Liste générale des Mes Men.-Ebén. de Paris
14. Annonces, etc. 1 3 mai 1783; 28 avril 1784; 22 mars 1787, etc.
15. Arch. du Musée Condé à Chantilly. Comptes du Prince de Condé. Reg. des Ordonnances (Chantilly, etc.). 8 nov. 1787, 18 oct. 1788.
16. Alm. du Commerce, an VII (sous le nom de « Lamneyer »)• — Arch. delà Seine. Livres de Commerce. Reg. 4530. Journal de l’ébén. J.-C. Cochois, an XII, etc.
LAPIE Y Ainé (Nicolas-Alexandre) fit enregistrer ses lettres de maîtrise au Châtelet de Paris le 17 août 1764 '. Moins de treize ans plus tard, le 8 février 1775, cet ébéniste succombait en son domicile rue de Charenton 2. Il avait employé pour signer ses travaux la marque N. A. LAPIE, dont on voit plusieurs empreintes à l’encre sur le procès-verbal des scellés apposés chez lui après sa mort. Le même document mentionne, parmi les pièces qu’il laissait en cours d’exécution, une vingtaine de petites tables dites chiffonnières. Ses marchandises furent dispersées en vente publique le 2 mars suivant3.
LAPIE le Jeune (Jean), frère du précédent, né vers 1734 4, devint maître à Paris le 31 juillet 1762 s. Il exploita, dans la même rue de Charenton, un atelier et un magasin où s’approvisionnaient de nombreux tapissiers6. Sans produire d’œuvres très importantes, Jean Lapie apportait dans sa fabrication beaucoup de diversité et de fantaisie. Il faisait toutes sortes de meubles en marqueterie à fleurs, en mosaïque à carrelages, en bois gris, en bois de rose, en acajou et en vernis dans le goût chinois. On trouvait chez lui des commodes surmontées d’une armoire, d’autres en encoignure, des tables à transformations, des écrans garnis de cuivres argentés, etc. Le tapissier Maugé, rue Saint-André-des-Arts, lui acheta plusieurs ouvrages avec des portes articulées à dos de livres, entre autres une curieuse « commode en secrétaire », déguisée sous l’aspect d’une bibliothèque7. Eprouvé par la Révolution, cet ébéniste fit faillite le Ier juillet I7908. La pièce la plus marquante sur laquelle j’ai relevé son estampille : J. LAPIE, est une petite table de salon, d’une forme très gracieuse, en bois de violette à filets de citronnier.
LAPIE (Jean-François), ébéniste parisien, né en 1720, mort le 18 février 1797 9. Après avoir obtenu la maîtrise le 15 décembre 1763 I0, il travailla d’abord rue de Charenton, associé peutêtre avec l’un des frères Lapie, ses parents. Il s’établit ensuite rue du Faubourg Saint-Antoine, n° 264, où il demeura durant le reste de sa carrière. Dans l’ancienne collection Jaluzot figurait un secrétaire Louis XV, en bois de rose et de palissandre, signé de sa marque J. F. LAPIE11.
Son fils Charles, né à Paris le 27 janvier 1757, fut un des Vainqueurs de la Bastille'2. Il servit dans la gendarmerie sous la Terreur, puis continua son métier d’ébéniste au faubourg Saint-Antoine13. En 1833, il obtint une pension de 250 francs comme ancien héros du Quatorze-Juillet.
LAPIERRE (F.), menuisier lyonnais du temps de Louis XVI, produisit des beaux bois de sièges, qu’il marquait: F. LAPIERRE al von («V). Ses ouvrages se distinguent par leur brillante facture et leurs formes originales. Beaucoup d’entre eux présentent au dossier une garniture à médaillon dans un pourtour rectangulaire. M. R. Anginieur possède au château de Magny
1. Arch. nat. Reg. des Maîtrises. Y. 9328. 7. Arch. de la Seine. Livres de Commerce. Reg. 5088. Jour-
2. Id. Y. 13402. Scellés du 8 fév. 1775. nal de l’ébén. J. Lapie (années 1765 et suiv.). Reg. 5248. Livre
3. Annonces, Affiches et Avis divers, 27 fév. 1775, p. 188. du tapissier Maugé (1779-1780).
4. Arch. nat. Y. 14093, 6 fév. 1766. 8. Id. Bilans, cart. 79.
5. Liste générale des Mes Men.-Ebén. de Paris, 1782-1789. 9. Id. Enregist. Tables des Décès. Q8. 55. 30 pluviôse an V.
6. Son bilan déposé en 1791 mentionne parmi ses débiteurs 10. Liste générale des Mes Men.-Ebén. de Paris, 1782-1789.
les marchands Lefèvre etDelahalle. V. aussi : Arch. de la Seine. n. Vente à Paris, nov. 1905, n° 57.
Bilans, cart. 41, faillite du tap. Leseur, 1774; cart. 50, bil. 12. J. Durieux. Les Vainqueurs de la Bastille, Paris, 1911.
du tap. Tillolay, 1779; cart. 52, bil. du tap. Beury, 1780, 13. On le trouve mentionné comme héritier de son père dans
etc. le document cité ci-dessus, note 9.
(Nièvre), un mobilier de salon comprenant six fauteuils de ce modèle, avec un grand canapé et deux tabourets.
LAPLANCHE, « menuisier en chaises », établi, comme artisan libre, cour des Neveux, au faubourg Saint-Antoine, fut molesté en 1771 par la jurande des sculpteurs parisiens pour usurpation des privilèges de ce corps *. On doit peut-être l’identifier avec un sculpteur homonyme, Pierre-Jean-Baptiste Laplanche, qui résida plus tard rue du Faubourg Saint-Martin et fut employé en 1785 à des travaux de décoration par l’Intendance des Menus1 2.
LAPORTE. Voy. Delaporte.
LARDÉ, menuisier-mécanicien à Paris, rue de Sèvres, vis-à-vis l’hospice des Incurables, créa en 1794 un sopha perfectionné pouvant servir de lit, de canapé et de coffre3, genre de meuble qui eut un grand succès et dont la vogue persista durant plus d’un demi-siècle. Au reste, Lardé n’était pas un fabricant de sièges, mais un entrepreneur de grosse menuiserie ; il avait obtenu en 1792 une récompense nationale pour ses ouvrages et inventions fi
LARDIN (André-Antoine), ébéniste parisien, né en 1724 s, mort le 10 août 1790 6. La maîtrise lui fut conférée le Ier juillet 17507. Il habita rue de Charenton sous l’enseigne du Bois de Boulogne 8 jusque vers la fin du régne de Louis XV, puis se fixa rue Saint-Nicolas, dans la maison qui portait le n° 6 à l’époque révolutionnaire. Ce fabricant travaillait activement pour le commerce. En 1777, le marchand Carré lui devait une somme de 3000 livres9. Deux ans plus tard, il vendit, en une fois, au tapissier Bocquet,six commodes, deux secrétaires, un chiffonnier, deux toilettes et deux tables de quadrille ,0. A son décès, on trouva chez lui une dizaine de pièces en cours d’exécution et plusieurs magasins remplis de meubles11. Ses ouvrages portent l’estampille LARDIN, imprimée en grandes lettres sans initiale de prénom. Une commode en bois de placage, provenant de son atelier, faisait partie de la vente organisée en 1917 par le Syndicat de la Presse au profit des Éprouvés de la guerre. Une pièce analogue figurait dans l’ancienne collection de la princesse d’Altora-Colonna I2. La meilleure production que j’ai vue de cet ébéniste est un petit meuble en demi-lune, décoré de marqueteries représentant un paysage sur la façade et des corbeilles fleuries sur les côtés, au-dessous d’une frise de feuilles stylisées.
Lardin eut pour collaborateurs, puis pour associés ‘3, ses deux fils, André-Antoine et Louis- François, qui s’étaient fait recevoir maîtres le même jour, le 14 septembre I774'4 5. Après la mort de leur père, l’aîné s’installa rue Traversière, n° 41, tandis que le plus jeune conservait