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SÉDIMENTS CALCAIRES

Les plantations d'arbres, les fosses d'aisances et les puits ne sont permis qu'à 10 mètres de distance de l'axe de l'aqueduc.

Les murs de clôture, les bâtiments de toute sorte peuvent être construits par-dessus l'aqueduc à la condition d'être supportés par des arceaux qui déchargent complètement la voûte.

Nous avons évité tous ces embarras et supprimé tous les abus dans la construction de nos aqueducs modernes en achetant le sol même de la zone de servitude, réduite à 5 mètres de chaque côté de l'axe de l'ouvrage. Mais nos pères n'auraient pas cru leurs aqueducs bien construits s'ils ne s'étaient rigoureusement conformés aux règles des Romains. Ceux-ci ayant créé des zones de servitude de chaque côté de leurs aqueducs sans acheter le fonds', on lit de même au moyen âge.

Sédiments calcaires. — Les eaux des anciens aqueducs de Paris sont toutes Irès-chargées de sels terreux cl plus ou moins incrustantes. Jamais, que je sache, on ne s'est occupé des dépôts formés par les eaux de Belleville et du Pré Saint-Gervais, dépôts qui, je dois le dire, ne sont pas très-importants. Je n'ai eu à signaler ci-dessus que les incrustations d'une dos rigoles du regard des Moussins. La longueur de ces aqueducs n'est pas suffisante pour que l'acide carbonique se dégage.

Quoique faiblement incrustantes, les eaux de Rungis forment à la longue des dépôts assez épais pour gêner la circulation de l'eau. On est alors obligé de dégraveler la cunelte. La dernière opération de ce genre a été faite de 1836 à 1843 : on a profité d'un chômage nécessité par de grosses réparations générales que l'état de l'aqueduc rendait nécessaires.

Yoici des renseignements donnés par MM. Adde, inspecteur des eaux, et Couronne, conducteur attaché à l'entretien de l'aqueduc d'Arcueil , qui étaient déjà au service de la ville à Cette époque ancienne.

On ne Voit aucune tracé de sédiment sur les parois de la cu-

' Voy. Introduction p. 251, 232.

nelle du regard n° I, et les dépôts calcaires sont absolument iiisignifianls entre les sources et le regard if XII sur une longueur de 6679 mètres : les pentes étant relativement faibles dans celle partie de l'ouvrage, les fluctuations de l'eau, même aux petites chutes des regards, ne sont pas suffisantes pour déterminer le dégagement de l'acide carbonique, et le carbonate de chaux ne se dépose pas. Il en est tout autrement lorsque l'eau est franchement incrustante, comme à Saint-Allyre et Saint-Nectaire en Auvergne : un objet placé dans l'eau à la source môme se couvre en peu de jours d'une couche épaisse de carbonate de chaux.

Mais entre les regards n°' XIII et XII, la pente est énorme, la vitesse de l'eau est torrentielle et l'engravellement de la canette se fait rapidement. La chute de O'",^! du regard n" Xlll '

Regird n- Xlll.

Coupe faisaiU voir la chute d'eau.

favorise encore le dépôt des sédiments, qui sont tellement abondants sur toute la longueur du pont-aqucduc que M. Couronne a vu la cunelte absolument obstruée. Ou eu a tiré de véritables moellons durs comme du marbre qui, m'a-t-on dit, ont été employés à la construcrlion de quelques maisons à Arcueil et à Cochant. A l'aval du pont-aqueduc, cette propriété de l'eau diminue rapidement; les sédiments deviennent surtout beaucoup plus mous. Cependant, de 1856 à 1843, la cunelle a été dégravelée entièrement entre le regard

' Voy. t. I", p. 12G cl suiv.

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