INFLUENCES DIVERSES
% A. — DCFLUEMGES DIVERSES
A part Texemple de Sangatte que nous venons de citer, l'influence des marées sur le volume de bien des sources et sur des puits voisins du littoral est bien connue. Elle se fait même sentir sur le débit et le niveau de certains puits artésiens, comme Arago Ta signalé pour celui de Noyelle-sur-Mer.
On a annoncé une relation entre la pression barométrique et le débit de sources, de puits et de venues d'eau dans les mines.
Quant à l'influence de cette même pression sur les sources poussées par la force de gaz ou de vapeur, elle est évidente à priori, et on peut citer le Slromboli comme un exemple classique de cette relation. D'après M. Meneghini, le régime des soffionis est soumis à la même influence.
L'intermittence des sources, quelle qu'en soit l'origine, est aussi de nature à éclairer le régime des eaux souterraines. Souvent cette intermittence est due à un simple mécanisme de siphon. Dans d'autres cas se manifeste clairement la tension intérieure de l'acide carbonique, auquel l'eau est associée souterrainement, comme Moeggerath l'a signalé lors du forage de Neuenahr.
La vapeur d'eau détermine aussi des phénomènes d'intermittence rappelant ceux qu'elle produit sur les geysers. C'est ce que Ton voit dans un certain nombre de sources à peu près bouillantes, qui projettent de temps à autre des colonnes d'eau. Il y en a de telles dans le sud de la Californie et dans le Nevada. On en connaît dans le Parc national de Yellowstone qui, à des intervalles de 3 à 5 minutes, deviennent explosives et lancent des colonnes de vapeur
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imprégnées d'hydrogène sulfuré et d'acide carbonique.
Le régime du lac bouillant de la Dominique, dont les projections d'eau sont accompagnées d'un bruit comparé à celui d'une décharge d'artillerie, se rattache au même méca* nisme.
La soufrière de Sainte-Lucie, d'une altitude d'environ 1000 mètres, occupe une surface d'environ un hectare, dans laquelle 14 entonnoirs sont dans un état d'ébuUition constante et font jaillir Teau à la hauteur de plus de 4 mètres.
D'après M. Kuwabara, au Japon, dans la province d'Itzu, les sources chaudes d'Atami et environs jaillissent à proximité de trachytes et de conglomérats ponceux. La source principale Ohu est intermittente et fait éruption trois fois par jour, à des intervalles de temps égaux. Immédiatement avant chaque éruption, elle lance avec bruit une grande quantité de vapeur d'eau; puis l'eau jaillit pendant environ 30 minutes. Ces sources sont situées à 30 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer et paraissent par leur composition dériver de l'eau de l'Océan.
Dans la même catégorie, on peut encore citer les jets d'eau bouillante dits Aguas Galientes, près San Luis Potosi, au Mexique; le volcan dit Agua, dans le Guatemala, et, d'après M. Medlicotl, le volcan de boue de l'île Ramri, sur la côte de l'Arakan.
Très fréquemment, les tremblements de terre apportent une perturbation parfois très grande, mais en général momentanée, dans le régime, la température, et la composiiondes sources. Tantôt elles diminuent ou tarissent, tantôt elles deviennent plus abondantes, tantôt enfin il se forme des sources nouvelles, accompagnées assez souvent de sables et de boues, ainsi que de vapeurs et de gaz. On conçoit que les réservoirs souterrains, comprimés par les secousses, jaillissent au dehors. Lors du tremblement de terre d'Àgram
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de 1880, il se produisit, d'après M. Hantke, à Reznick, une crevasse d'où il sortit de la boue qui s'accumula autour des ouvertures ou petits cônes cralériformes, rappelant les volcans de boue. Le tremblement de terre de Toscane du 14 juillet 4846 provoqua des jets d'eau bourbeuse et bouillante à Lorenzo et à Taina.
Dans la série très intéressante des observations faites chaque jour sur les trépidations du sol, en de nombreux points de l'Italie et de la Sicile, M. de Rossi a signalé souvent des changements de niveau dans les eaux des puits et des sources, suivant lui en rapport avec les mouvements seismiques.