‹ Les eauxChapitre 38 sur 310 · LES AQUEDUCS DU PRE-SAINT-GERV AIS ET DE BELLEVILLE · texte numérisé non relu

LES AQUEDUCS DU PRE-SAINT-GERV AIS ET DE BELLEVILLE

Leur importance dans le moyen âge. — Les sources. — Leur position. — Jaugeages anciens. — Jaugeages récents. — Qualité de l'eau.

Avant les travaux de recherche que j'ai fait exécuter en 1875, les ouvrages décrits dans les chapitres précédents étaient à peine connus par quelques restes d'aqueducs découverts en 1732 et 1840. On n'avait aucune notion certaine sur les sources que ces aqueducs dérivaient vers Paris.

Le terrain sur lequel je me place aujourd'hui est, au contraire, bien connu : les eaux des aqueducs du Pré-Sain t-Gervais et de Bel leville ont été longtemps la seule ressource des Parisiens qui ne pouvaient faire usage de l'eau de la Seine, ou qui ne se contentaient pas de celle de leurs puits : ressource bien faible, comme cela ressortira de l'exposé qui va suivre.

Aujourd'hui ces ouvrages sont en partie détruits par le développement même de la ville, qui couvre tout l'aqueduc de Belleville, et par les exploitations de gypse qui ont ruiné une partie de celui du Pré-Saint-Gervais. Le peu d'eau qu'ils donnent encore, impropre à tout usage domestique ou industriel, est jeté dans les égouts. 11 semble donc que j'aurais pu me dispenser de

8i LES .\n'{;ii:>m;s kai x.

(lécriro ers a(|nc(liics et icnvoycr le lecteur an Mémoire de Bonamy sur les aqueducs de l'avis et aux deux volumes (|uc Girard a pultliés sur le canal de l'Oiu*c(j.

Mais il ne faut pas ap|irécier l'ulilité de ces auliques ouvia^es avec nos idées modernes sur les dislrilmlions d'eau. Tons les documents qui nous l'estent prouvent quelle importance on y allacliait autrefois.

« Les deux a(pieducs du Pré-Sainl-riei'vais et de lîclleville ont clé, jusqu'à la recoiislrnction de l^Kpieduc d'Arcucil en 1G24, la seule ressource des habitants de Paris dans la partie nommée lu Ville; on y com|itait onze fontaines sons le règne de Charles VI cl. l'on en ajouta six ou sept antres jusqu'au règne de François V'; c'est de ces fontaines que l'on avoit, par des tuyaux, conduit de l'eau au Louvre, aux hôtels des princes et aux maisons des principaux seigneurs de la cour. Il est étonnant que ces sources, tpii n'ont jamais été fort abondantes, aient [)u sni'lîre aux besoins du grand nombre d'habitans qui demcuroienl dans cette partie de la ville ; car, en 1741 , ces deux aqueducs ne fournissoient que vingthuit pouces d'eau, et, l'année suivante, ils n'en donnèrent que seize : ainsi, quand on supposeroit que dans les siècles précédens ces sources auroient produit trente ou quarante pouces d'eau, il l'aut avouer que c'est une quantité d'eau bien médiocre pour servir aux besoins d'un peuple si nombreux; aussi voit-on, par les divers règlements de police de ces temps-là, que les fontaines de Paris ctoient souvent sans eau, et que celte disette éloil cause de la désertion des maisons de la ville, dont les habitants alloient chercher ailleurs des demeures

« Telle fut la pauvreté de notre capitale jnscju'au règne tle Henri IV, c'est-à-dire que la partie nommée la Ville avoil seule des fontaines et que la Cité et T Université furent privées des eaux de source dL]>nis la destruction de l'ancien aqueduc d'Arcucil. m

Les ordonnances et édits de nos rois justifient complètement ce passage du Mémoire de Honamy.

« Néantnioins aucunes personnes qui ont m auctorili' devers

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