‹ Les eaux minérales de la FranceChapitre 24 sur 173 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

Les bases diverses, alcalines, terreuses ou métalliques que l'analyse signale dans les eaux minérales, ne s’y trouvent que par suite de l’action de certains acides sur des minéraux décomposables.

Par conséquent ces bases, commandées, pour ainsi dire, par les acides, ne les peuvent primer, et doivent, dans une celassification méthodique, laisser les grandes divisions aux acides.

Quels sont done ces acides, ou plutôt quels sont les corps qui, en se combinant avec l'oxygène ou l'hydrogène, forment ces acides ?

Dans l'immense majorité des eas, ces corps sont : le soufre, le carbone et le chlore. On pourrait done commencer par établir trois grandes classes d’eaux minérales, qui seraient :

4° Eaux minérales à principe de souffre.

2° Eaux minérales à principe de carbone.

3° Eaux minérales à principe de chlore.

Aucun de cestrois corps n’éxiste à l’état simple dans les eaux minérales. Ils s'y trouvent combinés soit avec l’oxygène ou l'hydrogène sons forme d'acide; soit avec d’autres corps simples ; soit avec des bases sous forme de sels.

Les acides de soufre sont au nombre de trois, dont deux sont dus à l’oxigène (acide sulfureux et acide sulfurique) et le troisième à lhydrogène (acide sulfhydrique, hydrogène sulfuré). Les deux premiers existent rarement à l’état de liberté dans les

eaux minérales ; l’hydracide $ y rencontre plus souvent, soit en liberté, soit en dissolution à l’état de sulfure.

L'acide de chlore, acide echlorhydrique, est dans les eaux minérales encore plus rare que les acides de soufre. Cependant M. de Humboldt l’a trouvé dans les eaux thermales de Chucandiro, de Guinche, de Saint-Sébastien et de plusieurs autres points situés entre Valladolid et le lac de Cusco, au Mexique.

L’acide de carbone, acide carbonique, est incontestablement celui qui se montre le plus fréquemment à l’état de liberté dans les eaux minérales. Pour quelques-unes, même, il constitue à lui seul le principe minéralisateur. Nous dirons tout à l'heure le cas que nous faisons de ces eaux, et la place que nous leur

donnons dans notre nomenclature.

‘Passons donc aux composés binaires autres que les acides ct aux composés quaternaires ou les sels.

Nous-aurons donc :

| les sulfures,

| les sulfates.

les carbures, les carbonates.

les chlorures, | les chlorates. k

L'analyse chimique n’ayant pas rencontré jusqu’à présent des carbures et des chlorates, il ne reste donc que quatre grandes classes d'eaux minérales qui sont :

1° Les eaux sulfurées.

2° Les eaux chlorurées.

3° Les eaux sulfatécs.

4° Les eaux carbonatées.

Les subdivisions seront maintenant établies d’après les corps simples, ou les bases qui s’uniront à l’un de ces quatre composés.

Cependant quelques eaux ont des propriétés médicales tellement tranchées qu’elles doivent à la présence d’une base, qu'il est indispensable, dans un ouvrage de la nature de celui-ci, de se départir un instant des lois que nous avons suivies, et de

Pour le soufre :

Pour le carbone.

Pour le chlore :

faire une nouvelle classe, purement thérapeutique, à côté des autres classes que nous a indiquées l’analyse chimique.

Nous voulons parler des eaux minérales ferrugineuses.

On a proposé aussi, obéissant aux mêmes errements, de donner à la présence de liode, du brome et de l'arsenie dans quelques eaux minérales l'importance que tout le monde accorde à celle du fer, et d'établir ainsi des eaux iodurées, des eaux arsenicées et des eaux bromurées ou bromo-iodurées.

Dans l’état actuel de la science, il nous est impossible d’admettre ces divisions, car il n’a point encore été démontré d’une manière certaine quelle est la part qu’il faut attribuer à l’iode, à l’arsenic et au brome, dans l’action des eaux minérales qui les contiennent.

Mais à côté des eaux minérales qui renferment des principes abondants, bien définis par l’analyse chimique, il est des sources si pauvres en éléments minéralisateurs, qu’elles n’ont, au point de vue chimique, aucune différence avec l’eau potable ordinaire; et cependant l’action thérapeutique de ces eaux-est incontestable et il suffit de citer Bains, Contrexeville, Plombières, etc.

Les unes semblent agir par leur thermalité, comme celles d'Aix en Provence ; les autres, par l’acide carbonique qui s’en dégage en grande quantité, telles sont les eaux de Seltz et de Saint-Galmier; d’autres enfin échappent à toute explication physique ou chimique, et paraissent devoir leurs vertus médicales à quelques-unes de ces circonstances mystérieuses dont a nature, pour ne pas perdre sa supériorité sur nous, garde à tout jamais le secret.

Bien évidemment, il faut que toutes ces eaux dont l’action thérapeutique est certaine se retrouvent dans le cadre qui nous est imposé. Nous guidant tout à la fois sur la prédominance, quelque faible qu’elle soit, d’un élément minéralisateur, et sur l’analogie de leurs effets thérapeutiques, nous avons ouvert à ces eaux la porte de celles de nos divisions qui les pouvaient recevoir sans compromettre la caractéristique de leur composition chimique. |

En résumé, nous avons formé cinq grandes classes d’eaux

minérales se subdivisant elles-mêmes, d’après les combinaisons

de leurs principes constitutifs, en huit genres dont voici le tableau:

1° Eaux sulfurées : | RINCE pouce

sulfurées calciques.

2° Eaux chlorurées : chlorurées sodiques.

sodiques, 3° Eaux sulfatées :. magnésiques, | calciques.

| à sodiques .4° Eaux carbonatées : Ar calcaires.

5° Eaux ferrugineuses.

Étudions maintenant chacune de ces classes d'eaux minérales au point de vue de la thérapeutique générale.

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