‹ Les eaux fortes de Rembrandt; l'ensemble de l'œuvre gravé; la technique des 'Cent florins'; les cuivres gravésChapitre 4 sur 5 · la H Nativité à l'échelle », B · texte numérisé non relu

la H Nativité à l'échelle », B

57. le u Portrait de l'obie», B. 42 ; 58, le « Portrait de Titus n, B. 1 1 ; 5g.

(( Femme nue devant le poêle », B. 199 ; 60. le (( Retour de l'enfant prodigue « , B. 92 ; 61. « St. Jej'àtne en prière », B. 102 ; 62. les « Pharisiens dans le temple », B. i 26 ; 63. le « Mendiant avec un bâton ^^^ B.

157 ou 162 ; 64. la f^^ Fui te en Egypte»., B. 55 ; 65. la « Nativité n, B. 45 ; 66.

la (( Descente de la Croix », B. 81 ; 67.

uZacharie avec l'enfant dans ses bras», B. 5o ; 68. «Tobie en prière avec sa famille»., B. 43; 69. un « Visage de vieille femme ))., B.

??; 70. une." Vieille femme regardant en bas », B. 349 ; 71. « Rembrandt lui-même », B. 20 ;

« Dormeur nu et

72. uVieille fem7ne assise», B. 362; 73. u Femme nue couchée», B. 2o3 ; assis », B. 193.

A la mort de Clément de Jonghe, — dont on s'étonne de ne pas retrouver le portrait parmi ces cuivres, — ceux-ci furent dispersés et vendus à différents graveurs-éditeurs qui retouchèrent les plus importants, pour en continuer les tirages. La plupart de ces cuivres furent rachetés en Hollande par Watelet, vers 1750, et Ton tient de lui-même la certitude «qu'il termina» le u Dessinateur devant le buste en plâtre », B. i3o; qu'il retoucha, « parce qu'il la croyait usée », la planche « d'Abraham Francen », B. 273, et par analogie on peut lui attribuer la destruction presque totale du « Docteur

Faulrieiis», B.270 et du t< Portrait de Rembrandt »,B.22.

Ces trois pièces capitales, dont la fatuité d'un financier graveur-amateur causa la ruine définitive, ne devaient pas être compromises par rusurc,au moment de leuracquisition par Watelet. On peut s'en assurer en constatant combien l'adjonction de grains de roulette a nivelé les tailles, crevées volontairement par Rembrandt, mais susceptibles de retenir son encre spéciale. La prétention de Watelet, qui croyait graver comme Rembrandt luimême, l'a entraîne d'aberrations en errements, malgré sa dévotion au Maître,jusqu'àdes transformations de la forme même de ces eaux-fortes.

Ainsi le profil si aigu, si vivant

d'angoisse scientifique du «Docteur Fautrieus » devient sous sa main le portrait de quelque jeune abbé de cour plus ou moins simoniaque, familier des ruelles et des réunions clandestines de l'hôtel de Lesage, au visage sans caractère, d'où tout sentiment d'art est exclu. Bien antérieurement à Watelet, le goût des collectionneurs français s'était porté vers l'œuvre gravé de Rembrandt et de son vivant même, Michel de Marolles publiait, en 1666, un catalogue de 224. pièces de « Rhinbrandt». Ce dernier devait avoir à cette date, à Paris, et depuis plus de quinze ans un correspondant attitré, qui avait soutenu pour lui la spéculation ou le cours forcé de ses eaux-fortes. Serait-ce la maison d'édition de ce Malboure ou Malbouré qui tenait « dans la rue Saint-Jacques, au-dessus

L'ensevelissement des morts, dernier état.

Collection P. Malhey.

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de Saint-Benoist le Bétourné » une imprimerie de taille-douce et un commerce d'estampes et qui édita, avec son nom gravé sur la marge, le grand cuivre de VuEcce-Homo » ?

Cette planche est peut-être encore à Paris dans le fonds de quelque imprimerie abandonnée; mais sa trace est perdue depuis la fin du XVIII^ siècle.

Un graveur français de quelque talent, Jean Pierre Norblin de la Gourdaine (1745-1830) eut longtemps en sa possession le cuivre de u Jésus pt'êcha7it », dit la Petite Tombe, B. 67, qui avait appartenu à de Jonghe. Il l'avait cédé à la maison Colnaghi de Londres, au dire de Ch. Blanc. Mais des recherches faites dans cette maison n'ont donné aucun résultat, ni dans le fonds d'édition, ni dans les comptes.

Tandis que les artistes et les collectionneurs français recherchaient en Hollande les reliques gravées du Maître, la u Pièce aux Cent Florins», objet de toutes les convoitises, s'acheminait vers l'Angleterre dans les bagages du graveur Greenwood qui la retoucha très légèrement et en tira quelques épreuves qui sont dites du IIP état. Il la céda au captain Baillie qui la découpa, comme on l'a vu, dans l'étude spéciale de ce chef-d'œuvre, et mit en vente les fragments retouchés.

Lorsque Watelet eut publié ses a Rymbranesques», il continua ses recherches de cuivres et il fut assez heureux pour en posséder jusqu'à 78 qui figurèrent, à sa vente en 1786, où ils furent achetés par l'éditeur et graveur Basan. Un certain nombre de ces planches étaient expressément indiquées dans la vente comme étant retouchées par Watelet,

Or dès 1786 P. F. Basan publiait un Recueil de quatre-vingt planches originales, têtes, paysages ei différents sujets, dessinés et gravés par Rembrandt, Peintre hollandais, né en 1606 et mort en 1668. Et trente-cinq autres Estampes, la plupart gravées d'après différentes pièces de ce célèbre artiste, dont les Originaux sont fort rares ; tels que le portrait du bourgmestre Six ; une tête orientale ; le Paysage au carosse et divers sujets et paysages très diff elles à trouver; in-folio de cent vingtcinq pièces, che\H. L. Basan, Marchand d'Estampes, rue et Hôtel Serpente ti° 14.

A vrai dire, ceci est le titre d'une réédition du même recueil, par le fils du prénommé P. F. Basan, qui s'est désigné comme l'auteur personnel des copies de Vu Adam et Eve», de la «Petite Résuri^ection de Lazare», du u Petit Coppenol », de « Tollinx», et du u Bourgmestre Six », figurant dans la deuxième édition du même ouvrage en 1798.

Ces planches passèrent ensuite dans le fonds d'édition d'Auguste Jean, puis, à sa mort, devinrent la propriété de sa veuve qui les céda en 1846 à un marchand d'Estampes, Michel Bernard.

Un ouvrage d'Arsène Houssaye Rembrandt, sa vie et son œuvre, Paris, 1848, à peu près introuvable, donna comme illustrations une réimpression de 22 de ces mêmes planches.

Enfin, en 1906, les 78 cuivres qui restaieru dans l'ancien fonds de Michel Bernard, furent cédés à M. Alvin-Beaumont qui les possède, en propre, aujourd'hui. Ce sont ceux-là mêmes qui firent les frais d'une réimpression défectueuse, vers cette même date, à l'occasion du tricentenaire de Rembrandt, et dont 22 d'entre eux figurèrent à l'Exposition de 1908 à la Bibliothèque Nationale.

État de conservation des 78 cuivres originaux de Rembrandt

ET preuves d'authenticité DE CES PLANCHES

Au mois de Janvier 1916, M. Alvin-Beaumont me confia la tâche d'établir, avec le pedigree définitif de ces 78 cuivres un tableau descriptif de leur état actuel, et des preuves d'authenticité qu'elles présentent.

La méthode employée à cet effet a quelque analogie avec celle que j'ai fait prévaloir au moment du vol de «La Joconde» en 191 i, et qui est basée presque uniquement sur les accidents matériels, absolument inimitables, que subissent les oeuvres d'art au cours du temps, par le jeu des vernis et la dessication des pâtes. Pour « La Joconde», il existait une fiche anthropométrique aussi

— iig

(B, 5o). - La Présentation de Jésus au Temple. - {iù^^\.

Cvllcciton P. Matlicy.

(B. 276). - Jan Lutma, premier éiat. - (i656).

Musée Condé à Chanlitly. Grandeur réelle njj X 148.

décisive que Tempreinte du pouce d'un individu, dans le système Bertillon : le réseau inimitable de ses craquelures qui forment un « truite » assez analogue à celui de certaines porcelaines de Chine et qui recouvrent tout le tableau. Pour le nez seul, le labyrinthe de ces craquelures comporte quelques centaines de stries inégales, de formes si variées qu'il était matériellement impossible de songer à les imiter, après que les grands périodiques eurent publié, à ma demande, d'importants fragments de l'œuvre du Vinci.

Pour l'étude spéciale de ces cuivres, il fallait avoir observé que presque toutes les épreuves sorties de la presse même de Rembrandt portent aussi des marques très spéciales, qui ne sont le plus souvent ni de sa main, ni de son fait, et qu'il a, sans doute, ignorées tant elles sont d'intérêt secondaire au point de vue de l'art, mais qui pouvaient apporter leur témoignage irréfutable pour établir l'authenticité des cuivres à examiner.

La première planche qui fit l'objet de cette étude, « Jésus au milieu des docteurs», B. 64, est d'une conservation absolument parfaite. Le cuivre, forgé à froid, porte au revers le «truite» particulier aux anciens cuivres. Les épreuves du premier état portent la trace de rayures profondes provenant d'un planage grossier du métal ; elles sont analogues à des stries parallèles causées par un grain de pierre ponce.

Elles étaient sur la plaque avant toute gravure. On en compte, notamment, deux très fortes, très rapprochées, sur le dos du personnage assis, face à Jésus ; l'une d'elles dépasse sa tête et se continue sur le mur.

Une autre rayure parallèle à celles-ci se voit sur i cm. au-dessus du personnage immédiatement à droite. Une autre forte rayure forme une ligne verticale à 2 mm.

du bonnet du personnage obèse, à gauche de Jésus ; une cinquième rayure, verticale, se remarque sur sa poitrine au-dessous du lobe de l'oreille. Autre rayure verticale à 3 mm. du personnage debout.

Le linge drapé au-dessous du groupe des quatre personnages assis dans la tribune à gauche porte aussi deux rayures.

Or, toutes ces rayures inimitables se retrouvent sur le cuivre.

L'angle du haut, à gauche porte une série d'accidents de morsure antérieure qui ne peuvent être imités, et dont l'empreinte est nettement visible sur les épreuves de 1654.

Tous les autres picots du fond se retrouvent aussi sur les épreuves.

(B. 273). - Abraham France», deuxième état. - (vers i656).

Hibliulheque Nationale. Grandeur réetle l53X3o8.

L'accident de morsure profonde, à gauche du crâne de Jésus, était aussi inimitable.

D'autre part on retrouve, sur la cuisse de l'homme debout, les traces, très nettes, des traits de pointe sèche qui ont été usés par les tirages de la planche et qui ne retiennent plus l'encre aujourd'hui.

L'authenticité absolue de cette planche originale n'était donc pas douteuse, surtout lorsque après avoir agrandi, par la photographie, la surface du cuivre et Tune des épreuves de la Bibliothèque Nationale, Tidentité de la technique exceptionnelle /"ar /»o/H////é$ s'affirmait dans les deux agrandissements comparés. — Etat actuel: Cette pièce est sans aucune retouche. Elle n'est que très légèrement usée. — Son iîxécution : Croquis appareminent rapide h l'eau-forte. .Mais l'e.xamen à la loupe permet de découvrir une technique par pointillés formant une ligne continue, comme si Rembrandt avait attaqué son vernis au travers du papier de son dessin de mise en place, troué comme pour un poncif. Le bonnet du personnage obèse, les ombres de son front, les traits verticaux de son pantalon ainsi que les cheveux du personnage debout, sont les points principaux où se lit le mieux cette technique. La planche, inordue à l'eau-forte, fut achevée par quelques petits coups de burin et des indications de détail dans les crevés du haut-de-chausses de l'homme debout.

Abraham et Isaac, B. 34. Le cuivre porte la marque d'un accident de fonte du métal que le planagc n"a pas ellacé. Il apparaît en clair sur les épreuves anciennes, à l'extrémité des tailles il^ct 14'', à gauche, dans le haut du fond. C'est un léger relief du métal entouré d'un sablé de petits points microscopiques, formant halo, ou couronne sombre, autour de la tache blanche qui

apparaît sur les épreuves. V^-aiscmblablemcnt, c'est un dépôt d'étain autour d'une pointe de cuivre plus dur. Ceci était matériellement inimitable. Un accident du même genre se répète plus bas et plus à gauche, avec des stries de nivellement, au grattoir, antérieures à la gravure du sujet. Il fait une tache sombre sur les épreuves anciennes et une salissure boueuse au-dessus. La planche est truitée au verso. Sou aitllwnticité est indiscutable. — Etat actuel: Le cuivre est sans retouche graj-e. Le travail dans son ensemble a été légèrement remordu, mais peut donner des épreuves identiques

à celles de i(')5o. — Exécution: Croquis par larges griffonnements sur le vernis dans le terrain et le fond. — Travaux de pointe coupant des morsures sur le mantelet d'Abraham — Planche terminée à la pointe et au burin. On y trouve tous les graphismes de Rembrandt, dents de scies, vrilles, crêtes de coq, etc. Date probable 1640- 1642.

Grande Présentation au Temple en grisaille, B.49. Le cuivre a' fait l'objet d'un examen chimique par M. le professeur Henriot, chimiste de la Monnaie de Paris. C'est un bronze ancien, analogue aux cuivres de la Hesse, contenant 95 "/^ de cuivre, i "/o d'étain, o.5o7o de plomb, des traces d'argent, et une certaine quantité de fer non dosée avec de l'arsenic et du zinc. Un prélèvement de o gr. 5o, fait au grattoir derrière la planche, a fourni les éléments de cette anal3'se. Le revers du cuivre était « truite » 'comme dans le? planches déjà citées.

Le métal, peu homogène, a des traînées cendreuses partant du bâton de la prophétesse Anne jusqu'au genou de Siméon. Elles retiennent encore l'encre aujourd'hui comme on le voit dans les épreuves de i65o, où une double trace grise correspond à ces stries de plomb du bronze mal fondu. Les picots accidentels de la morsure sur la marche blanche, avec le trait oblique visibles sur ces épreuves se retrouvent exactement sur le métal. L'accident de morsure, sous les pieds de l'homme debout à droite, est encore visible sur le cuivre, ainsi que la rayure oblique du planage à la hauteur du coude du même personnage. — Etat actuel: La planche a été légèrement retouchée et elle est usée en partie dans les travaux de pointe sèche.

Dans le fond, si blond -et d'exécution si savante, analogue à celui de la « Pièce aux Cent I^lorius», dans la partie droite de l'estampe — des tailles presque horizontales ont été rajoutées au burin, tout le long du ra3'on et au-dessous, jusque vers l'auréole du Saint-Esprit. Traits horizontaux de pointe sèche sur l'enfant de chœur, derrière le bâton d'Anne la Prophétesse. Le fond est retouché derrière Saint-Joseph. La gravure, sur les bords de la planche, est usée, sur 1 mill */^.

Agrandissement direct d'après le cuivre orij^inal du B. 83.

IZolleciion Alvin-Beaumont.

\H. 83;. - la dcxtciile de C^mix aux Jljnibejiix. - i'

i.olUciion P. Mnihcf.

Les traits de pointe sèclie formant les dessins du voile d'Anne sont usés, mais se retrouvent sur le cuivre- le dessin extérieur de l'aumônière est dans le même cas, ainsi que le pli ombré à la pointe dans le bas de sa robe — leu?' trace est visible sur le mêlai. — Exécution: Cette planche est presque entièrement gravée à l'eau-forte. Nombreux travaux préparatoires de crevés dans les fonds, repris en morsure et à l'outil. Les visages de Joseph et de son voisin à gauche ont été modelés à la pointe sèche' ces modelés ont disparu dans l'état actuel du cuivre. Les griffonnements en vrille dans le fond au-dessus du Saint-Esprit, les dents de scie, les grandes boucles capricieuses se retrouvent ici, un peu partout. Un énorme griffonnement très audacieux relie les deux premiers personnages, à droite de l'épreuve. C'est l'une des plus belles planches de Rembrandt; la plus proche des « Cent Florins », par sa technique générale. Mais l'œuvre est poussée beaucoup moins loin. Toutefois Vétat du cuii're permet d'étudier arec certitude le métier particulier de Rembrandt, beaucoup mieux

que sur une pièce achevée.

Le Père de Rembrandt, B. 32 1. Le cuivre est ancien avec truite au revers. Les moindres accidents de morsures et le «sablé » du métal qui ont teinté les épreuves de i63o, se retrouvent sur la surface de la planche. — Etat actuel: La planche est sans aucune retouche. Son état de conservation est absolument parfait. Il y a seulement dans le fond à droite du bonnet (sur l'épreuve) une griffure faisant comme trois S ouverts à doubles lignes. ■ — Exécution : L'œuvre porte la signature R. L. Elle est en grande partie exécutée par Rembrandt, notamment dans la mise en place et les griffonnements du costume et du fond. Mais l'achèvement du bonnet avec ses travaux délicats est d'une autre main, ainsi que les reprises, à l'outil, du costume.

La planche peut donner de nombreuses épreuves analogues à celles de i63o.

Le Petit orfèvre, B. i23. Le cuivre est ancien. Certaines épreuves de iG55 montrent que la lueur du foyer a été enlevée au grattoir., par-dessus les tailles croisées mordues à l'eau-forte. Le cuivre porte en effet une cuvette indiquant le grattage et la trace des tailles du premier état. Deux accidents de planage dans le coin du bas à droite (sur l'épreuve) sont encore dans la planche et retiennent l'encre comme en i655; l'authenticité absolue de ce cuivre n'est pas douteuse. — Etat actuel: La planche, merveilleusement conservée, est belle comme un bijou précieux. Les épreuves qu'elle peut donner encore, en abondance, sont identiques à celles du 2"= état de i655. Sans retouches. — Exécution : C'est une eau-forte presque pure, extrêmement savante comme exécution. Quelques rehauts de pointe sèche et quelques coups de burin ont achevé ce chef-d'œuvre du Maître de 49 ans, dans toute la force de son génie.

La Nativité à la lampe, B. 45. L'authenticité du cuivre est indiscutable. Une série d'accidents de morsure la confirment ; près de la marge à gauche (sur l'épreuve) au-dessous de la marche, deux larges crevés, puis, un peu plus bas, à lymill. à droite, autre crevé, enfin près de la signature, triple taille chevauchée se retrouvent sur le cuivre. Les accidents sur la planche

(B. 36). - L'Echelle de Jacob. - (i653).

Illustralion pour la « Pied^a gloriosa *,

au-dessous du foin, les crevés dans l'ombre portée des bœufs, ne laissent aucun doute sur l'attribution de ce cuivre à Rembrandt. — Etat ACTUKL : A part l'usure des crevés de l'ombre portée des bœufs, la planche est absolument intacte. Elle pourrait fournir un tirage important. — Exécution :

Merveilleuse indication d'eau-forte pure, où l'inclinaison des tailles, assez grossières, et leur écartcment crée un clair-obscur vibrant, d'une blondeur argentine. L'une des plus belles compositions de Rembrandt.

Femme nue les pieds dans l'eau, H. 200. Un grand nombre de crevés inimitables, notamntent autour des marges, dans l'angle droit en haut, dans le milieu du tronc d'arbre, dans l'ombre du bras droit, constituent les preuves d'authenticité de ce cuivre.

— Etat actuel: Certains coups de pointe surlegenou

droit se sont affaiblis. Le reste de la planche est d'une conservation parfaite. — Exécution: Celte planche est l'une des plus magistrales qu'ait produites Rembrandt. Eau-forte pure largement esquissée sur le vernis, puis attaquée vigoureusement à l'acide et achevée de quelques petits coups de pointe sèche.

La Samaritaine de 1656, H. 70. Le cadre tracé au découpoir, la marge du haut coupée d'accidents de morsure, seraient, déjà, d'excellents indices de l'authenticité du cuivre. Mais les épreuves des divers états, nous montrent que Rembrandt a dû gratter profondément le métal le long du profil de la Samaritaine, où il avait gravé une coulée de cheveux qu'il effaça plus tard. Or le cuivre porte une cuvette, dont le fond a gardé la trace de la chevelure effacée. — Etat actuel: Tout le paysage est sans retouche. La tète du Christ a été reprise à l'outil. Une ombre fâcheuse, à la pointe sèche, tintant le mur entre la Samaritaine et Jésus n'est pas originale, non plus que le travail de pointe remordue qui noircit la margelle du puits et les deux seaux de cuivre. L'ombre verticale près de la marge à gauche sur l'épreuve, est une retouche du XVIIL' siècle. — Exécution: Analogue au if Petit ot'/èrre » . Même attaque à l'acide. Même technique d'effaçagc et même largeur d'indications.

(B. 33). - Le sacrijice d'Abraham. - (i(>??).

Collection I'. Malhry. (i56xi3i).

Jésus chassant les vendeurs du Temple, B. 69(1635). — Authenticité : Le cuivre est ancien. Il est forgé selon la technique du XVIP siècle. Le cadre du sujet est fait à la molette de découpage roulée sur le vernis, ce qui était inimitable par un fraudeur. Le cuivre porte, en outre, la trace très nette de tous les accidents de planage et de morsure qui se voient dans la signature, près du lustre, etc. ■ — ■ Etat actuel: La planche est très peu retouchée. Il y a eu quelques remorsures, notamment dans les rayons de l'auréole du Christ et dans le groupe des marchands. Mais l'ensemble des épreuves qu'elle peut donner est semblable à celui des épreuves du XYII"^ siècle. — Exécution :, C'est une eau-forte presque pure," mordue par fragments très nettement séparés. Le groupe du premier plan d'abord ; puis le chien et les bœufs : enfin le fond avec la scène pontfficale. Rehauts de burin et de pointe.

Le Père de Rembrandt, B. 32 1 (i63o). Le cuivre est ancien avec truite au revers. Un peu plus épais que la moyenne des autres planches. Son authenticité s'affirme par l'examen des accents de morsure du nez, les doubles traits si fins du costume et tous les picots imperceptibles du fond non travaillé, qui sont des tares originelles du métal absolument inimitables. — Etat actuel: La planche est sans retouche et donne des épreuves identiques à celles tirées par Rembrandt. Des griffures légères ont un peu sali les bords du cuivre, mais n'enlèvent rien à son effet. — Exécution : Eau-forte libre presque toute en griffonnements de second état. — Elle porte le monogramme RL i63o, indiquant la collaboration de Liévens, soit pour la morsure, soit pour l'achèvement du velouté du bonnet et du costume. Deux agrandissements directs sur le cuivre, montrent mieux que tout commentaire les détails de son exécution.

La Descente de croix aux flambeaux, B 83 (1654). Le métal est un bronze ancien, truite au revers. Un agrandissement direct sur le cuivre, (page 122), démontre l'authenticité certaine de la planche dont le travail des fonds était inimitable. — Etat actuel: Sauf dans les travaux de pointe sèche, la planche a peu souffert. Les caractères principaux de construction et de valeur sont intacts. Un peu d'usure générale dans les figures du second plan. — Exécution: Eau-forte pure en premier état. Reprise à l'outil, burin et pointe sèche appujée à toute force dans les fonds, sur le Temple et dans le ciel. Morsures très profondes à « l'eau de départ ».

L'Ange quittant Tobie, B. 43 (1641). L'authenticité indiscutable du cuivre original est établie par la série des accidents de planage et de morsures vers la ceinture de l'Ange, sur la robe du vieux Tobie, etc., concordant avec les épreuves du XVIL' siècle. — Etat actuel: Légère usure au second plan. Remorsure d'ensemble adroitement exécutée sans nuire à la planche. Retouches sur le valet au second plan. — Exécution: Eau-forte libre, toute en grilTonnemcnts, entièrement de la main de Rembrandt. Rehauts de pointe sèche. Accents terminaux au burin.

La Petite Résurrection de Lazare, B. 72 (1642). — Authenticité: Cuivre ancien, truite au revers. Découpoir de Rembrandt visible sur les marges, notamment au-dessous de Lazare et au-dessus du Christ. Coups de découpoir au dos de la planche. Accidents de planage et de morsure identiques avec les relevés des épreuves du XVII'' siècle. — Etat actuel: La planche est en bon état. Seuls quelques petits coups de pointe sèche ont disparu sur les comparses à gauche de Jésus. Les épreuves que j'en ai tirées sont identiques à celles de Reinbrandt. — Exécution: Eau-forte libre toute en griffonnements rembranesques, mordue en deux fois, la robe du Christ, la grande- roche et le paysage du fond, à part. Rehauts de pointe sèche pour assourdir les figures de second plan.

La Fuite en Egypte, B. 55 (1654). Cuivre ancien, truite au revers. Nombreux crevés établissant l'authenticité de la planche, notamment dans les pattes de l'àne, dans l'eau au-dessous des jambes de St-Joseph, dans le fond près du cadre à dioite et dans le feuillage. — Etat actuel : A part l'usure des « barbes » du fond, la planche est absoluinent intacte. Elle pourrait fournir

encore un important tirage. — Exécution: Eau-forte très vigoureusement mordue et préparée pour des reprises à routil, qui ont été abandonnées, en raison des crevés de la morsure. La planche a été tciininée et soutenue par quelques forts coups de pointe, non ébarbés.

La Négresse couchée, \i. 20b (i658). Cuivre ancien, truite au revers. Nombreux accidents de crevés vers le cadre et dans le fond assurant l'authenticité de la planche. — Etat actuki. : La planche a été retiioidue en partie. La cuisse droite a été refaite au burin. Le reste a peu souffea, car avec du soin et une bonne pression on peut obtenir encore de très belles épreuves. — Exécution : L'un des chefs-d'œuvre de ilembranJt. Après une préparation extrêmement magistrale à l'cau-forte, notamment dans la tonalité des coussins et du linge blanc, un minutieux travail de burin et de pointe sèche a modelé ces chairs dans l'ombre, par des reprises nombreuses de tailits

'^B. 1071. - Saiitt-I' rani;ois dAxsisc. - (lo.-'jj.

Cullrctiuii P. Mathcy, Grandeur réelle l8uX34l.

menues et siipciposécs. Dan^ délicats.

les deux oiiH)plales on compte sept roeaux dit1érent'< de tra\aux

David en prières, H. 41 (i(3d2.) Cuivre ancien forgé à froid sur l'enclume. Le trait de burin du deuxième état qui coupait le dos du personnage a été bruni au XVIII* siècle, mais il se retrouve en cuvette sur le métal. Picots du sol et des rideaux confirmant l'authenticité du cuivre. — Etat Acrri:!. : La planche est dans un état parfait de conservation et peut donner des épreuves iden-

tiques à celles du XVIP siècle. — Exécution : Eau-forte pure, fortement mordue. Quelques coups de pointe sur le rideau relevé. Planche inachevée.

La Sainte Famille au chat, B. 63 (1654). Cuivre ancien, truite au revers. L'authenticité s'affirme par l'ensemble des crevés de la muraille de l'àtre et de la robe de la Vierge qui sont inimitables, — Etat actuel : La planche est en parfait état. Epreuves modernes parfaites. — Exécution : Eau-forte pure largement traitée, fortement mordue. Têtes terminées à la pointe.

Le Paysage à la vache, B. 237 (1645). AuTHE>;TicrrÉ : Prouvée par l'ancienneté du métal, les picots de morsure et le planage. — Etat actuki. : Planche retouchée dans la chaumière et le lointain.

La Circoncision, B. 47 (1654). Authenticité : Le cuivre est ancien, truite au revers. Nombreux crevés près de l'échelle et dans le tonneau. — Etat actuel: La planche a très peu souffert. Quelques accents dans la pénombre se sont atténués. — Exécution : Eau-forte pure fortement mordue^ coupée de pointe sèche très serrée dans la pénombre.

Six têtes de Femme, B. 365 (i636). Authenticité : Le cuivre est ancien et truite au revers. Tous les accidents de planage et de morsure se retrouvent sur les épreuves du XYII*^ siècle. — Etat actuel: Quelques traits secondaires au-dessous de la vieille femme ont été repris à l'outil. Les figures du bas ont été légèrement remordues. — Exécution: Eau-forte pure reprise très légèrement à la pointe sèche.

Joseph et la femme de Putiphar, B. 39 (i633). Authenticité: Cuivre ancien, cadre fait au découpoir ondulé. Picots crevés près du i de 1634 et dans l'angle bas à gauche, puis au-dessus du genou. — Etat actuel : Les modelés délicats du nu sont, en partie, usés; la teinte au soufre a disparu, mais l'ensemble reste très rembranesque. — Exécution: Planche très travaillée; eauforte, pointe sèche et burin; ce dernier outil dans le montant du lit, pour donner les grands noirs.

Trois têtes de femme, B. 368(1637). Authenticité: Toute la partie cendfeuse à gauche de la. signature qui retenait l'encre au XVII^ siècle est encore semblable dans le cuivre. L'usure des tailles au centre était inimitable. — Etat actuel : La planche a peu souffert ; elle est sans retouche ; mais l'ombre de la dormeuse est usée ainsi que l'attache du cou à gauche. — Exécution: Eau-forte pure, presque sans aucune reprise à l'outil.

Rembrandt au bonnet orné d'une plume, B. 20(1 638). Le cuivre est ancien, mais plus épais qu'à l'ordinaire. Tous les accidents du fond, vers la signature et vers les cheveux, ainsi que le pointillé des joues se retrouvent sur le métal, tels qu'on les voit sur les épreuves anciennes. — Etat actuel: Planche bien conservée. Légère retouche dans les cheveux à droite et dans la lingerie sous la barbe. — Exécution: Analogue au Wostermann de Van D}xk. Eau-forte pure, pointe sèche et burin.

Rembrandt aux cheveux courts et frisés, B. 26(1 638). Authenticité: Indiscutable, grâce à l'usure inimitable de l'ombre du nez. — Etat actuel: La planche a été remordue dans les chairs. Les ombres du nez et de la joue droite sont usées. — Exécution : Eau-forte pure, sans retouche.

Le Juif à grand bonnet, B. i33 (i63q). Tous les accidents de ce cuivre ancien sont visibles sur les épreuves du XVIP siècle. — Etat actuel: La planche est parfaitement conservée. — Exécution : Eau-forte pure, sans retouche.

Vieille mendiante, B. 170(1646). Cuivre ancien, truite au revers, mais assez épais. Parties cendreuses en avant de la Mendiante, comme preuves d'authenticité. — Etat actuel: A part une légère usure vers la marge à gauche, masquée par une retouche moderne, la planche est en parfait état. — Exécution: Œuvre très complète à l'eau-forte, pointe sèche et burin.

Le Paysan avec femme et enfant, B. i3i (vers i652). L'authenticité de la planche est démontrée par l'effaçage du chapeau primitivement gravé sur le cuivre à mi-hauteur du bâton.

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(B. 70). - Jésus et la Samaritaine. - (it)58).

Collection P. Mather.

Toutes ces tailles se retrouvent quoiqu'elles ne retiennent plus l'encre. Gros crevés au-dessous du pied droit de l'enfant. — Etat actuel: A part l'usure et le brunissage de ce chapeau, la planche est absolument intacte. — Exécution: Elau-forte pure.

Joseph racontant ses songes, B. 3j (i638). Authenticité certaine : crevés détailles, accidents des biseaux, travaux antérieurs effacés qui se retrouvent sur le cuivre. — Etat actuel : Cenaines parties ont été remordues, d'autres retouchées légèrement, mais l'ensemble est- satisfaisant. — Exécution : Pièce précieusement travaillée, très recherchée, en premier état, au XVII' siècle. Technique très savante à l'eau-fortc, à la pointe sèche et au burin combinés.

Le Baptême de l'Eunuque, B.98 (1641). Authenticité: Première date effacée au-dessus de la signature. Stries du découpage en bas. Parties cendreuses dans la tète du chien. Petits personnages effacés au bord de la rivière. — Etat actuel: Le cuivre est en parfait état et donne des épreuves identiques à celles du XVII« siècle. — Exécution: Eau-forte pure rehaussée de quelques coups de pointe sèche.

Jacob et Laban (plus exactement) Job et ses amis, B. 118 (1641.) L'authenticité de la pièce est démontrée par la trace à demi-usée d'un coup de pointe échappée sur le vernis en partant de la signature et par l'usure du fond noir de la porte. — Etat actuel : A part l'effaçage des accents d'ombre en rehauts de pointe sèche et l'usure des tailles d'eau-forte de la porte, la planche a peu soutTert. — Exécution : Eau-forte pure très fortement mordue avec rehauts de pointe sèche.

Le Retour de l'enfant Prodigue,

B. 91 (i635). La planche porte au revers une figure géométrique en gravure ancienne se rapportant à la quadrature du cercle. Son authenticité est établie par des manques de morsure dans les marches, par l'usure légère du lointain à la pointe sèche. — Etat actuel : La planche est en excellent état. Quelques traits d'outil ont été rajoutés dans les tailles horizontales de la deuxième marche. — Exécution: Eau-forte très mordue, puis pointe sèche sur vernis légèrement attaquée à l'acide.

Les Baigneurs, B. 195. (i65i).

Ce croquis rapide à la pointe sèche est d'une parfaite conservation d'ensemble.

La qualité des noirs s'est atténuée. L'authenticité du cuivre est indiscutable.

Les Disciples d'Emmaiis, B.87 (1654). C'est la planche importante la mieux conservée de tout l'œuvre gravé du Maître. Elle peut donner des épreuves identiques à celles de 1654. Elle est sans retouche et son authenticité est contrôlée par les nombreux crevés au bord du cadre, les manques dans la morsure des longues tailles du rideau et les menus accidents des marches.

Rembrandt et Saskia, B. 19 (i636). — Le cuivre est ancien, un peu épais. Les marques dans la morsure vers l'épaule et les crevés en bas sur le biseau établissent son authenticité certaine. — Etat actuel: Le travail a été remordu en partie, notamment dans la tête de Rembrandt. L'ensemble n'est pas très éloigné de celui de i636. — Exécution: Eau-forte pure où la main de Rembrandt n'apparaît pas. Losanges monotones. La figure de Saskia est rapportée en second état. La Décollation de Saint-Jean Baptiste, B. 92. (1640). Cette planche est certainement authentique, cuivre ancien truite au revers, accidents de morsure inimitables. Mais elle a été très retouchée dans tout le fond et les personnages de second plan et remordues ensuite au XIX' siècle. Il reste les deux figures principales et quelques détails du second plan, comme la tête du nègre et l'architecture au-dessus qui sont intacts.

Le Vieillard à grande barbe et calotte, B. 295, (ovale). Cette pièce a été classée, à tort, par Bartsch dans l'œuvre de Rembrandt. Le cuivre est ancien, la planche est authentique, mais elle doit être attribuée à Ferdinand Bol.

La Mère de Rembrandt, B. 349 (i63i). Le cuivre est authentique. Mais il a été tellement retouché et repris au burin avec tant de maladresse que l'original est très altéré.

Les Mendiants à la porte d'une maison, B. 176 (1648). Le cuivre est ancien. Il porte, indépendamment de nombreux accidents de planage et de morsure, cette preuve indiscutable d'authenticité que le coin droit, au bas de la planche est très aminci et bosselé comme du paillon, ce

La femme au bain.

(iolleciion P. Maihey.

de

épre

du XVII« siècle

lans cet angle. — hïAT actukl:

(B. 197). - La femme devant le poêle, deuxième t-tat. - (i638).

Collection P. Mathcy Grandeur réelle 228 X iH').

particulier et une teinte spéciale lanche est en parfait état. Quelques très légères retouches dans les ombres portées sur la muraille et quelque usure dans la tête du vieux mendiant sont les seules tares minimes de ce chef-d'œuvre. — Exécution: L'une des plus heureuses eaux-fortes de Rembrandt. Mise en place très modelée à l'eau-forte bien mordue. Rehauts de pointe sèche dans les visages et coups de burin non ébarbés dans les accents.

Clément de Jonghe, B. 272 (i65i). Le cuivre porte toutes les traces des accidents et des

coulées d'acide sur le fond qu'on voit dans le deuxième état de la pièce. Son authenticité est absolument indiscutable. — Etat actuel : L'ensemble est bon. Mais la tête, notamment les 3CUX, la bouche et le coin droit du nez ont été retouchés. Le chapeau a été remordu. Le meilleur de la pièce, le manteau et k's mains sont à peu près intacts. — Exécution: Superbe eau-forte libre dont tous les éléments sont merveilleusement justes d'indication; l'inclinaison, l'écartement des tailles, leur profondeur, sont d'un grand maître. La tète a été terminée à la pointe sèche.

■Wtenbogardus, B. 279 (i635). — Le cuivre est authentique. Les dépassés du cadre, les crevés

des tailles, la gravure de la lettre, les striesdu métal, sous l'inscription, l'établissent. — Etat actuel: La planche a très peu souffert quoiqu'elle ait été remordue légèrement.

La tète est bonne encore. — Exécution : Planche très travaillée et très savante.

Sur des dessous d'eau-forte crevés, d'autres travaux ont apporté les accents des rideaux, du tapis et du vêtement. La fourrure, la collerette et le visage ont été modelés à la pointe. Quelques accents de burin dans les grands noirs.

Rembrandt avec l'écharpe autour du cou, B. 17(1633). Le cuivre est ancien et porte tous les accidents de planage q ui se voient sous la signature dans les épreuves du XVII' siècle. — Etat actuel : La tète a été refaite en partie dans les ombres. Le reste a été remordu.— Exécution: Eau-fone pure, mordue par punies séparées, visage, cheveux, vêtements et béret.

Le Maître d'école, B. 128 (16^1). Cette planche doit être celle cataloguée par Clément de Jonghe sous le titre « Commérages devant une porte ». Le cuivre est ancien et porte toutes les preuves de son authenticité dans les accidents des biseaux et de la morsure. — Etat actuel: La planche a peu souffert. Quelques valeurs se sont atténuées. Mais l'ensemble reste rembranesque.

— Exécution : Eau-forte pure très fortement mordue en plusieurs fois.

Abraham caressant Isaac, B. 33 (vers 1640). Le cuivre est ancien, truite au revers. Il porte la trace des accidents de morsure et de planage vers la signature et le pied gauche d'Abraham.

— Etat actuel: L'ensemble a été remordu mais sans dénaturer le dessin du Maître. Toutefois les épreuves modernes sont plus lourdes que celles du XVII'^ siècle. — Exécutio.n : Eau-forte pure très franchement mordue.

Le Repos en Egypte, effet de nuit, B. 57 (vers 1645). La planche est authentique, mais absolument perdue à tous égards.

Saint- Jérôme dans sa cellule, B. io5 (1642). Le cuivre est ancien et porte la trace du découpoirde Rembrandt tout le long du biseau, au bas de la planche, et tous les dépassements de tailles usées sur la marge du bas. — Etat actuel: La planche a été retouchée un peu partout et remordue dans l'ensemble, mais elle donne encore des épreuves d'un effet rembranesque intéressant. — Exécution: Pièce très travaillée; nombreuses morsures en crevés superposées les unes aux autres. Pointe sèche et burin un peu partout. Très savante technique.

Les Musiciens ambulants, B. 119. Le cuivre est authentique, mais il n'est pas de Rembrandt. Il est signé G. Dou sur la vieille du grand mendiant.

Le Persan, B. 1 52 (i632). Cuivre authentique dont tous les accidents de planage se retrouvent sur les épreuves du XVIP siècle. — Etat actuel : Le manteau a été refait au-dessus et au-dessous de la main droite, la poitrine à droite a été retouchée. Le reste est parfaitement conservé, notamment la tête et le bas du corps. — Exécution: Eau-forte souple, bien mordue, terminée à la pointe sèche.

La Mère de Rembrandt aux gants noirs, B. 344. La planche est ancienne et authentiquement celle du n° 344; mais c'est un faux du XVIII' siècle d'après le B. 343.

(B. 2o5). - Négresse couchée. - (i658).

Collection P. Maihey.

Haaring le jeune, B. 275 (ifibb). Ce qui reste de cette pièce magnifique est certainement authentique, mais elle a subi de telles retouches qu'il vaut mieux la considérer comme gravement altérée; toutefois certains accents profonds de morsure sont incontestablement de Rembrandt.

Deux figures académiques, B. 194(1644). Le cuivre est authentifié par les accidents de planage du biseau et du fond en haut h. droite. — Etat actuel: Le groupe de l'enfant et de la nourrice est absolument intact. Le jeune homme debout a été retouché légèrement par une remorsure. Celui qui

est assis est à peu près intact. — P^xécution: Kauforte pure très nuancée par des morsures variées.

Le Christ en Croix, B.80. Le cuivre s'authentifie par la trace d'un double trait bruni sur le métal, s'échappant d'une tour du Temple vers le ciel et celle de l'obélisque qui ne vient plus à l'impression.— Etat actuel : Les parties principales sont intactes, mais beaucoup de parties sont usées, ' comme le manteau du personnage vu de dos au centre. — Exécution: Eau-forte souple, adroitement nuancée par la morsure, rehaussée de pointe sèche et de burin dans le manteau à contre-jour.

Pierre et Jean à la Porte du Temple,

B. 94 (iG5()). Cette pièce importante est authentique. Les crevés des tailles et des marges l'établissent. — Etat actuel: Le cuivre a peu souffert. Il a été retouché : 1° sur les marches du Temple, 2° dans la fumée du sacrifice, 3° dans la deuxième tète à gauche sur l'épreuve. La tour centrale et les deux colonnes sont usées, ainsi que les verdures aù-dcssus de l'hémicycle. — Exécution: Pièce très savante et inagistrale; eau-forte, pointe sèche et buriri combinés.

La Petite Samaritaine aux ruines, B. 17 (1634). Le cuivre est ancien, découpoir de Rembrandt sur le biseau en bas, picots de morsure.

— Etat actuel : La pièce a été remordue d'ensemble, mais a peu souffert. — Exécution: Eauforte pure, rehaussée de pointe sèche.

Jan Asselyn, B. 077 (vers 1647). ^^ cuivre est authentifié par l'effaçage duchevaletdu premier état et les accidents des biseaux tout autour de la pièce. — Etat actuel : L'ensemble du cuivre a peu soutfert. Toutefois le chapeau a été remordu et le visage a été un peu retouché. — Exécution: Planche très travaillée ; eau-forte, pointe sèche et burin combinés.

La Synagogue, B. 126 (1648). Cette belle pièce est authentique. Les accidents des biseaux, les elVaçages se retrouvent sur le métal. — Etat actuel: La pièce est conservée dans ses qualités essentielles, elle a été en partie retouchée, mais très adroitement et dans le caractère.

— Exécution : Pièce magnifique d'habileté technique. Eau-forte spirituellement indiquée. Travaux

(B. 200). - Femme nue les pieds dans l'eau.

CoUtciipn p. Miihey.

de pointe extrêmement délicats. Coups de burin dans le Tond et les personnages.

Liéven van Coppenol (Le grand), B. 283 (i658). Cette planche recoupée en 1 770 lors de sa découverte en Hollande est authentique. Elle mesurait antérieurement 341X290 mill. — Etat actuel: L'ensemble a peu souffert et reste dans le caractère d'un Rembrandt. — Exécution :

Planche très travaillée, technique très compliquée d'eau-forte, de pointe sèche, de burin et de teinte au soufre.

Gueux et Gueuse,

B. 164(1630). Le cuivre est authentique, tous les accidents des biseaux et tous les picots s'\' retrouvent. — Etat actuel : La pièce est parfaitement conservée. — Exécution :

Eau-forte pure.

Le Martyre de St-

Etienne, B.97(i635). La pièce est authentique et a relativement très peu souffert de l'usure, sauf dans les travaux de pointe sèche qui se retrouvent tous sur le métal.

Le Gueux estropié, B. 179 (i63o). Le cuivre ancien porte toutes les traces accidentelles des biseaux et du fond mal plané. La pièce est sans retouche, mais en partie usée. Eau-forte pure.

Le "Vieillard à grande barbe, B. 290. Les biseaux et les taches du fond établissent l'authenticité du cuivre. Cette pièce était primitivement une copie du B. 2G0 inversée; les cheveux

(B. 202). - La femme j la Jleelie.

Collection P. Mathey.

le turban de fourr

Sauf des usures dans les mor-

. — r^TAT ACTUEt.

sures, l'ensemble n'a souffert que dans ses valeurs. Eau-forte pure.

Le denier de César, B. 68 (i()33). La pièce est authentique et a peu souffert d'une légère remorsure, l/enscnible est encore satisfaisant. Kau-forte très mordue. Traits de pointe.

Le joueur de cartes, B. i36 (1641), Quelques trous et des griffures de pierre ponce établissent son authenticité. — Etat actuel: Le fond a été retouché. L'ensemble est encore rembranesque. — ICxi-cltion : llau-fortc pure légèrement mordue.

Les joueurs de Kolf, B. 12b (1654). Des crevés, l'usure des ombres de rhoinme assis ne laissent aucun doute sur l'authenticité du cuivre. — Etat actoki. : Sauf l'usure des tailles à l'eauforte derrière l'homme assis, la planche est intacte. Sans retouche. — KxixvTion: Eau-forte pure.

Le Dessinateur devant le modèle, H. 192 (vers iGôd). Le cuivre est authentique, car on retrouve sur le métal la trace des grilTonnements de Rembrandt qui ont été reconstitués, ensuite, en partie, sans grande intelligence. — Etat actuei. : La planche a été retouchée. — Exi'.cvtion: Cette pièce date de la fin de la vie de Rembrandt, alors qu'il n'avait plus d'élève. Son travail est très savant, mais entièrement de sa main, dans le fond en partie à l'eau-fortc, rehaussé de pointeet de burin. Le trou noir en bas est entièrement au burin.

Le Dessinateur devant un plâtre, B. i3o (vers 1640). La planche est authentique, mais elle a été très retouchée par Watelet qui l'avait signée en bas sur le livre. Cette signature a été effacée par Michel Bernard.

Jan Lutma, B. 276 (i656). Le cuivre est authentique et porte toutes les traces des effaçages par Rembrandt, ainsi que celle desploinbshorizontaux de la fenêtre qui ne retiennent plus (b. 264).

l'encre à l'impression. — Erx-r actukl:

La tête est restée bonne, mais des remorsures maladroites ont déséquilibré les valeurs du costume et du fond. Toutefois, la pièce conserve un grand intérêt technique. — Exécution : Pièce très travaillée sur une préparation très solide à l'eau-forte pure (l'état reproduit page 120), achevée h la pointe sèche et au burin.

L'Adoration des bergers à la lanterne, B. 46 (i65i). Le cuivre original de cette magnifique eau-forte est, à peu près, seul conservé. Le travail est entièrement repris ou crevé dans des tentatives de remorsures. Planche considérée comme perdue.

La Fuite en Egypte à la lanterne, B. 53 (i65i). Cette pièce superbe a subi le même sort

que la précédente.

Jaii AnloniJes van der Linden. - (i665l.

Collection P. Malbtjr.

L'Etoile des Rois, B. ii3 fifiSi). Cette pièce est moins abîmée que les deux précédentes parce que ses travaux originaux étaient moins délicats.

La faiseuse de Kouks, B. 124 (i635). Le cuivre est certainement authentique, mais il a été très fatigué par de longs tirages, puis retouché et remordu ensuite. Toutefois, il reste certaines indications originales sans retouche.

Saint Jérôme en prières (plus exactement Daniel), B. 102. Cette planche est authentique, mais ne semble pas appartenir à l'œuvre gravé de Rembrandt. Elle est très fatiguée.

Les planches originales suivantes ont été à ce point retouchées qu'elles n'ont plus de Rembrandt que la composition générale et quelques fragments intacts d'eau-forte. Ce sont: Le Docteur Fautrieus, B. 270, presque entièrement refait par Watelet ; Abraham Francx, B. 273, dont il ne reste que le tableau, le magot chinois et certains détails du tapis de la main du Maître; Watelet s'est reconnu l'auteur de sa transformation. Rembrandt Dessinant, B. 22 ; cette admirable pièce a été saccagée au XVHI' siècle, puis définitivement perdue dans un essai de remorsure plus récent. L'Annonciation aux bergers, B. 44, garde cependant quelques fragments originaux, vers le haut, à gauche, dans le dessin des petits anges. La Descente de Croix, B. 81, n'est plus qu'une vaste retouche et La Grande Résurrection de Lazare, B. 73, n'est guère mieux conservée, sauf toutefois dans le personnage de Jésus.

Il existe, indépendamment des cuivres de la collection Basan, appartenant à M. Alvin-Beaumont, le cuivre de La Coquille, qui a figuré dans une exposition publique, puis d'autres planches qui ne sont que des copies par les graveurs du XVIII'^ siècle, tels que Watelet, Claussin, Basan.

(B. 192). - Le Dessinateur devant le Modèle. - (vers i665)

Colleclion P. VUthcy. Grandeur réelle 23 1 X 184.

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