Ibid., p. 369. Gai. XXII, n°24. ductions
Les Ébénistes du XVIII’ siècle.
gênait dans le recrutement de ses ouvriers comme dans le choix de ses fournisseurs. Il en était réduit à employer des bronzes très médiocres. J’ai même vu son estampille sur une couchette en acajou pauvrement garnie de cuivres repoussés
Au frontispice de ce volume est reproduit le beau tableau de Vestier qui montre Riesener dans la force de l’âge, en pleine gloire, riche, heureux, coquet. La poudre d’une perruque frisée, les chatoiements d’un habit de velours ajoutent à la douceur de sa physionomie un peu mièvre, où pétillent des yeux rieurs. Il manie un crayon qui vient de tracer un dessin déployé devant lui, sur une petite table aux placages soyeux et aux bronzes scintillants. Et ce portrait apparaît d’une vérité profonde. L’expression de l’artiste, son geste, son costume et jusqu’aux accessoires, tout concourt à symboliser son talent : Dessinateur fécond qui sans cesse renouvelait ses modèles, praticien d’une virtuosité incomparable, Riesener s’impose surtout à notre admiration par le charme de ses œuvres et leur grâce enjouée. La souplesse de son génie, aussi bien que la vertu des institutions corporatives avaient fait de cet étranger le plus français, le plus parisien de nos ébénistes, celui qui sut le mieux refléter dans ses créations l’aimable et brillante élégance de la société contemporaine.
RIVIÈRE (Jean-Paul), né à Paris en 1756 1 2, tenait sous Louis XVI une petite boutique de fabricant et marchand d’ébénisteries rue de Charenton 3 4. Blessé au siège de la Bastille, il semble avoir bientôt après abandonné son commerce.
ROBERT (Jean-Baptiste) 4 travailla rue du Faubourg Saint-Antoine, n° 254, entre 1792 et 1803 5. Cet artisan produisait surtout des meubles de fantaisie, tels que des secrétaires en bonheur-du-jour, des tables à ouvrages dites tricoteuses, et des athéniennes, sortes de guéridons tripodes servant de jardinière ou de lave-mains6.
ROBERTS (Thomas), menuisier anglais, fut attaché au service de la reine Anne depuis 1702 jusqu’en 1714. Il exécuta, pour les palais de Saint-James, Kensington, Windsor et Hampton- Court, un grand nombre de sièges en noyer dans le goût hollandais. Ses fournitures comprenaient aussi des tables, commodes, cadres, écrans, ainsi que des bois de lits, à colonnes et baldaquins, avec des chevets richement sculptés7.
Richard, fils du précédent, lui succéda comme menuisier de la Cour d’Angleterre entre 1715 et 1729 8. Au début du règne de George Ier, il reçut des commandes considérables pour les appartements que le nouveau souverain destinait, dans chacune de ses résidences, aux deux maîtresses en titre qu’il avait amenées d’Allemagne : la femme de son grand écuyer, la baronne Kielmansegge dont le mari devint comte de Darlington, et Mlle de Schulembourg qui fut créée
1 . Ce meuble a passé en vente à l’hôtel Drouot, le 20 déc . 1900, et fut adjugé 256 francs!
2. J. Durieux. Les Vainqueurs de JaBastille, Paris, 191 1 ,p. 181.
3. Arch. nat. Y. 14114, 20 sept. 1784. — Arch. de la^Seine. Bilans, faillites de l’ébén. Bayer, 1780 (cart. 51) et 1781 (cart. 56).
4. Cet ébéniste ne doit pas être confondu avec un autre J. -B.
Robert, menuisier de son état, qui demeurait rue de Beaujolais
où il mourut en 1796, âgé de 36 ans (Arch. de la Seine. Enre-
gist. Tables des Décès. Q.8. 37, 27 pluviôse an IV).
3. Annonces, Affiches et Avis divers, I792,p. 2043. — Alrn.du Commerce, an VII. — Arch. de la Seine, Bilans, cart. 94, faillite du march. de meubles Mennesson, an XI.
6. Id., ibid. Reg. 2976 et 2977, Livres du march. Trintzius, ans X et XI.
7. Record Office à Londres. The Miscellaneous Accounts, vol. 443-446.