AQUEDUCS ROMAINS. — DKS LATRINES ET DES ÉGOUTS
passage de Denis tl'IIalicarnasse, que poui' rélablii' dans les ('gouls le passage des eaux interrompu, les eenseurs demandèrent un jour la somme de 1 000 talents.
« Devons-nous attribuer à l'infection occasionnée par la négligence et rencombrement des égouts les maladies épidémiques qui, au rapport des historiens, ravagèrent la ville de Rome à tant d'époques différentes? Je ne saurais l'afllrmer.... »
fPARENT-DuCHATErET.)
Une ordonnance citée par Frontin attribuait une partie des eaux caduques au nettoiement des égouts :
« Je veux que personne ne dérive une eau caduque s'il n'en a obtenu l'autorisation spéciale de moi ou des princes mes prédécesseurs. Car il faut qu'une partie des eaux surabondantes des châteaux d'eau soit utilisée, non-seulement pour la salubrité de noire ville mais encore pour laver les égouls '. »
Mode (l écoulement des eaux sur la voie publique. — Malgré cela, l'état de salubrité de la ville laissait beaucoup à désiier.
Frontin considère comme un des bienfaits du règne de Nerva l'amélioration de cette importante partie de l'administration municipale :
« Les eaux surabondantes ne sont plus inutiles; l'élat sanitaire est déjà changé, l'air plus pur. Les causes de ce mauvais air, de cet air infâme de la ville de nos pères sont détruites '.
ce Ce passage, dit Parent-Duchalelet, est des plus remarquable; il donne une idée précise et exacte de l'état de Rome ancienne relativement à la salubrité et à l'état de l'air; et, comme cette ordonnance est l'expression de magistrats chargés parliculière-
' Cadiicam ueminem volo duceve, nlsl qui meo heneficio, dut prloniMpriticipiim luthent ; 'iHun neccsse est ex castcllis atiqncim partem aqnœ effluere, cum hoc pertiiwat, non solitin ad itrbis nostm' saluhritatcm, spd eliam ad vtilitalem cloacantm ahluendarum. (Fkontin, cliap. CXI )
- Caussiv qravioiis cœli, qiiibus apiid vclcrcs urbis infainis acr fuit, sttid reiiwla. (hiOMi.N; (liai). LX^-^^i-)
16i INTRODUCTION.
ment de la nelteté et de In salubrité de la ville, elle est sous ce rcip])ort plus précieuse que tout ce que les historiens ont rapporté à ce sujet. »
Il est probable que l'état de malpropreté des rues était tel que d'abondantes ablutions étaient absolument nécessaires. C'est ainsi sans doute qu'on employait les eaux caduques ad urhisnostvx sahibritatem, comme dit l'ordonnance des empereurs, et que du temps de Nerva, on tirait parti des eaux autrefois perdues.
11 serait très-intéressant de savoir comment les lues étaient disposées pour favoriser ces lavages à grajide eau. Mais les lambeaux de rues de la Rome antique, qui subsistent encore, sont trop courts pour qu'il soit possible de former aucune conjecture sur les dispositions d'ensemble. D'ailleurs des modifications importantes ont dû y être apportées dans les derniers temps du règne des empereurs.
Voici les très-intéressants détails, sur la disposition des rues de Pompéies, qui m'ont été donnés par de M. de Luca :
c( Les eaux ménagères s'écoulaient directement dans la rue ; il paraît qu'on lavait les voies principales au moyen d'un abondant courant d'eau ; on y remarque encore de grosses pierres, solidement fixées en ligne droite et à la dislance d'un pas moyen d'homme pour franchir le courant. »
Il est probable que ce mode de lavage des rues était alors généralement adopté dans toutes les villes. Il fonctionne encore à Sens, ville d'origine romaine ; on y voit notamment les pieiTcs saillantes scellées dans le pavé de la rue, à travers le courant.
Ces lavages devaient, du reste, être Irès-incommodes et seraient absolument intolérables dans nos grandes villes modernes ; les piétons ne supporteraient pas les éclaboussures des voilures circulant à grande vitesse dans un large courant d'eau. Mais on sait que la circulation des voitures n'était pas considérable dans les villes anciennes.
Comment les eaux de la voie publique pénétraient-elles dans