GEORG HAUPT
Grand cabinet minéralogique, offert par le roi Gustave llf de Suède au prince de Condé en 1774.
(Musée Condé à Chantilly).
ressources que l’artiste tirait de la pyrogravure par la vigoureuse délinéation des contours et la netteté des hachures qui expriment les ombres. Quelquefois même, sans recourir à des incrustations en bois de couleur, il ornait ses panneaux d’un simple dessin au trait, rehaussé par des touches de peinture.
Les productions de son atelier ne portent point d’estampille, mais beaucoup d’entre elles sont signées de sa main, soit au stylet sur la façade, soit à la plume, au pinceau ou à la sanguine dans une partie intérieure. Certaines pièces ne portent que son nom de famille; d’autres encore présentent des inscriptions rédigées en suédois ou en français: « fait à Stockholm par George Tiaupt, "Ebéniste du J{oy, l’an 17.. ». Plus rarement se rencontrent les formules latines : Tiaupt fecit — Tiaupt inv. et exc.
O11 peut admirer au château de Chantilly une des œuvres capitales du maître (planche XXIX). C’est un superbe cabinet, en forme de secrétaire, offert par Gustave III au prince de Condé avec une collection géologique jadis classée dans ses tiroirs. Les blocs de minerais et les cristaux de roche qui couronnent le meuble en indiquent la destination, ainsi que les principaux motifs de marqueterie représentant une torche en flammes et des outils de mineur. L’ébéniste exécuta ce travail en 1774 d’après une esquisse de son compatriote, l’architecte J.-E. Rehn ‘, qui semble avoir fréquemment collaboré avec lui. — Au musée Albert et Victoria de Londres, Haupt est représenté par une belle commode que décore un groupe d’enfants. Beaucoup de ses ouvrages sont conservés dans les résidences royales de Suède, notamment une table de citronnier incrustée de bois noir à Gripsholm, un curieux lit de veille se repliant sous la forme de commode à Drottringholm et un secrétaire orné d’un profil d’homme à Tullgarn. Un autre secrétaire qui montre un amour jouant de la flûte se trouve au musée historique de Stockholm, où l’on voit aussi un médaillier de Gustave III sur lequel est dessinée l’effigie de ce monarque. Le musée du Nord possède un riche berceau que l’artiste fournit en 1778 pour l’héritier du trône. Il faut citer encore, parmi les meilleurs travaux de Haupt, un secrétaire présentant le portrait en pied d’une jeune femme chez Mme Fischerstrôm, et une charmante table à thé, en acajou et porcelaine de Saxe, que possède le comte Ehrensvârd.
HAY (Jacques de), ébéniste parisien, s’associa en 1702 avec son confrère Picqueret pour s’établir dans la ville d’Avignon, où ces deux artisans travaillaient en 1708 1 2.
HEBERT, marchand-ébéniste à Paris, florissait dans la première moitié du règne de Louis XV- Il fut un des experts chargés d’inventorier les meubles précieux dépendant de la succession du Régent3. On le trouve cité à diverses reprises comme fournisseur de la Couronne4. En 1746, il livra au Garde-meuble deux petits bureaux de dame, l’un en bois satiné à fleurs, l’autre en laque du Japon, pour les appartements de la Dauphine à Versailles.
1. Le dessin de Rehn a été reproduit dans l’article du comte cel et A. Girodie. Les Artistes décorateurs du Bois, t. I, p. 241 ;
Wrangel cité plus haut ( Svenska Slojdfôrenin^ens Tidskrift, t. II, p. 87 et 242.
I910)' 3- Arch. nat. X*. 9162.
2. Arch. dép. de Vaucluse. B. 965. — Cf. H. Vial, A. Mar- 4. Id. O'. 3307 à 3314.
HEBERT (Charles), ébéniste parisien, domicilié rue de Charenton, n° 4, faisait partie du jury de jugement des affaires criminelles au temps de la Terreur1.
HECKEL exerça rue du Faubourg Saint-Antoine entre 1797 et 1811. Sous le Directoire, il jouissait déjà d’une bonne réputation pour ses meubles en acajou « parfaitement établis dans un genre moderne2 ». Il prit part à l’Exposition de 1806, y obtint une mention honorable3, et soumissionna l'année suivante pour la fourniture des palais impériaux4. On trouve sur ses ouvrages une carte imprimée : Heckel, fabricant d'ébénisterie, Grande rue du Faubourg Saint- Antoine, n° 79. Dans l’ancienne collection du marquis de Biron figurait une belle commode Empire, portant cette étiquette 5.
HECQUET fut l'ébéniste attitré du Garde-meuble delà Couronne de 1716 à 1726 6. Il produisit pour les maisons royales des cabinets, commodes, tables, scabellons et pupitres, la plupart plaqués en bois de violette ou de palissandre, à canaux et moulures de cuivre.
HÉDOUIN (Jean-Baptiste), passé maître à Paris le 22 mai 1738 7, résidait rue Traversièfe- Saint-Antoine, où il mourut après une longue carrière vers le milieu de janvier 1783 8. Cet ébéniste fournissait des marchands en vogue9. lia laissé son estampille!. B. HEDOUIN sur de beaux meubles en bois de rapport, parmi lesquels on peut mentionner une armoire ayant appartenu au comte Horace de Choiseul I0, une commode de l’ancienne collection Boas-Berg dispersée à Amsterdam en 1905, et un secrétaire de forme allongée qui parut à la vente Doistau en 1909. Notre planche XXX représente cette dernière pièce, remarquable par le caractère de ses marqueteries traitées dans le style minutieux et spirituel des artistes d’Extrême-Orient.
HEIN (Conrad-Wilhelm HEINE, dit), ébéniste d’origine allemande, reçu maître à Stockholm en 1755 ”, est l’auteur de deux tables à jeu en noyer, de forme triangulaire sur pieds cambrés, qui font partie du mobilier royal de Suède au château de Gripsholm. Il les a signés de ses initiales C. TJC Tt.
HELT, gendre de J. -A. Wovitz, ancien maître ébéniste à Paris, exerçait la même profession rue du Faubourg Saint-Antoine en 1799”. Il réussit mal dans ses affaires, et, lorsque sa femme mourut au mois de juillet 1805, il ne tenait plus d’atelier13.
HENEAUX (I.-C.). — Plusieurs catalogues de vente ont signalé cette estampille sur des bois de sièges portant en réalité la marque de Jean Chêneaux.
1. Alm. national, an II, p. 344. — Cf. Annonces, Affiches et Avis divers, 1784, p. 3046.
2. Arch. de la Seine. Livres de Commerce, reg. 2579. Jout"na' du march. Collignon, ans V et VI.
3. Exposition de 1806. Catalogue des produits exposés, p. 52. — Rapport du Jury.