‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 61 sur 397 · Id. ibid . , n · texte numérisé non relu

Id. ibid . , n

sur les côtés La salle à manger de Bellevue renfermait un buffet en forme de console, également flanqué de gradins 1 2. Ces derniers morceaux présentent une frise caractéristique simulant des draperies en festons, un des ornements dont l’artiste a fait le plus souvent usage. Carlin est encore représenté au Louvre par une splendide gaine d’horloge en bois de couleurs venant des Tuileries, une petite table d’ébène qui porte la marque du château de Saint-Cloud, et un baromètre récemment entré au musée dans la donation Schlichting 3 4 5. Le Conservatoire des Arts et Métiers montre de lui une autre boîte de régulateur datée de 1779.

Mme la baronne Salomon de Rothschild vient de léguer à nos musées nationaux une ravissante petite table, finement façonnée par Martin Carlin, en bois de rose et en porcelaine de Sèvres. Jusqu’ici nos collections publiques ne permettaient pas d’apprécier le talent avec lequel le maître créait ces oeuvres de fantaisie. Elles furent une de ses spécialités. Nous savons qu’il en fournit plusieurs à la reine Marie-Antoinette, entre autres un pupitre à musique et une table à déjeuner qui ont été recueillis par le musée Victoria et Albert à Londres. Un cabinet en bois des Iles, pareillement orné de porcelaines peintes, figure dans les galeries d’Hertford House Le baron Edmond de Rothschild et Lady Carnarvon possèdent d’admirables pièces du même genre. Celle que reproduit notre planche IX faisait partie de la vente Jacques Doucet; elle y. obtint une enchère de 60.500 francs.

Carlin exécuta aussi quelques ouvrages d’acajou. On en voyait un agréable spécimen dans une vente anonyme qui eut lieu à l’hôtel Drouot le 2 décembre 1910. C’était un secrétaire d’apparence assez banale, mais, l’abattant ouvert, ce meuble offrait l’aspect inattendu d’un petit bureau à cylindre sous un casier muni d’une porte coulissante.

CARPENTIER (Louis-Charles), menuisier attitré du duc Philippe d’Orléans6, petit-fils du Régent, tenait à Paris, rue de Cléry, près du boulevard, une maison renommée pour les bois de lits et de sièges. Reçu maître le 26 juillet 1752 7, il fut un des jurés de sa corporation de 1765 à 1767 8. Pendant qu’il remplissait ces fonctions, et sans doute avant d’appartenir à la maison du duc d’Orléans, Carpentier travailla pour le prince de Coudé9. Le Palais-Bourbon l’hôtel de Lassay, les châteaux de Chantilly et de Vanves reçurent un grand nombre de ses ouvrages. Une partie d’entre eux furent exécutés sous la direction de l’architecte Bellissard, avec le concours du sculpteur Charles Lachenais. La collaboration de ces artistes produisit notamment, pour le salon de compagnie du palais Bourbon, une paire de très riches canapés sur les dossiers desquels se détachaient des figures chinoises vêtues de lambrequins à grelots ,0. En 1772, on plaça dans la même résidence un magnifique lit de noyer doré qui avait coûté deux ans de travail. Ce meuble glorifiait la mémoire du Grand Coudé. Des trophées militaires et des mufles

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