Actes d'état civil d' Artistes français, 1873, p
grands tableaux sur toile, représentant les Dieux des eaux, Neptune, Triton et plusieurs nymphes et divinités, et les Amours de Jupiter et de Calistoh Quoique le P. Dan, qui nous fournit cette description succincte, ne le dise pas expressément, je crois que ces tableaux ont remplacé, dans les premières années du règne de Henri IV, des peintures à fresque du Primatice et de ses élèves. En effet, la salle voisine portait une inscription : Henrictis quartus Galliarum César Aiigustissimus restaiiravit^ qui doit s’appliquer à l’ensemble de l’appartement.
D’autre part, on sait que le deuxième volume des Comptes des Bâtiments préparé pour Félibien, qui se rapportait à la période de iSyi à iSqq, est aujourd’hui perdu, mais qu’on en possède la table. Celle-ci nous apprend que dans les années i5g3, iSgq, iSgy, i5g8, iSgg, il a été fait pour Fontainebleau des dépenses de peinture; les travaux de Dupérac s’y trouvaient sans doute compris.
La décoration des salles des Etuves a été détruite en 1697, lorsqu’elles ont été transformées en appartements. Les tableaux sur toile ont pu être transportés ailleurs. Mais que sont-ils devenus? On l’ignore. Ils n’ont pas été gravés, et nous en sommes réduits, pour apprécier le talent de Dupérac, à l’éloge un peu sec du P. Dan : « Peintre autrefois en estime », et à l’examen de ses estampes.
I. M. Dimier (Le Primatice, p. 282) a démontré que le P. Dan avait commis ici une erreur, et que les Amours de Jupiter et Calisto, dont il a retrouvé une partie des dessins, étaient du Primatice.
L’œavre gravé de cet artiste, tel qu’il a été colligé par M. Robert-Dumesnil [Peinlre-Graveur Français^ VIII, p. 89) consiste en 87 planches, auxquelles M. Duplessis (t. XI, p. 85) en ajoute encore trois. Mais la troisième, marquée D. B., est sans contredit de Dirck Barentsen, peintre-graveur hollandais, qui a été, en Italie, l’élève du Titien, et qui est l’auteur de quelques paysages’. Cet œuvre peut se diviser en deux parties distinctes : l’une, la plus importante par le nombre, a pour objet la reproduction des ruines, des monuments que l’auteur a visités, des fêtes, des tournois auxquels il a assisté. Dans ces pièces, l’architecture joue le rôle principal; elles révèlent bien la profession de Dupérac, qui était avant tout architecte.
L’autre partie de l’œuvreconsistedans despaysages animés de divers sujets, scènes mythologiques ou rustiques ; c’est probablement sous cet aspect que se présentaient les tableaux de la salle des Etuves.
Nous avouons d’ailleurs que nous sommes moins frappé que Robert-Dumesnil du rapprochement qu’il a trouvé entre les artistes de l’École de Fontainebleau et Dupérac. Ses planches offrent d’ordinaire un mélange de burin et d’eau-forte qui n’est pas dans les traditions de l’École. Ses paysages ressemblent sans doute à ceux de L. D. ; mais c’est précisément dans ses paysages que L. D. se montre le moins original. On trouverait facilement d’autres graveurs
I. Voir, à la B. N., le recueil alphabétique. Van Mander, dans la biographie de Thierry (Dirck) Barentsen. n’a pas mentionné ses estampes.
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dé la même époque qui ont compris le paysage de la même façon : Dirck Barentsen, par exemple, que nous citions tout à l’heure. C’est à Rome, en Italie du moins, que Dupérac, subissant l’influence du Titien, a produit ses travaux de gravure : aussi, malgré l’autorité de Robert- Dumesnil, l’aurions-nous négligé, si l’artiste n’avait pas travaillé, comme peintre, au château de Fontainebleau.
Nous n’avons rien à ajouter au catalogue donné par Robert-Dumesnil, et nous n’avons pas pu reconnaître dans les estampes les sujets qui auraient été peints par Dupérac dans l’appartement des Bains.