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plus blanc et donnent (les cristallisations pîus fines. Afin de rivaliser avec les produits de Gimeaux, on commence à Glermont par débarrasser Teau minérale de la partie la plus grossière de son calcaire : silice, phosphate, carbonate de fer, etc., et pour cela on lui fait suivre un long parcours à ciel ouvert dans des conduits de 70 à 80 mètres de longueur ; de distance en distance de petites fosses reçoivent et retiennent les premiers sels terreux qui se déposent, et des pierres volcaniques, en contrariant et en détournant le cours de cette eau, contribuent également à la dépouiller de ses sels. A Taide de plâtre cru déposé çà et là et que ce liquide légèrement acidulé dissout en partie, on cherche à remplacer par des dépôts d'une grande blancheur les carbonates ferrugineux qu'on lui enlève.
Arrivée au bout de sa course, Teau minérale a perdu une partie de ses sels terreux; pour dégager pluspromptement l'acide carbonique qui retient en dissolution ceux qui lui restent, on la précipite de haut; elle se divise en tombant, se brise sur le sol, rejaillit avec force et éclabousse les objets qui sont déposés près d'elle. Ge sont généralement des nids d'oiseaux, des rameaux de houx ou de buis, des feuilles de chêne ou de chardon, des fruits, des objets en terre cuite ou en porcelaine ; chaque gouttelette dépose sur eux une fine couche de carbonate de chaux. Comme dans la galvanoplastie l'épaisseur du revêtement se mesure à la durée de l'exposition : il faut ordinairement dix à quinze jours
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pour les objets légers sur lesquels une couche un peu épaisse amènerait la déformation des contours. Mais on ne craint pas de sacrifier souvent ce vernis aux brillantes facettes, à la pureté des lignes et à la fidélité deç détails. On place dans ce cas sur le sol de la pièce des moule;s en soufre reproduisant en creux des médailles et autres objets en relief: le carbonate de chaux se dépose et remplit si exactement les moindres dépressions du modèle que Ton obtient, en galvanoplastie calcaire, une reproduction parfaite du sujet demandé. C'est au revers de la médaille que doit se chercher alors la fine cristallisation qui donne à ces produits industriels leur cachet d'origine et en fait toute la valeur. Montées en broches, en coffrets ou en bas-reliefs, ces pétrifications, aujourd'hui dans le commerce, vont porter au loin le souvenir de nos eaux d'Auvergne.
Les sources calcaires de Glermont déposent sur leur cours des travertins énormes qui souvent les emprisonnent et en changent la direction. Ce sont elles aussi qui ont formé le long de la Tiretsune sur la rive droite delaquelle elles émergent, ces ponts naturels fort curieux qui ont fixé de tous temps l'attention des voyageurs. Belleforest les cite dans Isa Cosmographie universelle publiée en 1575, et s'exprime ainsi : « Au dedans de l'abbaye de Saint- « Alyre passe un fleùue qu'on dit auoir esté iadis « nommé Scatéon et ores'est dit Tiretaine, sur le u cours de la quelle est posé ce merueilleuxpont d^ « pierre naturelle fait par l'eau d'une fontaine qui
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« s'endurcit en pierre non san» estonnement des « effets miraculeux de la nature ; et laquelle fonce laine est à enuiron trois cents pieds de la riuière « la quelle coulant vers la riuière susdite fâict cette '( durté pierreuse du pont par sous lequel passe le « fleuue susnommé. »
« Le feu Roy, Charles neuuième du nom, faisant « son voyage de Bayonne, voulut voir ce pont me* (( rueilleux et la fontaine qui n'est artificielle, et le u cours d'eau et la source d'où elle procède, comme « chose estrange et des plus rares miracles de « nature qu'on voye guère en la France. » M. le D' Nivet, à qui nous empruntons cette citation, en fait plusieurs autres qui prouvent combien ces eaux pétrifiantes excitaient autrefois la curiosité des naturalistes.
Quatre ponts ont été ainsi jetés sur la Tiretaine par les eaux minérales qui jaillissent sur ses bords. ' « Le premier, dit Lecoq, en dehors de Saint-Alyre, n'est pas fini et ne présente que des masses de travertins qui s'avancent au-dessus du ruisseau ; il est dû sans doute à une source qui avait autrefois plus d'importance. Le second est dans l'établissement même du premier ; il est formé par la source des bains : on le montre aux curieux comme un pont en voie de formation, et, pour qu'il ne s'achève pas, on en retire l'eau incrustante pendant la majeure partie de l'année. » Ce pont est en face de rétablissement, son arcade non achevée a 4™,25 de longueur, l'eau en tombant forme une énorme stalagmite qui tend à rejoindre l'extrémité de l'arcade, mais qui est plu-
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tôt entravée qu'aidée dans ses efforts par le propriétaire qui en brise de temps en temps la pointe.
Un troisième, beaucoup plus ancien, puisqu'on attribue sa formation à l'époque où l'Auvergne n'était pas encore habitée, se trouve maintenant de niveau avec le sol. Son arche, de 8 mètres de largeur, présente une assez grande solidité pour permettre, en tout temps, le passage des voitures.
Enfin le quatrième, connu sous le nom de Grand- Pont naturel ou de Pont du Diable, se trouve dans la propriété de M. Montel, rue des Chats. C'est le plus remarquable. D'après les mesures prises par M.Niveten 1844 il a 10 mètres de longueur sur5"*,50 de largeur et 5 mètres de hauteur au-dessus du ruisseau. C'est une stalagmite énorme formée par la chute de l'eau minérale qui, en s'élevant peu à peu, est venue rejoindre l'arcade supérieure et la compléter en se soudant avec elle.
A côté de ses eaux incrustantes, Clermont présente d'autres sources qui doivent à une moins grande abondance de carbonate de chaux et à la prédominance de quelques autres principes d'être employées dans certains cas. On n'ose pas dans le faubourg Saint-Alyre goûter à une eau qui pourrait pétrifier Tintestin ou engendrer des pierres dans la vessie ; mais cependant l'efficacité bien avérée de certaines autres sources est parvenue à vaincre l'éloignement systématique qu'entraîne ce préjugé.
Ce sont les eaux ferrugineuses de Jaude et du