‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 122 sur 397 · Annonces, Affiches et Avis divers, 1784, ’p · texte numérisé non relu

Annonces, Affiches et Avis divers, 1784, ’p

8. Arch. nat. T. 5141. 5. Papiers du député Osselin. Liste des Vainqueurs de la Bastille, n° 134. — J. Durieux, Les Vainqueurs de la Bastille, Paris, 1911 (sous le nom de « Dugenet »).

9. V. au sujet de ce personnage, Paul Marmotan, L’Cdyssee d'un ancien militaire... Duguers (Bulletin de Neuilly, 1913, p. 79' 87) et les sources indiquées dans cette monographie.

Anne-Françoise Contamine ». Destiné à suivre comme son père la carrière des armes, il obtint à seize ans un brevet de sous-lieutenant au régiment d’Anhalt-Infanterie, mais quitta le service dès 1779. On le retrouve sous le Directoire résidant à Neuilly-sur-Seine, où il louait le parc des Sablons pour y donner des bals et des concerts. Peu après, il s’associa avec un sieur Hutin, marchand-ébéniste à Paris, boulevard Italien, n° 2, et entreprit de fabriquer des meubles d’art dans le goût pseudo-antique alors à la mode. En 1806, il présentait à l’Exposition des produits de l’Industrie plusieurs ouvrages de sa composition, en acajou richement paré de bronzes1. Le plus remarquable était une pendule figurant un monument à la mémoire de Frédéric le Grand sur un socle soutenu par des faisceaux; cette pièce, achetée par Napoléon Ier, existe encore dans les réserves du Mobilier national. Avec d’autres meubles à décor architectonique, l’envoi de Duguers comprenait une table singulière de forme octogone, ornée du chiffre de l’impératrice Joséphine ; elle portait six petites caisses de fleurs, un vase à bouquets, un bassin de cristal pour des poissons rares et une cage renfermant des oiseaux mécaniques. Les oeuvres du maître ont été gravées au trait dans un in-folio de 15 pages, intitulé: Recueil des dessins de Meubles , Pendules et Candélabres composés et exécutés par L. Duguers à l'occasion de l'Exposition. A Paris , che% l’auteur , au parc des Sablons. Lorsque cette plaquette parut vers la fin de 1806, Duguers venait de succomber dans sa quarante-huitième année, au moment où il pouvait se croire sur le chemin de la fortune.

DUHAMEL (François DUHAMELLE ou), ébéniste parisien, né en 1723, reçu maître le 3 février 1750 2, vécut jusqu’au 2 février 1801 3. Il demeurait rue du Faubourg Saint-Antoine, et avait pour spécialité la fabrication des gaînes d’horloges. En 1775, ^ fut chargé de priser les marchandises de son confrère Antoine Foullet, après le décès de cet ébéniste, qui s’était voué au même genre de travaux4. Sa période d’activité semble avoir cessé trois ou quatre ans plus tard. Le Conservatoire des Arts et Métiers possède de lui un somptueux ouvrage, signé DUHAMEL. C’est un régulateur de forme très mouvementée, en marqueterie à dessins de fleurs et d’oiseaux, avec de beaux bronzes à rocailles dans la manière de Caffieri. On l’attribuait jusqu’ici à un homonyme, Martin Duhamel, établi vers la même époque rue de la Calandre comme menuisier en bâtiments.

DULIN (Jean-Baptiste), menuisier-ébéniste à Paris, résidant sur les confins' des faubourgs de Saint-Antoine et de Popincourt, près de la porte du Pont-aux-Choux, perfectionna le mobilier de voyage et de campagne. Une annonce parue dans le Mercure de France en février 1762 fait connaître qu’il fabriquait des lits, secrétaires, fauteuils et meubles de garde-robe « à l’usage des militaires aux armées et à l’épreuve des plus fortes secousses ». — Louis, fils du précédent, devint maître menuisier le 3 août 1761 ; il s’installa rue de Grenelle avec son frère Antoine qui obtint à son tour la maîtrise le 23 juillet 1763 5. Ces deux artisans continuèrent de produire

1. Catalogue de la IVe Exp. des Prod. de l'Ind . française, Paris, 13 pluviôse an IX.

sept. 1806, p. 53. 4. Arch. nat. Y. 13402. Scellés chez l’ébén. A. Foullet,

2. Liste générale des M « Meti.-Ebén. de Paris. 24 sept. 1775. — V. aussi Y. 14110, 4 janv. 1781.

3. Arch. de la Seine. Enregist. Tables des décès. Q8. 55, 5. Liste générale des Men.-Ebén. de Paris, 1782-1787.

des meubles pliants et démontables, notamment des tables à coulisses pour salles à manger *. Après la mort de leur mère (août 1788), ils rompirent leur association. Louis conserva seul l’atelier de la rue de Grenelle, tandis qu’Antoine alla s’établir rue du Bac. L’un et l’autre cessèrent d’exercer vers 1791.

DÜMLER (Johann-Andréas) 2, ébéniste bavarois, né à Hersbruck en Franconie le 29 décembre 1650, mort à Nuremberg le 6 janvier 1723. Fils d’un pasteur, il était destiné à une profession libérale; mais le goût et les aptitudes qu’il manifesta dés l’enfance pour l’ébénisterie décidèrent ses parents à le mettre en apprentissage chez un menuisier, nommé Conrad Ritz, auprès duquel il demeura jusqu’à sa vingtième année. Il voyagea ensuite afin de parfaire son instruction professionnelle. En 1677, il arrivait à Nuremberg où un savant lui donna l’idée de se spécialiser dans la fabrication des instruments de mathématiques. Depuis lors Dümler consacra ses talents à ces sortes d’ouvrages, qu’il exécutait avec beaucoup d’adresse en buis sculpté ou en ébène incrusté d’ivoire2.

DUMOUCHEL, tourneur à Versailles, fut un des fournisseurs ordinaires du Garde-meuble de la Couronne entre 1783 et 1789 3 4 5. Il livra pour les résidences royales une quantité de chaises communes, dites à la capucine, avec d’autres sièges paillés d’une qualité moins ordinaire, en bois de merisier, à pieds cannelés et dossier en gerbe. Cet artisan habitait Y Hôtel de Limoges. On désignait ainsi un des faubourgs de Versailles qui s’était peuplé sous Louis XIV d’ouvriers limousins employés aux constructions du Roi.

DUPAIN (Adrien-Pierre), menuisier en meubles, reçu maître à Paris le 10 décembre 1772 \ demeurait rue de Charonne, près de la rue de Lappe. Sous Louis XVI, il obtint des commandes pour les résidences royales et, en particulier, pour le service de la Reine au château de Saint- Cloud. Il fournissait à la même époque de nombreux tapissiers s. Les frères Presle, rue Saint- Martin, lui firent exécuter « un lit en chaire-à-prêcher, très richement sculpté », pour M. Grandet de la Villette, ainsi que des « tête-à-tête », des « ottomanes » et une grande banquette, de onze pieds et demi de long, pour le comte des Cars6. En 1793, ce menuisier, manquant de travail, confectionna des caisses de munitions destinées aux armées de la République 7 ; mais, sitôt la crise passée, il se remit à fabriquer activement des bois de lits et de sièges. Son atelier prospérait encore en 1805 8. — Les productions de ce maître portent une marque curieuse : les lettres qui composent son estampille A. P. DUPAIN + sont disposées en cercle et frappées toutes à contresens. Le musée du Louvre montre de lui une jolie chaise, finement sculptée, peinte en vert, et que recouvrent des?*soieries à bouquets de fleurs tissées à Lyon dans l’atelier de Phi-

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