‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 105 sur 397 · Arch. nat. Reg. des Maîtrises, Y · texte numérisé non relu

Arch. nat. Reg. des Maîtrises, Y

citent comme « l’un des plus habiles et des plus renommés pour les ouvrages de marqueterie 1 ». 11 exerça avec le même succès jusqu’en 1783, puis se retira des affaires après avoir liquidé en vente publique ses marchandises, qui comprenaient « quantité de commodes, coins, serre-papiers et bureaux, ornés de fontes dorées, à dessus de marbre et albâtre2 ».

Ses ouvrages, signés DELORME, témoignent d’une aimable et brillante fantaisie. Les premiers en date sont presque tous revêtus de vernis européens imitant les laques d’Extrême-Orient, A l’Exposition du Goût chinois en Europe au xvme siècle, organisée par l’Union centrale des Arts décoratifs en 1910, on pouvait voir deux pièces de cette sorte: une commode en tombeau de la collection Ed. Guérin et un petit cartonnier appartenant à M. Jacques Pereire3. Une encoignure de même style, rehaussée de dorures sur fond rouge, faisait partie de l’ancien mobilier du château de Valmer (Indre-et-Loire) 4. Vers la fin du règne de Louis XV, l’artiste modifia sa manière et s’appliqua surtout à des travaux en bois de rapport. De cette période datent plusieurs belles commodes ayant figuré aux ventes Rikoff, Kraemer et Lévy 5, un petit bureau de la collection Massey-Mainwaring à Londres 6 et de nombreux secrétaires à portes coulissantes comme celle qui est représentée sur notre planche XVI. Le musée du Louvre a recueilli, dans la donation Camondo, une œuvre ravissante du maître: c’est une minuscule table à ouvrage décorée de paniers et vases de Heurs dans des encadrements contournés. Elle provient de Mme Campan, qui l’avait reçue en présent de la famille royale7.

DELORME (François FAIZELOT-), maître ébéniste à Paris, né en 1761, mort subitement le 11 février 1768 8. 11 était juré de sa corporation dans les deux dernières années de sa vie9. Ce fabricant, établi rue Tiquetonne, produisait principalement des ouvrages laqués « façon de la Chine ». On lui attribue la marque F. D. qui a été relevée sur plusieurs beaux meubles de cette sorte, parmi lesquels une paire d’encoignures de l’ancienne collection Ch. Stein.

Il fut le père d’Adrien Faizelot-Delorme, auquel a été consacré le précédent article, et laissa deux autres fils qui exercèrent la même profession : Jean-Louis, devenu maître en 1763 I0, conserva la maison de la rue Tiquetonne jusqu’au début du règne de Louis XVI 11 ; Alexis, ayant gagné la maîtrise le Ier août 1772 I2, exploita rue Saint-Denis un petit magasin de meubles qui disparut en 1786 I?.

DELORME (Guillaume), né en 1737 à Pont-de-Poix (île de Saint-Domingue)14, devint maître ébéniste à Paris le 28 septembre 1786 '5. Il résidait rueet cul-de-sac Saint-Sébastien, dans le quar-

1. Tablettes de Renommée, 1777, supplément. — V. aussi Alm. d' Indication... ou du Vrai Mérite, 1769. — Alm. gin. des Marchands du Royaume, 1780.

2. Annonces, Affiches et Avis divers, 28 fév. 1783, p. 495 ; 29 avril 1783, p. 1031.

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