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AQUEDUC ROMAI.X 1)-ARCUEIL. — PROFIL EN LONG

Profil en long. — L'altitude du radier de la rigole au regard

de départ D est 64"V12

et au boulevard Arago 57°\57

La pente totale est donc de 6", 55

La longueur de l'aqueduc, entre ces deux points, étant de 14067 mètres, la pente kilométrique moyenne du radier est égale à

' =0'°,465; mais il s'en faut de beaucoup que celte pente

soit régulière'. Yoici, en effet, les pentes moyennes kilométriques qui existent entre les points les plus importants de l'aqueduc ' : Vallée du ruisseau de Rungis, entre le regard D et le profil n° 13 bis, long. 5115 mètres, pente kilométrique. 0'",781 Vallée de la Bièvre, rive droite, entre le profil n° 13 bis cl la sortie du pont-aqueduc d'Arcueil, profil n" 44, longueur 5985 mètres , pente kilométrique. . . . 0"',476 Vallée de la Bièvre, rive gauche, entre le profil n° 44 et le boulevard Arago, profil n" 63, longueur 4969

mètres, pente kilométrique 0"',255

Les peules de la rigole d'Arcueil sont donc irrégulières comme celles de la plupart des aqueducs romains '.

Nous ne connaissons pas les penles parliclles avec la même certitude : entre le regard D et l'aqueduc d'Arcueil, la rigole est souvent construite dans des éboulis de marnes vertes, terrain glaiseux sans consistance, qui a continué à glisser sur la pente du coteau depuis la construction de l'aqueduc. Entre les ruines du pont aqueduc d'Arcueil et Paris, la rigole est suspendue audessus des nombreuses exploitations souterraines du calcaire

' Voici ce que dit M. JoUois des pentes de la rigole romaine et do Faqueduc moderne: « La pente de la rigole romaine est régulière et de 0",001 par mètre, ainsi que nous l'avons constaté ; celle de Taqueduc de Marie de Médicis est des plus irrégulicres, offrant en certaines parties un courant très-rapide et dans d'autres des eaux jnesque stagnantes; ainsi, sous le rapport des pentes, l'avantage est du côte de la rigole romaine. »

En fait les pentes des deux a [ueducs ne sont pis plus régulières l'une que Taiitre. La pente moyenne de la rigole romaine est, d'après ce qui précède, de O'°,00046 et non de 0»,001 par mètre.

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grossier, cl son ancien niveau a clé consiclérablcmenl niodilic pisr les eflondremenls de ces carncres. C'est ce qu'on reconnaU à la simple inspcclion des profils en long : on y constate de nombreuses conlre-pentcs qui n'auraient pas permis à l'eau de circuler dans la rigole.

11 n'est donc pas très-facile de reconnaître exactemeni ([uelle était, dans l'origine, la dis|)osilion des pentes. Nénniuoins on reconnaît assez facilement les glissements ou les cnloncemeiils de la cunetle : en pareil cas la pente, apparente aujourd'hui, est d'abord beaucoup plus forte que la moyenne; elle est ensuite, suivie d'une contre-pente.

Le regard D étant sur le thalweg même du ruisseau de Rungis, n'a pu être déplacé; mais, entre ce point et le repère n" 13 bis, la rigole a glissé sur la pente du coteau avec les anciens éboulis de marnes vertes dans lesquels elle a été couslruite, et le profil en long est absolument bouleversé. Les altitudes du radier, inscrites sur ce profil, prouvent que si l'eau était introduite aujourd'hui dans la rigole restaïu'ée dans sa position actuelle, elle se déverserait par-dessus les bords, aux points n"' 6, 8, 12 et 15.

Le profil 15 bis paraît en place; il n'y a pas eu de grands glissements entre les profils 15 bis et 59 ; on voit bien, çà et là, quelques contre-pentes, mais qui ne dépassent pas celles qu'on remarque dans la plupart des aqueducs romains, et même des aqueducs modernes : en somme, malgré ces contre-pentes, l'eau aurait coulé partout dans ces parties de l'aqueduc. La rigole mise à découvert à l'extrémité du pont-aqueduc d'Arcueil est sur un terrain solide et, par conséquent, parfaitement en place ; de plus, la cote du radier a été vérifiée sur un repère connu. Le profil du boulevard Arago a pu s'enfoncer dans un sol sans consistance : il est au-dessus d'anciennes carrières du calcaire grossier qui ont été exploitées en souterrain. En admeitanl qu'il soit un peu descendu, cela ne modifierait pas sensiblement la |)enle moyenne.

Lis prnlos cidculéos ci-dessus, jiar grandes longueurs de l'a-

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qucdnc, sont donc déterminées par des repères qui n'ont pas beaucoup varié.

Les pentes partielles du profil en long sont, au contraire, trèsincertaines à raison des glissements et des enfoncements dont les causes ont été exposées ci-dessus. On ne doit les considérer que comme de simples indications.

Mais l'irrégulaiilé des pentes se démontre bien mieux par les variations de hauteur du sédiment calcaire déposé par l'eau dans la cunetle de la rigole.

a M. Geoffroy ' trouva, sur le fond de celte rigole, un ancien sédiment pierreux qui n'avoitque trois ou quatre lignes d'épaisseur, et qui étoit formé de six ou sept couches minces et très-compactes. Après avoir bien fait nettoyer cette dernière rigole de toute la terre dont elle étoit reuiplie, il reconnut, par une différence de couleur très-sensible dans les côtés verticaux, que l'eau y monloit autrefois à la hauteur de près de dix pouces (O^jS?). »

Sur la plupart des profils que nous avons pu relever, nous avons constaté l'existence du même sédiment. M. Jollois l'a reconnue également, et a admis que sa hauteur au-dessus du radier de la cunette était partout la même et de 0'",20. S'il en était ainsi, rien ne prouverait mieux l'uniformité de la pente. Mais M. Jollois n'a pas vu l'aqueduc sur un nombre suffisant de points ; en réalité, la hauteur de ce dépôt n'est pas moins variable que la pente du radier. Celte dernière preuve de l'irrégularité des pentes est mise en évidence sur le tableau suivant, qui comprend l:us les profils où la hauteur du dépôt a pu être constatée.

' Bonainy, mémoire préci(é; voyez ci-dessus, page 50, comment M. Geoffroy de l'académie des sciences découvrit l'aqueduc en 1752

lUlIEUIl [)U SÉDIUKNT AU-DESSUS

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