INFLUENCE DU NIVEAU DE L'ORIFICE
qu'au 27 à midi; le même jour à minuit, il tombait à 720 mètres cubes, et persistait jusqu'au 1*' octobre.* Du 1^' au 3 octobre à six heures du soir il s^abaissait successivement jusqu'à 634 mètres cubes, produit qui s*est maintenu sans variation jusqu'au 12 à minuit, où Ton a constaté le débit minimum, 605 mètres cubes'.
§3. — INFLUENCE DU NIVEAU DE l/ORIFICE SUR LE DÉBIT DES SOURCES
Pour un même instant, le volume d'une source augmente ou diminue suivant qu'on a baissé ou qu'on élève son orifice d'écoulement. Quoique le fait soit général, je rappellerai les observations relatives au puits de Passy. Le 28 octobre 1861, à midi, lorsque l'eau coulait au niveau du sol, c'est-à-dire à Taltitude de 53 mètres, son débit était de 15800 mètres cubes par 24 heures. Le même jour, à quatre heures du soir, l'altitude ayant été portée à 72",70, le débit se réduisit à 4170 mètres et, plus tard, se releva progressivement, de façon à atteindre le 51 le volume de 8200 mètres cubes qu'il a conservé. D'après une relation établie par Darcy, l'altitude où l'eau de Passy n'aurait plus la force de couler est de 128 mètres; c'est ce que Belgrand a appelé \e point hydrmtor tique. Or, l'altitude des localités où se font les infiltrations d'eau pluviale, dans les grès verts, diffère très peu de cette cote 128 mètres.
Le forage d'un puits artésien a donc pour effet de réduire considérablement, non seulement le débit, mais aussi la hauteur du point hydrostatique'.
1 Belgrand. Eaux nouvelles, p. 502.
' Et sans qu'il y ait eu changement de niveau, on a constate dans le débit des puit<
148 OBSERYATiONS RELATIVES AU RÉGIME.
Le percement sous la Hanche des galeries d'exploration du tunnel anglo-français a donné lieu à des observations du même genre. 11 est d'abord à remarquer qu'en général Teau salée ne s'infiltre pas profondément dans les roches sousmarines : les nappes aquifères de celles-ci sont essentiellement douces. Cela résulte du courant d'eau douce dont la pente, allant de l'intérieur du continent vers la mer, refoule Taccès de l'eau salée. Dans la galerie qui a été percée sous la mer, les sources principales étaient douces, l'eau salée n'y affluant que très faiblement, sans doute par des diaclases partant du fond. Dans la galerie pratiquée à partir de Sangatte, le maximum de venue, à l'heure de la haute mer, était de 2100 litres à la minute et le minimum à la basse mer de 1906 litres. L'action des marées sur les venues d'eau de la galerie sous-marine était pour ainsi dire instantanée.
Quoique d'une toute autre nature, les oscillations des eaux souterraines des mines de lignite de Dux, en Bohême, peuvent être mentionnées. Le 10 février 1879, les travaux d'exploitation furent partiellement noyés aux dépens de la principale source thermale de Teplitz, située dans le voisinage, et qui avait momentanément tari, à la consternation des habitants. Dans plusieurs puits de Dux, l'eau s'éleva sur des hauteurs dont l'eau atteignait 59 mètres, menaçant de faire éruption. Elle parut jaillir d'une fissure du porphyre et avait un volume qu'on a évalué à 800 000 mètres cubes. M. l'ingénieur Klônne y a signalé un mouvement de flux et de reflux que M. Guilio Grablowitz, d'après leur concordance avec les mouvements luni-solaires, a cru pouvoir expliquer par l'attraction directe du soleil et de la lune sur la partie solide de la terre *.
de Passy et de Grenelle des Tariations que M. Hervé Mangon a reconnu être en rapport avec la quantité de troubles charriés. Belgrand, Eaux nouvellest p. 303. * Lagrangc. Annale* de chimie et de phytique, 1881.