RIGOLES SECONDAIRES
Pierrées de Chilly à \Vissous o i86
Grande rigole de Wissous 1 700
Petite rigole I 746
Rigole de Rungis 1318
Picrréc de Paray 500
Longueur totale des rigoles secondaires 8 550
Longueur totale de l'aqueduc et de ses ramifications. '24 607
Celle longueur ne com[>rond ni les ouvrages qui servaient à la caplation des soiu'ces du Grand-Carré, ni les pierrées des sources (lu Lûng-r)oyau, ni celles du parc de Chilly cl du ])elit Cliilly.
Section de Vaqiieduc. — La photogravtue ci-conlre représente la coupe transversale de la rigole romaine découverte dans les fouilles de ravenuo lleille, près du parc tie Monisouris. C'est Bonamy qui va en faire la description comme s'il avait eu enire les mains celte image, gravée cent-vingt-cinq ans a[très la publication de son Mémoire. ' « C'est une rigole formée de trois
' C'est d'après les restes de l'aquodiic trouvé par M GenflVoy à Arcneil que Bnnaiiiy a fait la dcscrqilion. Voyez ci^dossus pape 7>t'<,
AQUEDUC ROMAIN n'ARCUEIL. — SECTION' DE L'AQUEDUC. 67
plains-droits, l'inféiûeur horizontal et les deux autres verticaux ;
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cette rigole a treize pouces (0"',35) de large et dix-neuf (0'",51)
gg LES ANCIKNNKS KAIJX.
(le profondeur; ré|taissoiir de ses côtés est de (lunlorze pouces (0'",58) ou environ, el celle de son Ibnd ai de doiizi' (0'",32) à treize pouces (0"',55) ; elle est conslriiile d'un massif composé de cluuix, de pierre à fusil cl de eaiUoux de vigne, el enduite d'un ciment lin et encore assez blanc' qui s'étend depuis le fond jusque pardessus ses bords arrondis; ce qui, selon M. Geoffroy, prouve qu'en cet endroit elle n'éloii pas couverte de dalles de pierre, et que par conséquent l'eau y couloit à découvert. »
l.a photogravure fail voir, en outre, l'ancien sol qui est précisément au niveau de la partie supérieure de la rigole, et les remblais qui se sont accumulés au-dessus : dans l'origine, la rigole élait construite à ilenr du sol,
La description de Bonamy s'applique aux cinquante-quatre profds de l'aqueduc que nous avons déblayés. Je dois dire que la profondeur de la cunetle n'est pas uniforme : elle varie de 0'",45 à 0'",60, de 4,1/2 à 2 pieds romains. Au profil n° 46, en aval du pont-aqueduc d'Arcueil où elle est réduite à 0"',45, elle devait être insuflisantc en temps de crue, car elle est surmontée par deux petits bourrelets inclinés à 45°, qui empêchaient sans doute l'eau de s'épancher par dessus les bords.
Kn examinant les profds en travers rapportés au bas du prolil
^ ft^ii....^ ,.,35. .^ «,js . , en long, on remarque, au fond de
la cunetle, deux banquettes rndimentaires de 0'",05 de largeur, qui lui donnent la forme indiipiée sur le croquis ei-conire. Ci s banquettes manquent dans la photogravure qui précède, mais on les retrouve sur la l)lupart des autres sections transver-
' - — 1AS .> sales rapportées sur le profil en long.
M. .lolloi^ a su|)posé que ces banquelles ont été faites dans le but de lacililer les nctloyages. C'est diflicile à admettre : on
l.Vmluil i>'^t tiii iiiiulliT iIp ciiTii'iU lie luili'rtii ; il osl rnngeMre d non \is^ lilaiii-
AnLELiLC KUMAI.N D'AUCUEIL. — MODE DE CONSTRUCTION. C9
marche mal sur des banquettes de O^jOS de largeur. Celte singulière disposition est tout simplement le résultat d'une petite mal façon et du mode de construction de l'ouvrage.
Lorsque la tranchée était ouverte et bien dressée, suivant le prolil ABCD, on étalait au fond la couche de béton du radier,
et on la dressait en la comnri- ^ '
mant avec une planche E, qui ("
faisait refluer le béton à droite ' '' '
et à gauche. Puis, pour main- i I
tenir le béton des pieds-droits, on posait deux autres planches verticales G et F, étrésillonnées d'une manière quelconque, par
exemple, par une traverse H. Si la planche qui couvrait le railier avait 0"',35 de largeur, la petite banquette était supprimée, comme on le voit siu- le côlé droit de la figure et sur la photogravure. Si elle s'étendait seulement jusqu'au parement extérieur du plateau vertical qui soutenait le béton du pied-droit, connue on le voit sur le côté gauche G de la figure, la banquette se moulait. J'ai fait des aqueducs en béton par ce procédé , et ces deux cas se sont présentés; seulement j'avais grand soin d'enlever les rudiments de banquette lorsque par hasard il s'en rencontrait.
La rigole a été mise à découvert sur 54 points. Elle est intacte et bien conservée en 23 de ces points, et plus ou moins dégradée aux autres emplacements. Dans cinq fouilles, on n'a trouvé que le radier.
En général, le béton est d'une dureté très-remarquable. 11 y a cependant quelques exceptions, notamment aux profds 7, 8 et 9 ; la rigole y a été construite dans des éboulis de marnes vertes, qui, plus lard, ont continué à glisser en l'entraînant sur la pente du coteau. La compression des glaises a été telle, que le béton a été disloqué et fissuré sur toute la longueur comprise entre ces trois prolils. Au profil n° 7, situé au bord du fossé du
parc de Monljcan ', une moitié du radier a clé soulevcc; les deux picds-droils du profd n° 8 se sonl rapprochés par le bas cl ont pris la forme d'un V; la maçonnerie du profil n° 9 est complètement disloquée, etc.
Le bélon est presque partout recouvert d'un enduit de ciment de luileau posé avec un grand soin, car il adhère généralement au béton en faisant corps avec lui, ce qui se voit rarement lorsque la maçonnerie eslexposée à l'action des agents extérieurs. Cetenduil est composé de deux parties : dans celle qui louche au bélon, le cmienl de luileau est grossièrement écrasé ; dans la partie extérieure, il est broyé très-fin. On ne voit aucune solution de continuité entre ces deux parties de l'enduit.
A certains profils, notamment au profil n° 12, l'enduit manque, et on est certain qu'il n'a jamais existé, car le petit sédiment de carbonate de chaux formé par l'eau s'est déposé sur le bélon même, qui n'est pas moins dur et moins bien conservé dans ce profil qu'aux autres points découverts par nous. C'est une preuve que le mortier employé était très-hydraulique, car un mortier de chaux grasse, qui n'aurait pas été protégé par un enduit, aurait rapidement perdu toute sa chaux, dès que l'eau aurait été introduite dans la rigole. Les Romains faisaient donc leur chaux, non pas avec le calcaire grossier d'Arcueil qui leur aurait donné de la chaux grasse ou maigre, suivant les bancs choisis, mais non hydraulique. Ils employaient les bancs marneux ou calcaires de Saint-Ouen ou de Champigny qui, on le sait aujourd'hui, donnent des chaux très-hydrauliques, el même des ciments. 11 y a peu dannées encore, on croyait qu'il n'existait pas de bons calcaires à chaux liydraulii|U(' autour de Paris.
' C'est nu profil n° 7 que se tioiive le |iieinicr point de raqueduc vu p.ir M. JoUois. Sa desci'iplioii, qui est trés-exncle, mérite d'èlre rapportée ici : .< Elle (la rigole) était recouverte
d'envirnii 1,'> à 'jO ceiilimèlres de terre elle est entière, sauf le radier qui a été dégradé,
les parois en sont intactes; mais toute la rigole, qui est assise sur un sol glaiseux, s'est cn- Ibncée dans le sol, et s"cst déversée de telle sorte que la paroi de gaucho a dévié d'une manière notable de la verticale, tandis que la paroi de droite csl un peu en surplomb, etc. »