DU PUITS
BCVBTTB.
Ligne
Acide carbonique libre
Bicarbonate de soude
3.315 0.064 0.953 0.652 0.051 0.027 0.036 0.022 0.120 traces indices
3.075 0.064 0.902 0.812 0.051 0.027 0.031 0.022 0.120 traces indices
3.295 0.064 0.977 0.464 , 0.023 0.031 0.022 6.120 traces indices
— de potasse
— de chaux
— de magnésie
— de fer
Sulfate de soude
Chlorure de sodium
— de lithium
Silice ,
lodure et bromure
Arséniates ;
Total des sels
Avec l'acide carbonique libre
(Truchot, 1877
Les eaux bicarbonatées mixtes, c'est-à-dire sodiques et calciques, peu nombreuses sur ce tableau, pourraient Têtre beaucoup plus, si nous n'avions pas exclu de cette classe toutes celles qui ont une quantité trop faible de carbonate de chaux, ou
une proportion assez forte de chlorure de sodium pour appartenir à la classe suivante.
Les eaux bicarbonatées mixtes se rapprochent des •eaux de Gourpières; peu chlorurées, elles tiennent surtout des carbonates de soude et de chaux leur •caractère chimique et leur action thérapeutique ; plus efûcaces à combattre les dyspepsies atoniques •que les alcalines franches, elles s'adressent à l'état •catarrhal des voies digestives et surtout à certaines entérites chroniques avec diarrhée, chez les sujets lymphatiques ou scrofuleux.
Nous trouvons dans cette classe quelques sources de Châteauneuf et de Rouzat, dont les analyses accompagnent l'étude, la source deBeaulieu, celle de Saint-Myon, les deux sources de Ghaudefour, les trois sources du Ghambon et les quatre d'Église-Neuve.
Les eaux chloro-bicarbonatées sont si nombreuses en Auvergne, que leur minéralisation, échelonnée de 1 gramme à 8, nous offre la série la plus régulière ef la plus remarquable des eaux de cette classe. Du chlorure de sodiiim., du fer, souvent même de l'arsenic viennent avec leur action plastique, atténuer, sans les détruire, les propriétés altérantes et fluidifiantes des sels alcalins. Ges eaux répondent assez souvent, malgré leurs chlorures, aux indications de la médication alcaline ; elles sont danscescasprécieusespourles sujets lymphatiques, faibles, anémiques, qui auraient à redouter la débilité qu'entraîne souvent le traitement par les eaux alcalines fortes.
30 CLASSIFlCATIOxN.
C'est à ce titre qu'elles sont préférées pour combattre plusieurs manifestations arthritiques. Ces altérations pathologiques peuvent résister à un premier traitement, peuvent récidiver, mais les sujets qui les portent, affaiblis ordinairement par une diathèse qui jette le trouble dans les fonctions digestives, puisent toujours dans le traitement thermal une tonicité musculaire, une activité organique qui les ramènent chaque année vers ces sources bienfaisantes.
Les eaux chloro-bicarbonatées sont souvent indiquées dans les dyspepsies et autres affections du tube digestif qui ont pour cause ou pour effet l'anémie et la chlorose ; leur emploi, prolongé même, est toujours sans danger, car, loin de dépasser le but et d'affaiblir le sujet, les alcalins, unis au chlorure de sodium, sont des stimulants des fonctions digestives, et concourent avec le fer, la chaux et les autres principes toniques à relever les forces, en favorisant l'assimilation des aliments.
« Les eaux chloro-bicarbonatées réunissent, comm'e le dit Rotureau, les vertus des eaux chlorurées à celles des eaux franchement bicarbonatées sodiqu'es et c'est là leur caractère essentiel ; elles doivent donc être considérées comme les eaux alcalines des sujets chloro -anémiques, lymphatiques ou scrofuleux, chez lesquels certaines altérations viscérales, tributaires des alcalins, ne doivent pas faire oublier les éléments chlorurés et toniques que réclame impérieusement leur constitution. i>
Les eaux chloro-bicarbonatées thermales sont représentées par nos principales stations: Royat, Ghâtelguyon, Saint-Nectaire, Ghâteauneuf, Rouzat, etc. ; des analyses accompagnent chacune de ces études.
Les sources chloro-bicarbonatées athermales sont si nombreuses que nous avons cru devoir les diviser en trois classes : les légères, les moyennes et les fortes. Dans les eaux légères, nous trouvons : à Saint-Maurice, la petite et la grande source de la Chapelle ; àBromont, la source de Javel.
Dans les moyennes :
A Augnat, 3 sources dites deBarrége ; à Ghamalières la source des Roches ; à Glermont 16 sources ; à Coudes 2 ; à Gimeaux 3 ; à Médagues 4 sources dont celle de TOurs ; à Royat 5 ; à Châteauneuf 6 ; à St- Maurice 5 et à Manzat 3.
Dans les fortes nous avons aux Martres 5 sources, à St-Marguerite 3, à Châtelguyon 10 et à Saint-Nectaire 26.
Les analyses qui accompagnent Tétude de chaque station thermale donnant la composition de plusieurs eaux de cette classe , nous y renvoyons le lecteur.
Mais à côté de ces eaux si heureusement minéralisées s'en trouvent de, plus modestes que nous avons rangées dans la famille des ferrugineuses carbonatées. Plus de 40 sources en Auvergne appartiennent à cette classe. Généralement froides, souvent très-gazeuses, ces eaux paraissent plus agréables que les eaux chlorurées ferrugineuses qui
alimententnos principaux établissements thermaux; elles sont ordinairement bues sur place par les jeunes filles chlorotiques et les malades anémiques ou convalescents chez lesquels elles combattent Thypoglobulie, en favorisant la formation des hématies ; comme les précédentes, elles réveillent Tappétit, stimulent les fonctions digestives et rétablissent la nutrition.
Entraîné par le carbonate de chaux, le fer dans un grand nombre de ces eaux gazeuses se précipite dès qu'une partie de leur acide carbonique s'est dégagée. Plus heureuses cependant, quelques-unes conservent en bouteille leur limpidité et supportent sans altération l'expédition. Telle est, entre autres, l'eau de Renlaigue qui contient 8 centigrammes de carbonate de fer.
La classe des eaux ferrugineuses simples ou
crénatées ne comprend qu'une source, celle de Breuil près de Thiers qui contient 55 milligrammes de crénate et d'apocrénate de fer. Dans celles des carbonatées ferrugineuses, nous trouvons : à Besse 2 sources, àChauvrat, 2 autres; aux Martresde-Veyre, les sources duTambour, du Cornet, du Saladi et les fontaines Tixier et Mirand; à Saint-Diéry, les eaux de Renlaigue et de là Bonnette ; à Rochefort, 2 sources ; à Saint-Priest des Champs, 4, àVerrières, 3, et à Ariane, 1.
Quelques sources d'Auvergne sont du reste remarquables par leur richesse en sels martiaux : celle du' Puits-Loiselot dont nous donnons l'a-
nalyse au chapitre de Glermont contient jusqu'à 43 centigrammes de carbonate de fer par litre.
Mais nous sommes loin de crx)ire que les plus riches soient les plus actives. Quand en effet les préparations ferrugineuses sont assimilées, les doses les plus faibles sont toujours suffisantes et l'emportent de beaucoup sur ces masses pilulaires jndigestes qui ont fait longtemps la base de la thérapeutique martiale.
Notre savant professeur de thérapeutique, le D' tîubler, a donné aux eaux chloro- bicarbonatées ferrugineuses le nom de lymphe minérale^ tant leur composition se rapproche de celle du sérum sanguin.
Le bicarbonate de fer dans les eaux chlorurées sodiques d'Auvergne est supporté avec facilité par les estomacs les plus capricieux. La thermalité de plusieurs de ces sources est certainement pour Hiuelque chose dans cette tolérance, mais l'union du fer avec les autres éléments de leur minéralisation (chlorure de sodium, bicarbonates de soude et de chaux) en masque les efTets irritants e^ en double les efTets toniques. Nous avons souvent vu à Royat des malades, ayant contre tous les ferrugineux une prévention «légitimée par une irritation gastrique consécutive à l'emploi du fer, ne pas soupçonner la présence de ce métal dans des eaux qui en contenaient 5 centigrammes, et attribuer à tout autre sel les heureux efTets qu'ils retiraient du traitement.
Analyses des eaux fermi^neases bicarbonatées.