans tout le reste de l'aqueduc.
Les auteurs, qui ont écrit sur l'aqueduc romain d'Arcueil, n'ont point eu connaissance de ce regard D, qui est la véritable tête de la rigole principale. Ils ont tous admis que cette rigole paitait du Grand-Carré de Rungis, comme l'aqueduc moderne. D'après
fo LES ANCIENNRS EAUX.
ce qui a été dit ci-ilessus, cela n'était pas possililc puisque, la source de Wissous, qui coule encore dans le parc de M. Vallée, éMicTge à l'iiUiludo 70 mèlres environ, cl, par conséquent, ne ])ouvail èlre conduite ni au Grand-Carré dont le premier regard est à rallitu(h'l')",\'2, ni même à la rigole de la source de l'Eglise dont le radier, au point B, esl à V altitude 14'",So; il était Irèsdillicile à celle époque de dériver an Grand-Cnrré les sources de Chilly qui sont à l'allilude 75'", 40.
C'est certainement par celle raison que les Romains ont établi à l'allilude 64'",1'2 le regard D, où se réunissent toutes les rigoles secondaires, cl qu'ils ont perdu volonlairement 10'", 75 de [tenlc sur une longueur de 1 186 mèlres.
Tracé de lu riijole principale. — La rigole, qui portail à iailèce l'eau des quatre groupes de sources décrits ci-dessus, sortait donc du regard D, point de réunion de toutes les rigoles secondaires. Son tracé est des plus simples ; comme l'eau coulait à ciel ouvert, on ne pouvait beaucoup s'enfoncer dans le sol, ni, par conséquent, obtenir des raccourcis par des tranchées profondes. L'ouvrage, d'un autre côté, n'était pas assez important pour être supporté par de dispendieuses arcades ou même par des substruclions. On n'a construit qu'un seul ponl-aqueduc, celui d'Arcueil qui élail d'ailleurs indispensable; en outre, l'ingénieur romain, ayant perdu la plus grande partie de la pente dont il disposait à partir des sources de Rungis pour conduire facilement toutes les sources jusqu'au regard I), ne pouvait diminuer la longueur delà rigole en faisant varier les pentes, il a donc suivi toutes les inflexions de terrain en se tenant aussi |»rès que possible de la surface du sol.
Nous avons mis l'aqueduc à découvert sur un nombre de points suffisants pour fixer complètement le Iracé.
La rigole se lient d'abord à flaucde colcau, sur une longueur de 2951 mètres, à droite du ruisseau de Rungis jusqu'au chemin de Frcsncs à Anlonv, où elle cnlre dans la vallée de la Bièvre. Elle
AQUEDUC «ÛMAIN D'ARCIIKIL. - TRACÉ. 63
se développe par une courbe très-régulière autour du coteau de Rungis jusqu'au chemin de Wissoiis, puis elle se dirige prcsrju'cn ligne droite de ce clieniiu à' la ruelle des Thibaudes au bas de Fresnes, en traversant le verger et le parc du château de Montjean. Le tracé est, au contraire, très-contourné entre la ruelle des Thibaudes et la grande route nationale n° 186. Entre ces deux poinis, il se développe autour du cap aigu sur lequel est bàli le village de Fresnes, et, d'après ce qui a été dit ci-dessus, il était difficile de le raccourcir en coupant ce cap.
Entre le chemin de Fresnes à Antony et le pont aqueduc d'Arcueil, sur une longueur de 5207 mètres, le tracé se tient à liane de coteau sur la rive droite de la Bièvre ; à partir de la route nationale n° 186 jusqu'en face du village de Cachan, il est très régulier et se rapproche beaucoup de l'aqueduc moderne. Le coteau, sur lequel il se développe, es( peu incliné jusqu'au village de l'Hay, mais, à partir de ce village, la pente du coteau devient plus rapide, la vallée de la Bièvre se rétrécit : c'est la localité connue sous le nom de Long-Boyau. La rigole romaine contourne le village de Cachan par une courbe très-régulière et arrive à la pointe du contre-fort d'Arcueil côle à côte avec l'aqueduc moderne ; c'est le point le plus ciroit de cette vallée. L'ingénieur romain l'a naturellement choisi jjour faire passer sa rigole de la rive droite à la rive gauche, c'est-à-dire du côté de Paris. L'ingénieur de Marie de Médicis a fait de même : son aqueduc passe à quelques mètres des ruines de la rigole romaine; je ne pouvais mieux faire que de suivre le môme tracé et l'aqueduc de la Vanne s'élève à 18 mètres au-dessus de celui de Marie de Médicis, sur lequel il s'appuie.
Il ne reste plus qu'un pan de mur de la haute substruction qui supportait la rigole romaine sur une longueur de 530 mètres environ au-dessus de la vallée de la Bièvre. Celte ruine se voit dans la propriété de madame Besson , à quelques mètres de l'aqueduc moderne.
La photogravure du chapitre ix fait voir les trois aqueducs dans
G.t LF.S ANCIKNNKS EAUX.
la traversée (le la vallée de la Bièvio. l.a ruine rdiiiainc esl faeilcnionl rcconnaissable à son appairii de pelils iiioellous altci'iianl avec des assises de longues l)ri(iues. La rigole n'exislc plus audessus de la subslruelion ; elle s'élevait pres([u'à la même hauteur que la cuiielle de ra(iuc(iuc moderne.
L'aqueduc romain passe sous l'aqueduc moderne à 25 niè- Ires de rcxlréniité d'aval du ponl d'Arcueil, enlre les piles 45 el 40 du ponl aqueduc de la Vanne.
L'alliUide du radier est 58'", 85, celle du radier de l'aqueduc moderne est 60'", 16; la différence l"',5l prouve que ce dernier ouvrage a été construit sans loucher à l'ouvrage romain au point de croisement, ce qui a eu lieu en effet. On a piis simplement la précaulion de remplir la rigole d'un grossier blocage de moellons. Knlre le regard D el le point de croisement, la rigole se lient à gauche de l'aqueduc, cl c'est à parlir de ce point qu'elle passe à droite.
A 59 mètres plus loin, on la retrouve dans le jardin de M. Sanson, à 0'°,80 à droite du regard n" XIV de Marie de Médicis. Depuis le ponl-aqueduc jusqu'à la rue de la Glacière, avanl les forlificalions, les deux aqueducs se développent Irèsvoisins l'un de l'autre et suivant un tracé très-peu contourné. La longueur de la rigole, depuis le point de croisement jusqu'à la rue de la Glacière, est de 2541) m(Mres.
Elle se retrouve en divers points d'Arcueil, notamment dans la propriété de M. Alphonse Lavcnant, architecte, qui l'a renfermée sous une grotte el chez M. Rabot, rue de Gentilly, un peu en amonl du [larc du inanpiis de Laplace. Le Iracé traverse la partie basse de ce j)arc el, en (|ui liant cette propriété, coupe la roule n" 75; là on voit la rigole au pied du mur de clôture de la propriété de M. Daruhle, à 66 mèlres de l'aqueduc moderne. On en retrouve encore deux auties traces avant de quiller le territoire d'Arcueil.
A parlir de la rue de la Glacière, la rigole s'éloigne de l'aqueduc pour contourner, par une longue courbe, la butte de Monlsou-
AouEnuc niijiAix d'arcukil. - trace. P5
ris, puis les deux canaux se rapprochent et se coupent quatre Ibis flans la iravcrsée du parc, un peu au-dessous du chemin de fer de Sceau.N ; ils leprenncnl ensuite leurs positions et passent sous le chemin de fer, l'aqueduc se tenant à gauche et la rigole à droite ; leur tracé devient presque rectiligne à partir de la rue de la Tonihe-Issoire. L'a(picduc moderne laisse l'Observatoire à droite cl s'arrête au bord de Tavenue ; la rigole romaine continue son chemin en se tenant sous les maisons de la rue du Faubourg-Saint-Jacques et de la rue Saint-Jacques jusqu'à l'emplacement de l'église Saint-Benoît', d'oii probablement elle se dirigeait vers le palais dos Thermes.
Depuis la rue de la Glacière, avant les fortifications (profd n" 57), jusqu'au l)Oulevai'd Arago, près de l'Observatoire, sur une longueur de 2580 mètres, le tracé est déterminé par cinq points où la rigole a éternise à découvert, d'aliord à l'intérieur des fortifications, dans la rue de la Glacière, puis à l'avenue Reille, à la rue d'Alésia et à la rue Broussais.
M. Vacquer, architecte attaché aux travaux historiques, nous a désigné le point où le tracé coupe la rue de la Tombe-Issoire ; la ligole y a été trouvée autrefois au fond d'une fouille d'égout, mais elle n'est plus visible aujourd'hui.
Les travaux de construction des boulevards Saint-Jacques et Arago l'ont mise à découveit presque dans la ligne méridienne de l'Observatoire.
A partir de là jusqu'au palais des Thermes, nous ne connaissons plus que deux repères de l'aqueduc, l'un rue Saint-Jacques, au carrefour de la rue Gay-Lussac, où ses restes ont été rais à découvert dans nos fouilles, l'autre dans la même rue, près de l'emplacement de l'ancienne église Saint-Benoît, dont il vient d'être question. C'est probablement ce dernier repère qui, suivant Corrozet, a été découveit près de la porte Saint-Jacques « l'année « qu'on fit les rempars et bastions à Paris, pour résister à la
' Lés (li-rnicrs vestii'cs de celle église ont dis^ arii il y a une viiigUiine (.ranin'c:.
« venue de l'empereur Cliarles V ». Il n'est plus visildo aujnui- (Vliui ol on ne conuatl plus de traces de cet ouvrage jusqu'au palais des Thermes.
Lomjueur de Vaqueduc. — Voici la longueur de l'aqueduc princij)al et de ses ramifications.
METRES
Lonmioiir de la rigole principale entre le reiçard II et le boulevard Aragn I4 0G7
A partir de ce point jusqu'au palais des Thermes, il n'est pas possible de déterminer cette longueur avec autant de précision; il est présumable (pi'elle est égale à I 990
et qu'ainsi sa longueur totale entre le regard Ll et le
palais des Thermes est de 16 057