‹ Les ecclésiastiques et les royalistes français réfugiés au Canada à l'époque de la révolution--1791-1802 [microform]Chapitre 13 sur 81 · LES PRÊTÉES RÉFUGIÉS ET L'OPINION PUBLIQUE AU CANADA · texte numérisé non relu

LES PRÊTÉES RÉFUGIÉS ET L'OPINION PUBLIQUE AU CANADA

Sommaire : — Eecrutemenfc du clergé par voie d'immigration. — Conduite de Mgr Hubert, de Mgr Denaut et de Mgr Plessis à l'égard des prêtres français. — Témoignages de reconnaissance pour l'Angleterre et son roi. — Discours de Mgr Plessis. — Sermon de l'abbé Le Saulnier, sulpicien. — Les derniers survivants des quarante-cinq réfugiés. — Mgr de ForbinJanson. — Les Oblats de Marie Immaculée.

'HovLB avons vu que l'élan de charité, si spontanément développé au sein de la nation anglaise, avait eu son écho jusqu'au Canada. Le gouvernement de la province de Québec pouvait-il ignorer ce que le gouvernement britannique avait fait, ou se proposait de faire, à l'égard de ce clergé français, que la détresse avait rendu intéressant. Msrr Hubert s'était donc trouvé à l'aise, quand il s'était adressé au lieutenantgouverneur dans le but de créer un courant d'émigration ecclésiastique vers le Canada. Comment le noble lord aurait-il pu lui refuser sa demande, lorsqu'en Angleterre on recevait les prêtres par milliers, et qu'on leur faisait l'hospitalité si douce et si large ? Mgr Hubert n'eut donc qu'à demander pour obtenir, et du moment qu'il vit sa démarche agréée, il se mit aussitôt à l'œuvre. Dès lors ce Prélat devint l'apôtre de l'immigration ecclésiastique. Son dévoue-

ment ne connut plus de "bornes. Il paya de sa personne et de sa bourse, plus qu'on ne saurait dire. S'il ne réussit pas dans la mesure qu'il anticipait, la faute ne doit pas lui en être imputée. N'ous devons lui tenir bon compte des résultats obtenus, comme aussi de l'énergie qu'il déploya afin d'arriver à un succës plus complet. A lui revient l'honneur d'avoir réussi à introduire au Canada ces prêtres réfugiés qui nous ont rendu tant de services, et dont les noms devraient être inscrits sur une colonne de granit, pour que jamais leur mémoire ne fût oubliée. Reconnaissance donc à cet évêqùe de Québec ! Son administration, heureuse sous tant de rapports, a été rendue plus féconde encore par cette hospitalité si généreusement offerte aux prêtres choisis par Mgr de la Marche dans le but de venir au secours du clergé canadien.

Le successeur de Mgr Hubert au trône épiscopal ne sembla pas déployer autant de zèle à l'égard de l'immigration ecclésiastique. Le fait est qu'à cette date — 1797 — le courant d'émigration du clergé réfugié sur le territoire anglais, à Jersey aussi bien qu'à Londres, se faisait plutôt vers la France. On était en effet à la veille du rapatriement. Les ecclésiastiques n'attendaient que l'heure propice pour retourner dans leurs^ foyers, et ils préféraient rester où ils étaient, afin d'être plus à proximité de la France. L'abbé Desjardins donne à entendre, dans son journal, que Mgr Denaut répugnait à continuer l'œuvre de son prédécesseur. Possible qu'il n'éprouva pas les mêmes besoins, le's nouvelles recrues ayant pu remplir suffisamment les cadres. Mais il ne

serait pas juste de croire que ce fut par hostilité ou par quelque autre motif aussi peu honorable. Ou n'a pas de preuve, du reste, qu'au cours de son administration, de 1797 à 1806, il les ait traités injustement. Ifous constatons, au contraire, qu'il se plaisait à les réunir et à les visiter, et qu'il accueillit les derniers arrivés avec la plus grande condescendance. MgrPle8si8,successeur de Mgr Denaut,fut, des trois prélats, celui qui entretint les plus longs et les plus fréquents rapports avec les prêtres réfugiés. Le grand évêque comprit quelle espèce d'hommes il tenait sous sa main, et sans abuser toutefois de leur abnégation et de leur zële dévorant, il en sut tirer le meilleur parti possible, dans un temps où l'Eglise du Canada souffrait encore du manque d'ouvriers. Mgr Plessis avait surtout à cœur d'améliorer le sort des paroisses. Son premier soin fat de donner au district des Trois-Rivières le renfort qui s'imposait. Du même coup il fortifiait Nicolet, objet de ses plus chères prédilections. Au bout de quelques années, huit paroisses, tant du côté nord que du côté sud du fleuve, dans les environs de la future métropole trifluvienne, avaient à leur tête des prêtres français. C'étaient la ville des Trois-Rivières, iNicolet, Bécancourt, Gentilly, la Pointe du Lac, la Baie du Eebvre, Saint-Michel d' Yaraaska et Saint-François du Lac. Aujoutons à cette liste, déjà bien significative au point de vue curial, le fait que le curé de Mcolet était aussi supérieur du collège, et que le chapelain des TJrsulines des Trois-Rivières s'appelait M. de Galonné, et l'on aura une idée assez juste de ce que pouvait prendre , d'importance ce petit noyau de

prêtres, ayant bu au même calice d'amertume, tous hommes d'un caractère éprouvé. Mgr Plessis avait donc cent fois raison de leur confier des cures importantes, comme celles que nous venons de nommer. En les groupant, il leur donnait l'occasion de se rencontrer plus souvent, de fraterniser tous ensemble et de s'unir par des liens encore plus étroits, si possible. La religion catholique pouvait-elle souffrir de ces réunions de prêtres instruits, savants même, et prêts à tous les dévouements ?

La tradition nous rapporte qu'on appelait ce coin de notre province la Petite France. Heureuse petite Prance, d'avoir eu à sa tête, de 1796 à 1847, c'està-dire pendant plus d'un demi-siëcle, des prêtres comme les Raimbault, les Le Jamtel, les Ciquard, les Fournier, les Courtin, les Orfroy, les Joyer et les Q-ibert ! Heureux curés qui avez eu des paroissiens aux mœurs si pures, des familles si dévouées à'ia religion et au culte de leurs ancêtres !

En 1790, Mgr Plessis écrivait à Mgr de la Marche cette phrase que nous détachons d'une longue lettre au sujet de ses bulles : " Les ecclésiastiques français continuent d'édifier le diocèse de Québec et d'y procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes. J'ai souvent remercié le Ciel d'avoir apporté un aussi précieux secours à cette petite portion du troupeau de Jésus-Christ."

Après avoir entendu un aussi beau témoignage, on ne doit pas être surpris de voir le grand évêque exprimer, dans un langage tout vibrant d'émotion, sa reconnaissance envers l'Angleterre, accueillant à à bras ouverts ces prêtres proscrits, dont le Canada

avait été bi heureux de recueillir, à son tour quel-, ques nobles débris. C'était à l'oecasion de la victoire signalée de la marine anglaise sur celle de France, en 1798. Mgr Plessis, prêchant dans sa cathédrale, prononça un sermon qui devait faire sensation. C'est un morceau à lire et surtout à méditer. L'extrait suivant est d'une haute éloquence, et il traduit bien la pensée du prédicateur au sujet de la conduite d^s Anglais envers les prêtres bannis de France.

' " Venez, dit ce peuple bienfaisant, s' adressant aux exilés, venez, restes précieux d'une nation toujours notre rivale, mais dont nous avons toujours honoré le courage et respecté la vertu. Prélats vénérables, ministres édifiants d'une religion que nous ne connaissons plus ; descendants des anciens héros de la France, sujets de toutes les classes, que l'amour du devoir a rendus malheureux, qui avez renoncé à vos places, à vos titres, à vos siëges, à -vos propriétés, plutôt que de trahir vos consciences et de consentir au renversement de l'Autel et du Trône ; venez, nous vous offrons une nouvelle patrie dans une terre étrangère. Venez partager nos foyers, nos fortunes, nos emplois, notre abondance. Si vous ne retrouvez pas au milieu de nous tout ce que vous avez perdu, vous serez au moins dédommagés par nos efforts pour adoucir votre exil et vos malheurs. Le Prophète l'avait dit, il y a longtemps : " Je n'ai jamais vu le juste abandonné, non vidijustum derelio tum. Français émigrés, vous en faites aujourd'hui la douce expérience. Mais de quelle main se sert le Ciel pour vous procurer les secours les plus abondants? De la main d'un peuple qui fut toujours

l^émule du vôtre,, que des intérêts d'Etat rendaient ennemi, et qui semblait vous haïr .de bonne foi^ mais qui dans vos malheurs n'aperçoit plus en vous que des frères soufirants. Salutem ex înimicis nostris et de manu omnium qui oderunt nos" (1)

Ce témoignage solennel de reconnaissance, partagé par toute la population catholique, devait avoir son écho, vingt et un ans plus tard, dans la bouche d'un Sulpicien, le premier qui soit venu au Canada après 1789. C'était à l'occasion du décès de Sa Majesté George III en 1820. MgrPlessis, fraîchement arrivé d'Europe, avait annoncé, dans uir mandement à son clergé, cette mort, dont il avait appris la nouvelle pendant son séjour à Elorence, le 19 janvier. M. Le Saulnier, alors curé d'office à l'église paroissiale de Montréal, sut trouver dans son cœur des élans de la plus vive gratitude envers ce grand roi, si magnanime et si dévoué à la cause des prêtres réfugiés. Après avoir donné lecture du document épiscopal, il s'écria :

" Dans le temps qu'une révolution désastreuse avait plongé dans la ruine un des plus beaux royaumes de l'Europe, et renversé ses autels, George III, reçut avec une magnificence digne d'un Roi ses prélats et ses prêtres ; il les traita avec distinction ; il condescendit à leS' regarder comme ses enfants et à parler d'eux dans les termes flatteurs d'B Mon clergé français.

(1) Discours prononcé à l'occasion de la victoire remportée par les forces navales de S. M. B. le \ et 2 ao'dt 1798, sur la flotte française, prononcé dans l'église cathédrale de Québec, le 10 janvier 1799, j^ar Messire J. O. Plessis, curé de Québec, etc.

" Il fit partout ouvrir des souscxiptîona pour le soutien des îadigents ; des sommes d'argent furent levées; mais ces fonds, quoique considérables,, furent à la fin épuisés; mais la munificence royale, était inépuisable. Il obtint du Parlement un Bill pour qu'ils fassent soutenus aux dépens du public ; il donna même un; do ses palais pour y loger plus de cinq cents d'entre eux, comme si la vertu- dans la détresse et la foi assaillie par la persécution eussent eu des droits illimités à sa protection.

" Il fit davantage. Touché des malheurs dé leur pays et désirant y rétablir l'ordre et la religion, il envoya ses armées et ses flottes qui combattirent avec gloire cette puissance impie qui menaçait de renverser l'univers. . . Sa feue Majesté avait même fait plus : le nombre des prêtresj étant devenu insuffisant pour les besoins spirituels d'une population, croissante, il permit à leurs évêques d'en inviter d'autres pour les aidec dans le soin des âmes^ Le souvenir de tant d'actes de bienfaisance ne pouvait .qu'exciter leur sensibilité ; il ne pouvait que les porter às'écrier, qu'ils avaient perdu leur bienfaiteur et qu'en le perdant, ils avaient perdu le plus tendre des përes. Donnons donc un libre cours à notre douleur. Rien ne pouvait être plus juste ; leurs larmes ne pouvaient couler en trop grande abondance ..."

Combien d'autres témoignages ne pourrions-nou pas ajouter, afin de prouver la reconnaissance des dignitaires canadiens envers la: généreuse nation qui, pendant une période de dix ans, avait souscrit la somme énorme de quarante-cinq millions de francis

dans le but de venir en aide à des Français, alors même qu'elle avait à lutter contre la France dans des guerres épuisantes pour son budget. Qui, ayant été témoin d'une si noble attitude, aurait pu manquer de loyauté, dans ce Canada, où la plus haute autorité dans le domaine politique, anglaise aussi, donnait des preuves non équivoques d'une égale charité en présence d'une égale infortune? Nous aimons à rappeler le souvenir de cette explosion de gratitude et de loyauté de la part des évêques, des prêtres français et du clergé Canadien. Cette leçon, d'une haute portée, ne devrait jamais être perdue de vue, et ceux qui en profiteront seront les sages et les véritables patriotes.

Les contemporains des Raimbault, des Calonne et des Roque se sont toujours complu à considérer ces réfugiés comme des héros de la foi. Ils étaient respectés en conséquence. " C'est un prêtre français, disait-on, qui a tout quitté, famille et patrie, plutôt que de renoncer à sa religion ; ce doit être un saint prêtre.^' Et notre peuple ne se trompait pas dans ses appréciations. Ils étaient tous vertueux, charitables, et trës attachés à leur patrie d'adoption. Ils proclamaient bien haut leur patricrtisme, et surtout ils savaient en donner des preuves à l'occasion. Y eut-il eu Canada un plus fervent patriote que l'abbé Sigogne? Y eut-il aussi un saint plus remarquable que l'abbé de Calonne, un prêtre plus dévoué à la jeunesse que l'abbé Jean Raimbaùlt? N'allons pas croire toutefois que, pour être devenus: Canadiens comme nous, ils aient complètement oublié leur pays d'enfance, cette terre de France où ils avaient, encore,

qui un père, qui uue mère, qui dès frbres ou des sœurs.. Bien souvent ils durent gémir en silence sur les rigueurs d'une séparation devenue irrévocable. Dans leurs réunioQS intimes, ils évitaient de se communiquer leurs impressions à cet égard, mais ils parlaient de la France, de ses malheurs et de ses triomphes, de ses tristesses et de ses joies. On .se passait VAmi du clergé, petite feuille dévouée aux intérêts de la France catholique, qui ne refusait pas la collaboration des écrivains canadiens. On trouvait moyen, ces jours-là, de revivre un peu de la vie française, si brusquement interrompue.

Après la disparition de Mgr Plessis, en 1825, les rangs des prêtres réfugiés étaient déjà éclaircis. Quinze ans plus tard, il ne restait plus que quelques vieillards de la phalange des quarante -cinq. De temps en temps, lors des solennités religieuses, à l'occasion des retraites ou de la fête du sacerdoce, on voyait émerger de la foule ces têtes blanchies à l'ombre du sanctuaire s'inclinant doucement vers la tombe. Restés sur la brèche avec cette vaillance qui avait fait l'honneur de leur longue carrière, il ne leur restait plus qu'à se compter pour se dire, chacun à part soi : " Qui de nous sera le dernier survivant ? "

C'est alors qu'apparut sur la scène une noble figure (l'évêque, un Français aussi, exilé volontare, qui, après avoir semé le bien à profusion sur' le sol des Etats-Unis, ne voulait pas repasser la mer avant d'avoir donné aux Canadiens une part des bienfaits que son cœur d'apôtre et sa fortune de grand seigneur pouvaient leur apporter. Ce prélat s'appelait Charles- Auguste de Forbin-Janson, évê-

que de ifTancy et de Toul, primat de Lorraine. Il ne manqua pas de lier connaissance avec MM. Raimbault, Desjardins, Daulé, Roque, Villade et les autres survivants de l'époque de la révolution. Ce fut un bonheur pour lui que de faire la rencontre de compatriotes aussi distingués, victimes, comme lui, de la persécution. Quelque temps auparavant, il avait découvert à Bufîalo une famille française, émigrée d'une paroisse de son diocèse de 'Nancy, et il avait écrit à son coadjuteur Mgr Menjaud : " Vous figurezvous le sentiment que j'ai éprouvé et causé à Buffalo, quand le hasard m'y a fait découvrir, à deux mille lieues de la patrie, une famille de mon tant regretté diocèse de ÏTancy, de la paroisse de Varengeville ! Que de larmes d'attendrissement ont coulé de part et d'autre ! Une famille des miennes ! des enfants à moi ! des brebis de mon cher troupeau ! " Le saint Prélat français accueillit ces héroïques défenseurs de la foi avec la plus touchante bonté, et avant de retourner en Europe, il put leur dire^ : " Moi, je pars, mais vous resterez pour finir votre existence dans ^ce pays du Canada, où vous avez fait des prodiges de dévouement, après avoir tout sacrifié, amis, parents, famille, patrie. Vos œuvres resteront après vous. Soyez bénis. Moi, je m'en vais à Rome déposer aux pieds du Pontife Suprême l'hommage de ma piété filiale. Je lui exposerai les besoins de l'Eglise du Canada ; je lui ferai connaître vos travaux, et je lui demanderai une bénédiction spéciale. Puis j'irai à Marseille, frapper à la porte de Mgr Mazenod, mon grand ami, pour qu'il envoie au Canada des Religieux de l'Ordre des Oblats

qu'il vient de fonder. Ces bons Pères viendront sans doute à la voix de vos évêciues, et travailleront à consolider le temple spirituel que vous avez vousmêmes édifié. Enfin, j'irai en Angleterre solliciter, à genoux s'il le faut,. la grâce des cinquante-huit Canadiens français déportés à la Îfrouvelle-Gralles du Sud. Quand j'aurai exécuté ce programme, je pourrai dire avec le vieillard Siméon : Nunc dimiitis, Domine. En attendant, priez Dieu pour le succès de mes entreprises, et recevez, comme gage de mon estime et de ma sollicitude, ma paternelle bénédiction."

Le 2 décembre 1841, quatre Pères Oblats débarquaient à Québec, et prenaient rang dans le clergé canadien. (1)

La veille dujour où Mgr de Forbin- Janson rendait sa belle âme à son Créateurj le 11 juillet .1844, les Canadiens exilés quittaient le pays gallois pour s'en revenir dans leur patrie. Quatre prêtres français vivaient encore, quand ils arrivèrent à Saint-Jean d'Iberville,le-18 janvier 1845. C'étaient MM. Daulé, Desjardins, Joyer et Orfroy. MM. Roque, Raimbault et Sauvage étaient disparus de la scène du monde, emportant avec eux les regrets du peuple canadien.

Le dernier survivant fut M. Jean-Denis Daulé, mort en 1852, à l'Ancienne-Lorette. Par une coïncidence assez remarquable, l'année 1850 avait vu dis-

(1) C'étaient les P. P. Baudrand, Eonorat, Lagier et Telmon. Le 1er juin 1842, arrivèrent sept Jésuites, les RR. PP. Chazelle, Hanipauz, Luiset, Martin, Sache, Duranquet et Tellier.

paraître le dernier ecclésiastique français émigré aux Etats-Unis, dans la personne du vénérable évêque de Bardstown et de Louisville, Mgr Flaget. Le rôle de la France sera désormais inséparable de l'admirable mouvement auquel obéit le catholicisme, dans les Etats-Unis comme au Canada. Elle est toujours la fille aînée de l'Eglise, puisque dans les jours de ses plus terribles épreuves, au moment même où elle persécute l'élite de ses enfants, le triomphe de la religion, qu'elle espère anéantir, s'opëre ailleurs par ceux-là même qu'elle a voulu réduire à l'impuissance.

Page 1