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SCROFULE

On a dit que la scrofule était l'exagération du tempérament

lymphatique ; il en est ainsi en effet dans la très-grande majorité des cas, surtout pour la scrofule puisée dans le sein de la mère; mais il est quelques exceptions à faire pour la serofule acquise dont on rencontre des manifestations sur des tempéraments pléthoriques.

Comme on doit le pressentir, les origines de la serofule sont diverses ; la maladie est tantôt congénitale et tantôt acquise; les causes de la scrofule congénitale sont l’hérédité, les mariages entre consanguins et les mariages mal assortis sous le rapport de l’âge des époux, les circonstances débilitantes, physiques ou morales, qui ont accompagné la formation et le développement du germe, la syphilis chez les parents, etc., etc. Les causes de la scrofule acquise rentrent toutes dans la violation des lois de l'hygiène et se résument dans un ensemble de conditions que caractérise surtout l'insuffisance de l'air et de la lumière.

Dans sa période d’acuité, la scrofule appartient essentiellement à l’enfance; rarement apparente avant cinq ans, elle se développe à cet âge, se continue jusqu’à quinze ans, vingt ans au plus, et s’efface alors progressivement pour disparaître avec la vicillesse ; mais après la cessation des phénomènes aigus, si je puis ainsi dire, l’organisme n’en a point fini avec l'affection scrofuleuse, car la diathèse existe toujours et s'impose à toutes les manifestations de la vie.

Il n’est donc pas d’affection qui, plus que la scrofule, soit tributaire des eaux minérales, d'autant mieux que la médication comprend ici tous les éléments modificateurs qui se rencontrent aux établissements thermaux, conditions hygiéniques et propriétés médicales des eaux.

Nous n'avons pas à nous occuper ici des conditions hygiéniques dont les principales, au point de vue qui nous occupe, celles qui dépendent de l'air et de la lumiére, se rencontrent dans presque toutes les stations thermales; mais nous dirons seulement que les circonstances relatives aux climats, et par suite aux saisons, doivent être prises en considération pour le choix d’une station thermale; ainsi on évitera les pays froids et humides et

l'on donnera la préférence aux contrées méridionales et aux saisons chaudes, où Pair est plus pur et par conséquent plus vivifiant, Cependant, même en dehors de ces circonstances plus favorables, le passage seul d’une hygiène déplorable à des conditions meilleures, suffit pour modifier heureusement la diathèse scrofuleuse et pour en enrayer les manifestations, comme on peut s'en convaincre sur les enfants que l’administration de l’assistance publique de Paris envoie chaque année à Forges (Seine- Inférieure) où l’amélioration obtenue ne peut s’expliquer exclusivement par la composition chimique des eaux, mais bien par cet ensemble de bonnes conditions hygiéniques dont ces malhéureux sont privés dans les infimes taudis que leurs parents occupent dans les quartiers les plus sombres ei les plus infects de la capitale.

Après cette part large et légitime, qu’il eonvient de faire à ‘hygiène dans le traitement de la scrofule, il faut tenir compte de la composition chimique des eaux dont l’action médicale est Join d’être indifférente dans la thérapeutique de la scrofule.

Un grand nombre d’eaux minérales se disputent l'honneur de la médication scrofuleuse; mais l'expérience s’est depuis longtemps prononcée en faveur des eaux chlorurées sodiques au nombre des quelles nous avons placé les caux de la mer, et les eaux mères des salines; puis viennent les eaux sulfurées qui, sans s'adresser directement à la diathèse secrofuleuse, répondent à une série assez importante de ses manifestations ; enfin se présentent des sources,en assez grand nombre, à composition différente, dont l’action bien manifeste paraît due à la présence de l’iode dans leurs eaux.

Ainsi donc, en mettant de côté ces dernières sources qu deviendraient à coup sûr les plus importantes si leur caractéristique pouvait être l’iode, nous avons à opposer à la serofule deux sortes d'eaux, les salines et les sulfureuses, qu’il ne faut cependant pas confondre ; car, nous le répétons, les premières s'adressent à la diathèse scrofuleuse qui frappe Forganisme d’une altération radicale et universelle, et les secondes à une série de manifestations qui ont le syslème cutané pour siége.

Il importe donc, avant d'aller plus loin, de peindre en quelques mots la physionomie pourtant si compliquée de la scrofule,

Avant de se traduire par des phénomènes plus ou moins graves, la diathèse scrofuleuse se dessine dans des habitudes assez caractérisées pour former une constitution spéciale, la constitution serofuleuse; ces habitudes sont: pour le physique, mollesse et flaccidité des tissus, accroissement difficile, cheveux blonds, yeux grands, saillants, bleus, peau très-polie, d’un blanc pur, pâleur et grosseur des lèvres; cou court et gros, embonpoint sans issure: pouls mou; dartres et autres éruptions irrégulières et très-opiniâtres; du côté du moral, paresse, insouciance, dégoût, penchant au sommeil, nonchalance dans les actions, prononciation lente et difficile.

Mais la maladie ne se borne pas à cette physionomie, à cette exagération du tempérament lymphatique; elle s’aceuse par des phénomènes morbides variés dont les principaux sont dans l’ordre de fréquence : 1° engoïgements ganglionnaires, 2° engorgements celluleux et abcès froids, 3° exostoses, caries et autres lésions du système osseux, 4° différentes affections de la peau.

Les engôrgements ganglionnaires sont les accidents par excellence de la serofule, ils en sont comme la caractéristique ; ceux du cou, les plus fréquents, sont connus sous le nom d’écrouelles; formant quelquefois par leur réunion des masses énormes tantôt d’un côté seul et tantôt des deux côtés du cou, ces tumeurs s’enflamment souvent d’une manière plus ou moins active et finissent par entrer en suppuration et par former des ulcérations très-longues à guérir et qui laissent après elles des cicatrices plus ou moins difformes.

Les ganglions des aisselles et des aines peuvent subir les mêmes altérations que ceux du cou. |

Les engorgements celluleux sont des tumeurs qui se forment dans différentes parties du corps, sur'le tronc, dans le trajet des membres, et qui, d’abord petites et fermes, grossissent, s’enflamment, se ramollissent du centre à la circonférence et donnent naissance, comme les ganglions engorgés, à une suppuration qui, sans parler des fistules qu’elle détermine, laisse, en s’ouvrant

DE LA FRANCE ‘359 une issue au dehors, des ulcérations également très-longues à guérir.

Les affections osseuses dont la scrofule est la cause, sont la carie, la tuberculisation, l’exostose, la tumeur blanche, sur les quelles nous ne pouvons nous SpResAUE iCi sans sortir di cadre de cet ouvrage.

Quant aux maladies de la peau, la scrofule peut revêtir à peu près toutes les formes des dartres ; mais il en est une qui lui est particulière, le lupus, la dartre Re ce qui, pour beaucoup d'auteurs, lui emprunte son nom de scrofule cutanée.

Cette dartre, la plus redoutable de toutes, est caractérisée à son début par des indurations plus ou moins marquées de la peau avec une coloration rouge foncé et suivie plus tard d’ulcères difficiles à guérir. Son siége le plus fréquent ést à la face, surtout vers les joues et au nez; il n’est pas rare pourtant de . l’'observer au cou, aux membres inférieurs, sur les fesses où il prend plus particulièrement le nom de scrofule cutanée.

C’est contre cette série des manifestations de la scrofule, dont le Zupus est la forme la plus redoutable, que sont employées les eaux sulfureuses.

Les eaux chlorurées sodiques et les eaux mères des salines, s'adressent à tous les accidents de la maladie et conviennent surtout aux maladies du système osseux.

Enfin, les sources qui contiennent de l’iode n agissent guëre, eu éd à la faible quantité d’iode qu’elles renferment, que sur les engorgements glanduleux avec où sans suppuration ; cependant eette règle n’est pas absolue, car nous avons vu les eaux de Pougues modifier heureusement une affection scrofuleuse des os chez un enfant de dix ans, que nous avait adressé M. Nelaton: DER | :

Nous avons donc ici trois séries d'eaux minérales qui répondent, chacune, à des manifestations diverses de la diathèse scrofuleuse, et parmi lesquelles il sera facile de choisir après les considérations que nous venons de présenter.

Les -stations thermales les mieux autorisées pour chacuné de ces séries, sont :

EAUX CHLORURÉES SODIQUES : Salins, la Bourboule, Suint- Nectaire, Balaruc, Lamotte, Bourbonne, Bourbon-L'Archambault, Bourbon-Lancy, Lureuil, Niederbronn, Uriage, tous les bains de mer et toutes les salines.

EAUX SULFURÉES : Bagnoles, Luchon, Baréges, Eaux-Chaudes, Ar, Amélie, Gréoulx, Digne, Enghien.

EAUX DIVERSES : Charbonnières, Cransac, Pougues, Rennes, Royat, Vals, Vic, Vichy.

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