‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 103 sur 397 · Annonces..., an IX, p · texte numérisé non relu

Annonces..., an IX, p

du Roi », titre dont hérita son frère Jérémie Delaroue et qu’un de ses neveux continua de porter jusqu’à la Révolution. Lui-même, qualifié « marchand ordinaire de la Cour », livra principalement au Garde-meuble des lustres et des girandoles. Ses fournitures comprenaient en outre quelques ébénisteries \ et surtout des meubles de toilette qu’il vendait garnis de précieux ustensiles de porcelaine, de cristal et de vermeil. En 1771, il dirigea l’exécution d’un magnifique cabinet à bijoux, commandé par Louis XV pour le mariage de la comtesse de Provence. Ce cabinet, construit en chêne, avait la forme d’un grand coffre à contours bombés que flanquaient des pilastres en consoles et que surmontait une couronne héraldique. Tout le bois apparent offrait des sculptures dorées ; le reste du fût était recouvert de velours cramoisi brodé d’or. Il reposait sur quatre pieds en gaine reliés par des traverses portant un vase fleuri entre deux figures d’enfants qui symbolisaient l’Hymen et l’Amour2. Delaroue était aussi fournisseur du comte d’Artois, qui lui fit réparer des marqueteries de Boulle et lui commanda de très beaux meubles en bois de rapport 3. L’un de ces ouvrages, destiné à la chambre du prince dans le pavillon de Bagatelle, se composait de deux écoinçons entre lesquels glissait une table mobile pouvant servir de toilette ou de bureau ; les trois pièces étaient revêtues de mosaïques en bois bleuet richement garnies de bronzes à sujets guerriers. Pour les petits appartements du Temple, Delaroue livra de superbes commodes ornées de porcelaine. La comtesse d’Artois lui demanda, pour son boudoir au même palais, une table décrire en bois satiné, dont la décoration comportait des médaillons de tôle peinte, représentant des figures dansantes d’après l’antique.

DELASSON, ancien officier des chasses du prince de Conti, retiré à Paris, dans l’hôtel du prieuré de Saint-Martin-des-Champs, rue de Breteuil, occupa ses loisirs entre 1766 et 1790 à confectionner des marqueteries en paille de couleur imitant les travaux des ébénistes4. Il ornait de cette manière non seulement de menus objets comme des boîtes ou des écritoires, mais aussi des meubles de fantaisie qui se vendaient surtout à l’époque des étrennes. On trouvait chez lui, d’après ses réclames, « des commodes à la Bourgogne, des bureaux de dame, des chiffonnières galantes, des tables badines à écrire ou à coudre, des toilettes, des secrétaires, des encoignures, des écrans à pied et toutes sortes d'autres jolis morceaux méritant les suffrages

des curieux... ». Ces ouvrages de paille devaient être fort agréables dans leur fraîcheur. On

en trouve parfois des spécimens assez bien conservés, comme une petite table-rognon, décorée de fleurs et d’oiseaux, qui faisait partie de l’ancienne collection Aubert s.

DELAUNAY (Jean), menuisier en meubles, fit enregistrer ses lettres de maîtrise à Paris, le 13 novembre 1764 6. Il demeurait rue Saint-Martin, où il mourut en avril 17787. On a relevé son estampille J. DELAUNAY sur des sièges de bonne fabrication courante, parmi lesquels quatre petits fauteuils, dans le style de transition Louis XV àLouis XVI, que Mme la vicomtesse de Banville possède au château de Rosel en Normandie.

1. Arch. nat. O1. 2869 à 2887; O1. 3314; O1. 3617 à p. 3589; 1790, p. 4095 ; — Journal de Paris, 19 déc. 1780,

3631. 26 déc. 1781, etc.

2. Id. O1. 3031, 11. 5. Vente à Paris, 4 juin 1921,11° 77 du catalogue.

3. Id. R1. 321 à 335. 6. Arcli. nat. Reg. des Maîtrises. Y. 9328 et 9330.

4. Annonces, Affiches et Avis divers, passim. et notam. 1768, 7. Journal de Paris, 18 avril 1778; Annonces, Affiches et Avis

p. 976 ; 1771, 5 déc. ; 1777, p. 22; 1785, p. 3468; 1788, divers, 1778^.607.

DELAURIER, maître ébéniste à Strasbourg, était syndic de la corporation des menuisiers français de cette ville en 1775 fi

DELBOUIELE tenait, sous le Directoire, fabrique et magasin de meubles au faubourg Saint- Antoine, rue de la Roquette, n° 2. Sa maison, transférée dans la suite rue Traversière, existait encore en 18251 2.

DELENONCOURT (Joseph), menuisier parisien, appartenait à une famille d’artisans du métier. Après avoir gagné la maîtrise le 7 juillet 1 764 3 , il s’établit rue Neuve-Saint-Laurent, où il travaillait encore au début de la Révolution. Dans les réserves du Garde-meuble se trouve un fauteuil canné, de style Louis XV, qui porte sa marque: J. DELENONCOURT4 5 6 * *.

DELETTRE (Tean-Jacques), menuisier parisien, maître depuis le 22 octobre 1782 fi habita successivement rue Basse-Villeneuve et rue du Faubourg Saint-Denis, dans le passage du Boisde-Boulogne, jusqu’en 1792. Il fit des ouvrages pour les frères Presle, tapissiers renommés é.

DELION. — Un ébéniste de ce nom répara des meubles pour le service du Roi au château de Choisy, en 1785 fi

DELION (Jean), maître menuisier à Paris, florissait dans la première moitié du règne de Louis XV. On lui doit de jolis sièges signés I. DELION en grandes lettres, ou J. DELION en plus petits caractères. Un tabouret de forme oblongue, provenant de son atelier, faisait partie de l’ancienne collection du baron L. d’Ivry.

Claude, fils du précédent, reçu maître menuisier le 2 1 juillet 1 757 fi décéda dix-huit mois plus tard, le 7 février 1759 fi âgé seulement d’une quarantaine d’années. Durant sa courte période d’activité, cet artisan, qui demeurait rue Saint-Sauveur, paraît s’être consacré spécialement à la fabrication des bois de lits. Il eut pour successeurs sa veuve Jeanne Desportes, puis son frère Louis-Hyacinthe. Celui-ci, né en 1721 I0, gagna la maîtrise le 4 septembre 1766 11 ; il habitait encore rue Saint-Sauveur, n° 44, lorsqu’il décéda le 22 janvier 1793 I2.

DELISLE (Honoré-Nicolas), fabricant et marchand de meubles à Paris, exploita rue du Faubourg Saint-Antoine, près de l’Abbaye, une petite boutique pour laquelle travaillèrent les ébénistes Bayer et Rebour. Il réussit mal dans son commerce, et fit faillite à deux reprises, en 1773 et en 1783 I5. A cette dernière date, le comte de Caraman lui devait une somme de 1.400 livres.

DELLENOOZ (Lambert), d’origine flamande, se fit recevoir maître menuisier-ébéniste à

1. Arch. mun. de Strasbourg. Meisterstïtcke Protocoll E. E . Handwerks der Frangosischen Schreinere (1728-1790). Cf. ci-dessus art. Andriss.

2. Alm. du Commerce, an VII et suiv., sous les noms de « Demouille », « Debouille », etc.

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