AQUEDUC ROMAIN D'ARCUKIL. - EMPLOI DE L'EAU
tien semblable à celle des autres restes de rigole des environs d'Arcueil ; cette rigole avait sa décharge dans la rivière, vers l'endroit où l'on a bàli le petit Châtelet, et M. Beaussire, le père, architecte de la Ville, m'a assuré qu'on avait découvert, dans une cave d'une maison, rue du Foin', des vestiges de cet ancien aqueduc. On voit encore, en deux endroits, des murs et, près de la voûtede ce souterrain, des restes de tuyaux de terre quarrés ('), qui servaient originairement à la décharge de l'eau des cuves où l'on se baignait dans la salle d'au-dessus. »
Suivant M. Jollois, la rigole cl e n'était pas un égout, mais un aqueduc où l'on puisait avec des pompes l'eau nécessaire pour remplir le frigidarium. Je ne pense pas que cette hypothèse soit admissible : à 150 mètres des Thermes, vers la rue Saint-Jac(]ues, le radier de l'aqueduc romain était à l'altitude 59 mètres, c'està-dire à 0™,53 au-dessus des tuyaux h qui déversaient l'eau dans la grande salle A j il était donc très-facile de conduire l'eau au niveau de ces tuyaux par le simple effet de la gravité, et les Romains étaient trop pratiques pour substituer à ce procédé, qui n'entraîne dans aucune dépense, des machines qui exigeaient une grande main-d'œuvre, puisqu'il fallait relever l'eau de 5'", 54.
11 est donc évident qu'il y avait extérieurement une conduite d'eau quelconque ^c tlérivéede l'aqueduc principal qui, ainsi que je l'ai dit ci-dessus, était en communication avec les trois tuyaux h. Le mur de l'édifice, au-dessus de ces trois tuyaux, est une restauration moderne qui a fait disparaître les vestiges du petit pont soutenant cette conduite au-dessus du puisard c.
La salle B est loin d'être dans un état de conservation aussi parfait que celle dont je viens de faire la description, il n'en reste plus que les murs ; la toiture est effondrée. Suivant M. Jollois, cette pièce, dans ses plus grandes dimensions, a 16'",85de longueur et l'2'",20 de largeur dans œuvre. L'aire en béton est à l'altitude moyenne 55", 7'2, c'est-à-dire à l'",54 au-dessous de celle de la
' La rue du Foin, avant la construction du boulevard Saint-Micliel et ragraudissemenl du jardin du musée de Cluny, passait i 18 mèlres rie l'exlrcmilé de l'ôgout rf e.
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salle A. M. du Somnicrard a bien voulu iii'ex|ili(iuer sur place la clcslinatimi île celle pièce. Un aqueduc k l foumissail l'eau nécessaire à raliiueulation des chaudières de l'hypocauslum, deux escaliers m m facililaienl le puisage. Le foyer de l'iiypocausluin était en n et l'on voit encore les traces du feu sur les murs. Un certain nombre de baignoires étaient disposées dans les niches des murs de la salle B et les esclaves n'avaient que quelques pas à faire pour y porter les amphores d'eau chaude de Thypocaustum : c'était la cella lepidaria'. M. Joli ois pense que c'était peut-être le sudatorium où l'on prenait des bains de vajieur. Le rapprochement de l'hypocauslum rend celte hypothèse assez probable.
L'Empereur pouvait à volonté prendre un bain froid ou chaud, ou, comme le dil MarliaP, conlentits arido vapare, se plonger dans l'eau froide des sources de Rungis.
Il est assez difficile de dire quelle était la destination de la petite salle (^ qui sépare les deux grandes pièces; était-ce Vapodyterium où l'on se déshabillait? Etait-ce, comme le suppose M. Jollois, un exèdre ou salon de conversation? C'est ce qu'il est difficile de dire aujourd'hui et ce ipii d'ailleurs n'est pas bien important.
La salle D paraît être une des pièces d'habitation du palais, froide et sombre, comme la plupart des habitations romaines.
Ces restes du palais des empereurs sont construits en petits matériaux bien appareillés, alternant avec des assises de longues briques ; l'aire de la salle A est en béton excessivement dur; l'appareil de petits moellons et de briques des murs porte çà et là des lambeaux de l'enduil colorié qui formait son revêlement. L'aqueduc <Ze de la salle A est encore entièrement couvert de son enduit et paraît être construit eu béton comme celui d'Arcueil. L'aqueduc /c/ de l'hypocauslum, que nous avons respecté et conservé en construisant le boulevard Saint-Michel, a ses parements revêtus de petits moellons ; l'enduit est détruit, au moins dans la partie que j'ai visitée. M. Jollois pense que c'était un égout; le
■ Voyez Introduction, page 122.
' VoTPZ IVpiïrnirniP HoMnrl'nl, InlrfHiiction. pasp 51.