IV. — PRODUITS EXTRAITS DES EAUX MINÉRALES
Ces produits sont de deux sortes : 1° les sels que l’on extrait artificiellement; 2° les dépôts qui se forment pendant le parcours de certaines eaux minérales, ou leur séjour dans les réservoirs, et surtout plus souvent pendant leur chauffage par serpentinage dans les cuves destinées à cette opération pour l'administration des douches et des bains.
Les sels jusqu’à cette heure extraits des eaux minérales naturelles sont les caxbonates alcalins, surtout celui de soude, que l’on amène à l’état de bi-carbonates, sous lequel 1ls sont ordinairement dans les eaux, au moyen d’un courant d'acide carbonique.
- - Les dépôts jusqu’à présent recueillis sont de différentes na- - tures: tantôt ils ont pour bases des composés ferrugineux, comme à Forges, à Bussang, et alors ils sont rouges ocracés; tantôt on y. trouve des éléments manganésiens, à côté du fer, comme à Luxeuil, à Vittel près de Contrexeville, et dans ce - cas les dépôts sont noirs ou d’un brun rougeâtre; tantôt enfin, comme à Neyrac dans PArdèche, à Hammam-Mescoutine en Algérie, les dépôts sont blanes et nankin, et sont ordinairement riches en carbonates, sulfates, silicates, arséniates, phosphates ter- reux, etc., unis à du fer en proportion variable.
Avec ces divers éléments ainsi obtenus, soit sels, soit dépôts, on fabrique des pastilles, des tablettes et des dragées, et de cette manière on transforme les eaux minérales en véritables préparations pharmaceutiques. Les plus connues de ces préparations sont les pastilles de Vichy, celles de Bussang, de Pougues, de Forges-les-Eaux de Bonnes, les dragées de Vittel, ete., qui toutes rappellent le principe minéralisateur domi-
nant dans la source dont elles portent le nom.
Enfin certaines eaux minérales contiennent, comme celles de
Néris et d'Évaux dans la Creuse, des substances de nature organiqne ou pseudo-organique dont nous parlerons dans un autre chapitre *. Ces conferves diverses, surtout la glairine etla sulfuraire, sontappliquées topiquement par les habitants des pays où existent ces sources, et quelques médecins, frappés de cette
- pratique heureuse, proposent de tirer enfin parti, soit pour l’intérieur, soit pour l'extérieur, de ces matières, qui, dans un état particuher, renferment des principes iodés, bromés et sulfurés. Mais jusqu'à présent aucune indication n’a été fournie, sauf, nous le.répétons, les cataplasmes qu’en fabriquent les paysans.
1 Voir les Eaux sulfurées.