‹ Les ecclésiastiques et les royalistes français réfugiés au Canada à l'époque de la révolution--1791-1802 [microform]Chapitre 27 sur 81 · L'ABBE FRS- GABRIEL LE COURTOIS · texte numérisé non relu

L'ABBE FRS- GABRIEL LE COURTOIS

Prêtre normand, originaire du diocèse de Coutances. Avait été ordonné le 21 septembre 1787. A l'exemple de l'abbé Daulé, il quitta de son plein gré l'Angleterre, où il s'était réfugié à l'automne de 1792. Au lendemain de son arrivée à Québec, le 26 juin 1794, il accepta de l'évêque la desserte de la paroisse de Saint -Vallier, devenue vacante par le décès de M. Q-arault de Saint-Onge, arrivé au pays en 1734. Son séjour y fut de courte durée ; on le voit à la cure de Saint -Nicolas en 1796. Au bout d'un an, l'abbé le Courtois demanda à l'évêque une cure plus étendue, en rapport avec le besoin qu'il éprouvait de travailler ferme. Mgr Hubert comprit et lui assigna Rimouski et les postes de la côte nord, y compris le Saguenay, Chicoutimi et le lac Saint- Jean. Tout autre eût peut-être hésité devant une pareille mission. La population qui couvrait cet immense territoire n'était pas bien dense, mais, pour l'atteindre, il fallait que le missionnaire se livrât à des pérégrinations interminables et rendues pénibles par le défaut de communications. L'abbé le Courtois en prit vite son parti, et s'enfonça jusqu'au cou dans ces labeurs apostoliques, les plus difficiles qu'il soit possible d'imaginer. Il devait aussi évangéliser les sauvages du Saguenay.

En 1806, l'abbé le Courtois apprit de Mgr Plessis la nouvelle de sa nomination à la cure de Saint- Etienne de la Malbaie avec la mission des postes du roi. Le but de l'évêque était de lui permettre de se

rapprocher des sauvages échelonnés le long de la côte septentrionale du fleuve Saint-Laurent. Ici encore le prêtre français put donner libre carrière à son zfele d'apôtre. Malgré ses nombreux voyages, il trouvait moyen de s'appliquer à l'étude de la théologie et de l'écriture sainte.

En 1822, l'abbé le Courtois se sentit presque à bout de forces. La population de ces contrées avait considérablement augmenté, et puis les années commençaient à peser sur ses épaules. Mgr Plessis consentit à lui offrir une cure plus en harmonie avec ses capacités physiques. Il eut Saint-Laurent en l'île d'Orléans, mais à la condition qu'il irait visiter de temps à autres ses chers sauvages du Saguenay. En dépit de son bon vouloir, l'abbé se vit bientôt insuffisant à la tâche, et il demanda sa retraite, et comme faveur spéciale, la permission de loger au presbytère de Saint-Eoch de Québec. Au printemps de 1828, il retourna à Saint-Laurent, pour tâcher de refaire .sa santé, qui déclinait visiblement. Ce fut changement inutile ; le 18 mai, il mourut presque subitement dans cette paroisse de l'île, où il comptait autant d'amis que de citoyens.

L'abbé le Courtois ne laissa après lui que de vifs regrets. Sa charité inépuisable, son mépris des biens terrestres, avaient rendu son ministère encore plus efficace. C'était un prêtre très humble, dont Mgr Plessis disait, que sa place n'était pas sur les hauteurs; il aimait trop, disait-il, à se dérober aux regards de la foule. Sa prédication était solide, bien nourrie des saints livres ; sa conversation indiquait un homme de sens et d'érudition. Mgr Hubert en faisait grand cas, et Mgr Plessis l'estimait beaucoup.

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