‹ Les eauxChapitre 37 sur 310 · AQUEDUC UO.MAIX D'ARCUEIL. — ENVASEMENT DE L'AQUEDUC · texte numérisé non relu

AQUEDUC UO.MAIX D'ARCUEIL. — ENVASEMENT DE L'AQUEDUC

les fertiles plateaux d'où les sources émergent, étaient couverts d'épaisses forêts, qui certes ne retardaient pas l'écoulement des eaux pluviales en hiver, lorsqu'elles étaient dépouillées de leurs feuilles, mais qui empêchaient le ravinement des terres'. En été, leur ombrage mettait l'eau à l'abri de la radiation solaire. Il faut bien reconnaître, néanmoins, que l'entretien d'un tel aqueduc exigeait des soins minutieux qui n'étaient guère dans les habitudes des Romains, et encore moins dans celles des Barbares qui leur ont succédé.

On comprend donc facilement comment les fossés, qui détournaient le cours des eaux pluviales dans les coteaux à pentes rapides, se sont comblés peu à peu par l'éboulement de leurs talus et comment cette invasion des limons s'est étendue jusqu'à la cunette de la rigole, malgré la protection du réseau des racines des forêts. Cet effet a dû se produire dès l'époque de l'invasion des Francs. Les rois Mérovingiens ont certainement habité le palais des Thermes, mais ils ne connaissaient guère les habitudes de propreté minutieuse des patriciens Romains, ni les délices du bain. L'aqueduc n'a donc point été détrait par les Normans, comme Bonamy le suppose dans le récit suivant, puisqu'il existe encore presque entier; il a été, faute de soins, envahi par les eaux extérieures ou rompu par le glissement des glaises. Il est même peu probable que les Barbares aient détruit les substructions du pont-aqueduc d'Arcueil : au commencement du dix-septième siècle, on a icnoncé à détruire les derniers vestiges de cet ouvrage, parce que cela exigeait l'emploi de la mine ; les Normans n'avaient pas le temps de détruire un ouvrage si solide, lorsque cette destruction ne leur donnait aucun profit. Cette réserve faite, j'admets sans objection le récit suivant de Bonamy quoiqu'il soit un peu hypothétique.

« On n'en peut attribuer la ruine (du palais des Thermes), ainsi que la destruction de l'aqueduc d'Arcueil, qu'aux ravages des

' Vo;ez t. I", page i05

Ht I.KS ANCIENNES KAliX.

Normans, qui lirûlèicnl cl délniisirciil tous les bàlimoiils (|iii L'Ioienl hors de la cilé; ce sont ces barbares f|ui diiI lait disparoîlre qiianlilé de monumens de l'ancienne splendeur de Paris, qui nous auroient donné de noire capilale une idée toute différente de celle qu'on en a communénienl, parce (jue les historiens modernes n'ont pas fait assez d'attention aux expressions que nos anciens auteurs ont employées, lorsqu'ils ont parlé de l'étal où elle étoit avant les coups des Normans ; telles sont celles de }'e{)ina gentium, sedes regia, urbs popiihsa, constipaîa populis, referta commerciis, et d'autres semblables qui ne désignent point une ville dont tous les bàtimens auroient été renfermés dans la seule cité ; je me contente de répéter ce que disoit Adrevald, témoin oculaire de ces désastres : « Quedirois-je de Paris, celte ville capi- « laie, autrefois si célèbre par sa gloire, ses richesses et la fertilité « de son territoire, dont les habitanls vivoient dans une parfaite « sécurité, et que jepourrois ajuste litre appeler le trésor des Rois « et le lieu où se rendoienl toutes les nations? N'est-elle pas maince tenant un monceau de cendres plutôt qu'une ville fameuse : « Num mugis ambustos cineres, qiiam urbem nobilem potis est « cerneve? »

« Ces ravages ont fait disparoilre entièrement l'aqueduc d'Arcueil, dont aucun titre et aucun historien n'ont parlé depuis, tandis qu'ils ont toujours fait mention du palais des Thermes. »

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