‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 305 sur 397 · Arch. dép. de Meurthe-et-Moselle. E · texte numérisé non relu

Arch. dép. de Meurthe-et-Moselle. E

O F. DE SALVERTE. - LES ÉBÉNISTES DU XVIIIe SIÈCLE.

Planche LI

PIERRE PIONIEZ.

Bonheur-du-jour en marqueterie, à décor de fleurs et d’ustensiles. (coll. particulière) .

PIETRO PIFFETTI.

Secrétaire en dos d'Ane, orné d’incrustations d’ivoire (Balais royal de Turin).

de 1748 pour avoir fait et vendu des sièges garnis de canne, en boutique ouverte, dans un lieu non privilégié. Les jurés menuisiers obtinrent un arrêt du Parlement qui déclarait valable la confiscation de ses ouvrages1.

PIERRE (Louis-Claude), ébéniste parisien, créé maître par l’édit royal du 13 août 17672, habita successivement les rues de Reuilly et Saint-Nicolas jusqu’en 1799 5. Il ne semble avoir fait que des meubles de petite valeur4.

PIESSI, dit Rouer gue, — sans doute par allusion à son pays d’origine, — tenait un atelier d’ébénisterie à Bordeaux, près de l’église Saint-Seurin, dans les dernières années du règne de Louis XVI 5.

PIFFETTI (Pietro)6, fameux ébéniste de la cour de Sardaigne, né en 1700, mort à Turin le 20 mai 1777. Son titre lui fut conféré le 13 juillet 1731 par le roi Charles-Emmanuel III, pour lequel il exécuta d’importants travaux. Outre des parquets et des lambris précieux, il a laissé dans le Palais royal de Turin des meubles en marqueterie de bois variés, et principalement en ébène incrustée d’ivoire. On y admire deux tables à sujets mythologiques placées dans la salle du Conseil, un petit bureau dont les décorations représentent des épisodes du siège de Turin en 1706 (planche LI), et deux somptueuses étagères qui lui furent payées 11.290 ducats, valant près de 30.000 livres d’argent français. D’autres productions de son atelier ornent le château de Moncalieri, ainsi que plusieurs églises et monastères du Piémont. Dans son livre sur le Meuble, Alfred de Champeaux a donné la reproduction d’un curieux cabinet de Piffetti appartenant au marquis Taparelli d’Azeglio7. On a signalé aussi des ouvrages du même auteur chez Mme la marquise Solaro del Borgo et chez le comte Reviglio délia Veneria 8.

Ce maître continuait les traditions des grands ébénistes italiens du xvie siècle. Comme eux il dessinait ses œuvres lui-même, modelait et ciselait leurs bronzes et prodiguait dans leur parure les riches marqueteries en ivoire gravé, en écaille, en nacre, en métaux. Malheureusement son goût 11e connaissait aucune discipline. Il interprétait la rocaille avec une fougue méridionale et s’abandonnait volontiers aux écarts d’une fantaisie exubérante. Ses créations, admirables au point de vue technique, manquent souvent d’harmonie et de grâce. Quelques-unes sont signées du nom de PIFFETTI, ordinairement incrusté sur le rebord d’un tiroir. — L’artiste, que ses talents avaient enrichi, cessa de travailler bien avant le terme de sa longue existence. Il fut inhumé dans la crypte de la cathédrale de Turin, où se lit son épitaphe :

A PIETRO PIFFETTI EBENISTA DI S. M.

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