Ch.-L. Chassin et L. Hennet. Ouv. cité, t. III, p
Antoine, n° 195, où il demeura jusqu’à la fin de l’Empire1. En 1811, il fournit au Gardemeuble quelques ouvrages en noyer pour le service des grands-officiers civils2 3.
MEUNIER, famille parisienne de menuisiers en meubles.
Le plus connu, Etienne, florissait rue de Cléry vers le milieu du règne de Louis XV. Il était en relations d’affaires avec des marchands en vogue comme Pierre Migeon, fournisseur de la Cour, et Étienne Igou, qui faisait commerce d’ébénisterie rue du Faubourg Saint-Antoine, Au Cabinet Dauphin K En 1749, ce maître prit parta un procès contre des ouvriers chaisiers pour délit de coalition4 5. Il vivait encore quatre ans plus tard. Son atelier produisait surtout des fauteuils de bureau. On rencontre fréquemment la marque E. MEVWIER sur des pièces de cette sorte. L’une d’elles, en bois peint et garnie d’étoffe, orne le petit salon du ministère de l’Intérieur. Le musée Jacquemart-André en montre une autre, de forme similaire, mais à cannages dorés s. Celle que reproduit notre planche XLIV et qui appartient au comte de Savigny de Moncorps, se distingue entre toutes par l’élégance de ses lignes et la charmante finesse de sa décoration. Un beau fauteuil meublant, signé parce maître, figure dans les collections du musée des Arts décoratifs de Strasbourg.
Antoine, sans doute frère du précédent, né en 1690 6, résidait à la même époque rue de Bourbon-Villeneuve (actuellement d’Aboukir), et s’adonnait aussi à la fabrication des bois de sièges7 8. Ses trois fils continuèrent les traditions de la famille. L’aîné, Jean-Baptiste, né en 1714') exploita un autre atelier rue de Bourbon jusque vers 1775 9;ila laissé son estampille I. B. MEVNIER sur de gracieux fauteuils, dont on a vu un spécimen en bois doré à la vente du vicomte de Bondy to. Le deuxième, nommé Simon, épousa une fille du menuisier Michel Avisse et habita rue Beauregard ”. Le cadet, Antoine, « après avoir été dans la troupe », fut compagnon chez son frère Jean12, gagna la maîtrise le 20 juin 175213 et obtint plus tard une charge d’« officier mouleur de bois I4», fonction qui consistait à vérifier l’espacement des membrures entre lesquelles les marchands cordaient le bois de chauffage. On le suppose père d’ANTOiNE-Luc, qui se fit recevoir maître menuisier le 8 juin 1782 et travailla rue de Cléry jusqu’à la Révolution15.
MEUNIER (Pierre), ébéniste parisien, ne semble pas se rattacher aux précédents. Né en 1735 l6,reçu maître le 8 juillet 176717, il demeura d’abord rue de la Roquette18, puis, vers 1784, transporta son atelier rue du Faubourg Saint-Antoine19. D’après Alfred de Champeaux, il aurait
1. Arch. de la Seine. Bilans, cart. 106, bil. de l’ébén. Michel, 1806; cart. 107, bil. du men. Lexcellent, 1806. — Livres de Commerce. Reg. 3436, Journal des march. de bois Roussel et Portarieu (an XIV). — Alm. du Commerce, 1805 à 1814.