AQUEDUCS DU PRÉ-SAINT-GERVAIS ET DE BELLEVILLE.— FRANÇOIS I
conseillers les presnlens Le Viste et Clutin, Auxquels nous escripvons présentement, vous dire et declairer aucunes choses, suivant ce que notre ami et féal, aussi conseiller et gouverneur de pans, allant en sa maison, vous a dernièrement dict et faict entendre de nostre part, vous priant les vouloir entièrement croire de ce quils vous diront de par nous, comme vous feriez vous mesmes. Donne a Sainct Germain en Laje , ce troiziesme jour de janvier mil cinq cents vingt neuf. Ainsi signe « Frangoys» et au dessoubz « Robertet ». Et ont aussi lesd" Le Viste et Clutin présente deux autres lettres, les unes adressantes aud' président Le Viste et les autres aud' Clutin, de pareille et semblable sustance, desquelles la teneur ensuyt : Mons"^ le président, jai este adverty que les prevost des raarchans et eschevins de ma Ville de paris nont encores depesche laffaire de la fontaine quils ont promise en ma faveur A mons' de Castres pour son heu de la Villette ; que je trouve chose merveilleusement estrange, veu que je leur en ay tant de foys et si souvent escript et faict dire de bouche; mesmement par le gouverneur de pans dernièrement, sen allant en sa maison ; Et pour autant, mons' le président, que je désire que led' seigneur de Castres nen soit plus en peine, ny naît plus occasion de men escripre; je vous prye, a ceste cause, vous transporter par devers lesdils prevost des marchans et eschevins, leur rcmonstrer et faire bien entendre de ma part, ceste foys pour toutes, quils me feront bien grand plaisir de promptemenl depescher lad"' fontaine a mond' sieur de Castres pour sond' lieu de « la Villette, » selon la requesle que je leur en ay faict faire en la sorte que la leur demande, qui est sans limitation de temps, les asseuranl de ma part que cest chose qui ne tirera a autre conséquence par cy après : car je ne suis délibère leur en faire pareille requeste pour autre quel qud soit : Mais layant ainsi promis a mond' sieur de Castres soubs leur parole, ilz me feroient desplaisir de men refuser; Ce que je ne puis croyre quds eussent la volunte de faire. Et aussi ns le sçauroys je en nulle manière trouver bon : par quoy vous leur ferez sur ce telles remonstrances que vous cognoistrez y pouvoir servir ; Mais que ce soil de sorte que, sans plus rcmestre la chose en longueur, ds me donnent a cognoistre lenvye qudz ont de faire quelque chose pour moy; vous advisant quilz me feront bien plaisir, et vous pareillement de ainsi le faire, et a Dieu, Mons'" le président, quil vous ayt en sa garde. Escript à Samct Germain en Laye, le troiziesme jour de janvier mil cinq cents vingt neuf. Ainsi signe : « Françoys ; » Et au dessoubz « Robertet. » Et après avoir faict lectures desdi'"' lettres et plusieurs remonstrances que ont faictes iceuk présidons Le Viste et Clutin, suivant le voulloir du Roy, et la charge quil leur avoit donnes, se sont retirez; Et ce faict, iceulx prevost des marchans et eschevins ont conclud que en obtempérant aux lettres mis-
KiC LES ANCIENNKS EAUX.
sives du Roy plusieurs foys réitérées, et présentées par lescl' presidens et le sieur de La Cour, genlilliomme de la elianibrc du Roy, lettre de permission seroit faictc aud' evesque de Ca.-Ircs, El de faict a este délivrée en la manière que en suyt :
Bioiii lie permission « Kous, prcvoft des marcliaiis et cstlievms de la Ville de Pans, Avons per- YniciirpoiM-Mons' ""*'> permettons et consentons, suivant le voulloir et mandement du Roy levosquc de Cas- nostre sirc, Quc nostrc révérend père en Rien, Messire Pierre de Montigny, evesque de Castres, abbe de Ferricres, puisse lin r et faire tirer et venir, a ses despens, de la fontaine et source « de la Vilhtte, » descendant du Prey Sainct Gervais, par le tuiau diccUo, ung fil deaux vivrs de la grosseur dung grain de vesce, pour avoir cours en son jardin eslant a la Yillette, A la cliarge que ce regard sera faict par les ouvriers de lad" \ille, aux despens dudit Révérend, duquel nous et nez successeurs auront la clef, sans ce que nuls autres la puissent avoir; Et aussi que led' Révérend fera faire deux puits aud' jardin pour arroser iceluy jardin ad ce que Ion ne tire trop deaux de lad*" fontaine. A la charge au?si que si, par fortune des temps ou autre nécessite, lesd" eaux venant de ladite fontaine en lad'' vdle defailloient, en manière que ladite ville en eust neccssilc. Et en ce cas, pourra lad" Ville arrcster le cours de lad^ fontaine octrovec aud' Révérend, sans y garder aucune solemnite de justice. Eu temoing de ce, nous avons mis a ces présentes le scrl de laii'" prevostc des marcbans. Ce fut faict le jeudy oiizicsme jour de février mil cmq cent vingt neuf. » (E\lr,iit des registres île la ville, vol. Il, fol. 52 et 55).
On se demande en lisant celle pièce, si les rois conslilutionnels des temps modernes mellraient, dans nne néoocialion de ce genre, anlanl de mesnre qnc ce roi du seizième siècle. CenVsl pas sans surprise qu'on voit François 1" traiter, pour ainsi dire, d'égal à égal avec le bureau de la ville, pour obtenir nne pelite concession d'eau, et se croire obligé de lui dépècber deux de ses conseillers et le gouverneur de Paris. D'un autre côté, on est porté comme le roi à trouver « mevvcUlcusemeut estvange •>■> la fermeté du bureau de la ville ajournant sysléinaliquemcnt sa réponse au roi ])endant trois mois, puis enfin cédant aux injonctions réitérées du monarque, mais au lieu de lui accorder la prise d'eau « de la (jrosscur ilnn poiv » qu'il demandait, la réduisant à « la grosseur (hm {jrain de vesce »; tout cela ne prouve-t-il pas qu'on attachait alors beaucoup d'importance à ces eaux si dédaignées.
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aujourd'hui, et que l'administration municipale savait défendre pied à pied les intérêts de la ville. On remarquera encore que, dans toute celte négociation, il n'est nullement question des usages domestiques de l'eau. C'est surtout à la décoration du jardin de la maison de l'évêque de Castres que la concession, devait servir; c'est encore à cela qu'on pourrait le mieux utiliser les deux eanx des sources du Nord : elles alimenteraient de charmantes fontaines.