‹ Les eaux. Introduction. Les aqueducs romainsChapitre 39 sur 72 · AQUKDUCS ROMAINS. — ADMINISTRATION DES EAUX · texte numérisé non relu

AQUKDUCS ROMAINS. — ADMINISTRATION DES EAUX

dans leurs moindres délails; mais le Sénnl el le prince réglaient, en inème temps, toutes les affaires du monde connu. Comment, dans ce chaos monstrueux, le pauvre intéressé à la bonne administration des eaux pouvait-il se faire entendre? Les riches propriétaires de maisons de campagne (Suhurbaua) détournaient, à leur profit, les eaux les plus réputées; tout le monde le savait, comme le prouve le passage de Pline que je viens de citer; mais personne no cheichait à faire cesser ces audacieuses entreprises.

H était même assez facile de les colorer d'une apparence de légalité.

Concession des eaux caduques. Abus auxquels elle donne lieu. — Dans l'origine, on donnait le nom d'eau caduque aux eaux surabondantes qui s'échappaient par rorilice du trop plein des châteaux d'eau et des lacs ; plus tard, ou donna le même nom aux eaux qui provenaient des fuites des conduites publiques, et ces deux espèces d'eau purent être concédées \

On voit sans peine combien, avec la vénalité des lonlaiiiiers el l'incurie des administrateurs, il é'ait facile de doubler et môme de décupler ces concessions, en élargissant les tissures; mais ce qu'il est absolument impossible de comprend re, c'est q u'un administrateur des eaux ail pu proposer au prince de concéder l'eau des fuites des conduites publiques, el donner ainsi une sorte d'existence légale à un état de choses, qu'en bonne administration, on doit faire disparaître dès qu'il est connu. Car s'il n'est pas d'ouvrage moins difficile à enlretenir qu'un aqueduc lorsqu'il est étanche, il n'en est pas non plus qui périsse plus vile, lorsque les fuites ne sont pas réparées en temps utile et quand l'eau exerce librement son àclion destructive.

r.es concessions d'eau caduque provenant des tissures, avaient donc pour résultat infailhlde, d'abord, le détournement progressif

' Inipelraiiliir atdeni et eœ aquœ qiiœ caducœ vocanliir, id est quœ md ex cusleUis (iflluiinl nul ex nuinalionibus fislithiniin. (FnoMix, cha[». (.\ )

de l'eau de l'aqueduc, ensuite l'augmenlation rapide des dégradations et bientôt la ruine de l'ouvrage lui-même.

C'fst ainsi qu'on peut expliquer la fréquente destruction des aqueducs romains malgré la solidité de leur slruclure'; de siècle en siècle on les reconstruisait quand il surgissait un empereur maçon, comme Claude, ou de grands citoyens, comme Agrippa, Nerva et Trajan.

Je compléterai, càu chapitre ix, cet exposé sommaire des causes de la destruction des aqueducs.

Le grand art de l'entretien est une invention moderne; c'est une des conquêtes de notre dix-neuvième siècle, et c'est surtout à l'active intervention des intéressés dans les affaires publiques, qu'il faut l'attribuer.

Le premier curateur des eaux fut Messala Corvinus. Aqirès lui, jusqu'à Frontin, on en compte seize, tous grands personnages ou appartenant à des familles illustres : Messala Corvinus (an de Rome 745), (]. Attejus Capito, Tarins Rufus, M. Coccejus Nerva, C. Octavius Laenas, M. Porcins Cato, Didius Gallus, Domicius Afer, L. Piso, Pelronius Turpilianus, P. Marins, Fonlejus Agrippa, Albius Crispus, Pompeius Sylvanus, T. Ampius Flavianus, Acilius Aviola, Sextus Julius Frontinus (an de Rome 850, ère vulgaire 97).

* Depuis quil n y coule plus d'eau, les ruines des aqueducs résistent à l'action des siècles.

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