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AQUEDUC ROMAIN DE SENS. — DÉTAILS TECHNIQUES

ne justifierait anjourd'liui. En effet, la source de Noé, à son élal

naturel, élait à l'altitude 85"',37

Le radier de l'aqueduc romain à la sonde n" 51, à l'entrée de Sens, à 77"', 69

différence 7"',68

cette différence divisée par la longueur de l'aqueduc, 11 kilomc- Ires, donne une pente kilométrique de 0"',68, qui est plus que suffisante ; en prolongeant l'aqueduc avec la même peu le, sur 4 kilomètres, jusqu'à Saint-Philbert, on arriverait à cette source avec une côte de radier de 87"", 91, c'est-à-dire à l'",16 au-dessous du plan d'eau actuel de la source. On pouvait ainsi la capter sans changer son niveau. Il y a donc eu un motif grave qui a décidé l'ingénieur romain à adopter un profil si singulier. Très-probablement on s'était conlen'é d'abord de la source de la vallée de la Faucaudrie, aujourd'hui perdue; on a naturellement construit l'aqueduc avec la plus grande pente possi!)le. On a été ainsi amené à lui donner une pente kilométrique de l'",02 dans la vallée de la Yanne. Getlc hypolhèse est d'autant mieux justifiée que les deux aqueducs de Sens à xMalay-le-Vicomte et de la Faucaudrie sont construits dans le même système, scms enduit, tandis qu'en amont, entre le chemin des Fleuris et Saint-Philbert, l'aqueduc est partout revêtu à'un enduit intérieur. L'aqueduc de la Faucaudrie était donc le prolongement de celui de la grande vallée.

Plus tard, lorsque par une raison quelconque, on s'est décidé à capter la source de Noé, on n'a pas voulu reconstruire l'aqueduc entre Sens et le chemin des Fleuris, on l'a prolongé presque avec la même pente kilométrique, 0"',9o7, jusqu'à Noé; mais alors le radier de l'aqueduc s'est trouvé à 4", 26 au-dessus du niveau de la source, qui a dû être relevé de cette quantité.

Plus tard encore, lorsqu'on a voulu jeter dans l'aqueduc la source de Saint-Philbert, on a prolongé la galerie souterraine sur une longueur de 4000 mètres, et cette fois avec une pente kilométrique réduite à 0"',50.

En opérant cette réduction, l'ingénieur romain a cm atteindre la limite du possible, car il est arrivé à Saint-Philbert à 1"',56 au-dessus du niveau actuel de la source, ce qui l'a obligé à faire un relèvement du plan d'eau d'autant plus dangereux, que la source louchait pour ainsi dire le marais dans lequel elle pouvait se perdre, et cependant il y avait, entre le radier de l'aqueduc de Noé et le plan d'eau actuel de la source de Saint-Philbert, une pente kilométrique de 0'%19, que nous jugerions plus que suffisante aujourd'hui.

On doit conclure de là que les ingénieurs romains considéraient une pente kilométrique de 0'",50 comme une limite audessous de laquelle il n'était pas prudent de descendre, en raison de l'imperfection de leurs instruments de nivellement. Celle opinion est complètement justifiée par l'examen du profil en long de l'aqueduc de Sens ; la pente kilométrique change à chaque pas, même dans les terrains parfaitement réguliers, où l'on était maître d'adopter une pente absolument uniforme, par exemple entre Saint-Philbert et la source de Noé. C'est ce qu'on voit sur le tableau suivant :

48 con're-penle de 0,14

8'20 (source du Miroir) 0,01

660 (source de Noé) 0,41

Sans parler de la contrepente de 0"".14 qui existe entre les profils 6 et 7, on reconnaît, à l'inspection de ce tableau, que les pentes kilométriques des 4000 mètres d'aqueducs compris entre Saint-Philbert et Noé varient de 0"',01 à 2"', 47. On trouverait

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