‹ Les Eaux Sulfatées des Pyrénées FrançaisesChapitre 12 sur 40 · PAS RS · texte numérisé non relu

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> La source principale a été captée par les Romains: un griffon assez abondant est capté, non sur la roche en place, mais sur un terrain brécheux; l’eau suit par sa force ascensionnelle le trajet d’un tuyau qui l’élève jusqu’à la buvette.

À côté de cette source, M. Garrigou a fait le savant captage des sources Verdier qui, aujourd’hui, ont disparu, et sur l’emplacement du petit établissement qu'elles alimentaient, on est à même d'aménager des pelouses.

Siradan. — Ainsi que l’a montré M. Garrigou en 1871 (Monographie de Luchon), une fracture, avec faille, a mis en contact les terrains les plus anciens, silurien in-

Géologie de la région de Siradan.

férieur, avec les calcaires secondaires et le trias. Dans cette faille est-ouest naissent les eaux de Siradan et de Sainte-Marie. La faille est limitée au Sud par les terrains anciens et au Nord par les terrains secondaires. On voit à la base de ces derniers des pointements d’ophite.

La source du Lac est la principale. Elle a été captée par M. François dans les terrains meubles des pentes et

LT pus elle a présenté, à un moment déterminé, un singulier phénomène, il y a quelques années à peine. Sous l’influence d’un tremblement de terre elle s’est perdue, dit-on, et a reparu quelques jours après avec ses mêmes qualités. |

L'eau s'élève par sa force ascensionnelle dans des tubes; une partie de l’eau va alimenter la buvette par des tuyaux partant du tube d’ascension; la plus grande partie se déverse par l'extrémité du tube, dans un réservoir où la puisent des machines élévatoires et elle va de là, alimenter les bains.

Ussat. — Des griffons d’eaux minérales sont échelonnés le long des parois de la vallée, sur les deux rives de l’Ariège, sur une longueur de r kilomètre environ. Les couches jurassiques du Lias ont été ouvertes et cassées en forme de V, et c’est du fond de ce V et des

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LA Nes bords inférieurs que surgissent les naissants d’eau minérale.

Au-dessous du lias existe à coup sûr le trias gypsifère et accompagné d’ophite. Ce terrain est visible sur plusieurs points de la vallée, vers le Nord-Ouest, surtout à Arignac et vers l'Ouest à Baïillères. La direction générale de la vallée à Ussat court aux environs de Nord 30°. Ce sont des fractures ainsi dirigées qui ont servi d’issue principale aux eaux minérales d’Ussat. Mais, en oùtre de ces fractures, on en remarque de très nombreuses, qui ont formé des surfaces de glissement dans le lias et qui se dirigent vers le Nord-Est. Ces deux systèmes de fractures s’entrecroisent souvent dans les grottes de la région, surtout dans la grotte des Echelles.

Tout le fond du grand V, qui constitue à Ussat la vallée de l'Ariège, est rempli par un alluvion sableux à niveaux multiples de cailloux roulés. Les sources thermales le traversent de bas en haut.

Trouvant une éponge perméable constituée par les alluvions sableux, les sources chaudes s’épanchent dans toute l’épaisseur et dans toute l’étendue de la masse. Aussi on les retrouve très facilement lorsqu'on fait des fouilles à 3 ou 4 mètres de profondeur sur les deux rives de l’Ariège, le long de la montagne. Sur la rive droite, il y avait autrefois le grand établissement et les bains Louet ; sur la rive gauche, on avait cherché à exploiter les eaux chaudes en cinq points différents, entre l’hôtel Pélissié et les bains Sainte-Germaine.

Les sources primitives, au moment où elles furent données à l’hospice de Pamiers, en 1787, alimentaient douze baignoires constituées par des dalles de schistes plantées en terre ; le fond était constitué par le sol caillouteux, à travers lequel l’eau minérale montait directement dans les archaïques piscines. Des murs grossiers et des toits primitifs abritaient chaque bai gnoire.

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En 1840, le docteur Félix Vergé, médecin inspecteur des eaux d’Ussat, prit l'initiative pour faire subir une transformation à la station. À cette époque l’état d’équilibre des eaux chaudes dans les alluvions était instable. L'expérience de tous lés jours avait, depuis bien des années, mis en relief trois faits principaux relatifs à l’allure des sources d’Ussat. On avait remarqué : 1° que pendant les grandes crues de l’Ariège et à l’époque des hautes eaux, les baignoires ne contenaient que de l’eau froide ; 2° que pendant la saison des basses eaux, l’eau chaude arrivait bien aux baignoires, mais en quantité minime et ne les remplissait qu’en partie ; 3° que lorsque les baignoires étaient suffisamment alimentées en eau chaude, l’Ariège se maintenait à un niveau Constant.

On appela M. Jules François, jeune ingénieur des mines de Rancié ; après avoir suivi par lui-même l’allure des sources chaudes et compris le mécanisme de leurs changements de niveau, il conçut immédiatement un plan d’action pour éviter de si grands inconvénients. M. François fit comprendre : 1° que les mouvements d’élévation et d’abaissement des eaux chaudes étaient dus aux infiltrations plus ou moins abondantes des eaux de l’Ariège; 2° que pour maintenir les eaux chaudes à un niveau constant, il fallait aussi maintenir les eaux froides d'infiltration à un niveau constant.

Nous avons emprunté les coupes suivantes au mémoire de M. Garrigou intitulé : « Excursion aux eaux minérales et potables de la vallée de l’Ariège et du Lhers » (Revue des Pyrénées, 1892).

La première coupe montre l’Ariège très haute et la nappe d’eau chaude s’écoulant vers les baignoires, refoulée vers la montagne.

La deuxième fait voir l'Ariège à l’étiage, l’eau chaude s'écoule bien vers le talweg de la vallée, mais le fond seul des baignoires est léché par la partie supérieure de la nappe d’eau chaude.

Baignorres

Ariege ay dessous ‘de | etage

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Ariege au niveau moyen

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Reservoir de distribution de l'eau aux bargnoires

Canal hyérostatique

Rapport des crues de l'Ariège et de la nappe d’eau chaude,

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La troisième coupe représente l’Ariège à son niveau le plus constant et la nappe d’eau chaude s’écoulant vers la rivière, mais ayant un niveau plus élevé que dans le cas précédent, elle alimente largement les baignoires.

Le plan de M. François fut d’entourer les naissants d’eau chaude d’un barrage d’eau froide, à niveau constant, de manière à les mettre à l’abri des surélévations et des abaissements des infiltrations de l'Ariège.

La quatrième coupe montre le plan des travaux exécutés.

M. François profita d’un barrage de l’Ariège à deux kilomètres environ en amont d’Ussat et destiné à alimenter le bief d’un vieux moulin; il amena l’eau du canal de fuite de ce moulin jusqu’à l'extrémité sud des anciens thermes. Le niveau de ces eaux étant supérieur à celui de l'Ariège et à celui de la nappe chaude, il put, en faisant des saignées dans ce canal et au moyen de rigoles souterraines creusées dans l’intérieur de la montagne et perpendiculairement à la vallée, inonder d’une manière permanente tout le sous-sol alluvien, perméable, dans lequel s’épanchaient les eaux chaudes.

L’'écoulement de l’eau froide étant permanent et à niveau constant, il s'établit dans le sous-sol de la montagne un équilibre constant entre les eaux chaudes et les eaux froides. Par cet artifice, la masse d’eau minérale fut concentrée au-dessus de ses naissants et refoulée vers la roche en place à un niveau maximum toujours supérieur à celui des eaux de l'Ariège. Dans ces conditions, on creusa perpendiculairement à la vallée, derrière les anciens thermes, des galeries d’amenée pour aller atteindre l’eau chaude dans sa nouvelle situation et pour la conduire sur le lieu d'exploitation. Ce travail permit de constater qu'on avait séparé la nappe d’eau minérale en eaux chaudes, eaux tièdes et eaux froides ; on n’utilisa que l’eau chaude pour l’établissement construit à neuf,

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Dans les établissements Saint-Vincent et Sainte- Germaine, les sources émergent des alluvions qui sont, comme sur la rive droite, perméables aux infiltrations de la rivière ; le débit en est amoindri et la température diminuée.

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