‹ Les ecclésiastiques et les royalistes français réfugiés au Canada à l'époque de la révolution--1791-1802 [microform]Chapitre 29 sur 81 · L'ABBE P.- JOSEPH HUMBERT, P. S. S · texte numérisé non relu

L'ABBE P.- JOSEPH HUMBERT, P. S. S

Originaire de Ohâtillon - des - Dombes, en Bresse, petite ville du département de l'Aix. M. Humbert naquit, le 23 novembre 1765, et étudia au séminaire de Saint-Irénée, A Lyon. Sa vocation religieuse était tellement évidente, que ses directeurs n'hésitërent pas, quand le moment fut venu, à lui faire conférer les saints ordres. Il fut ordonné le 26 mars 1790, à Lyon, où il avait suivi son cours de théologie. Son aggrégation à l'Institut de M. Olier coïncide avec son élévation au sacerdoce. Chassé par les fameux décrets révolutionnaires, il courut d'abord se réfugier en Suisse. M. Emery ne tarda pas à l'inviter à se rendre en Angleterre afin de s'y joindre au groupe des Onze, destinés à la mission canadienne.

M. Humbert fut d'abord attaché à la desserte de la paroisse de Notre-Dame, puis son supérieur l'envoya à la mission du lac des Deux-Montagnes. En 1668, le séminaire de Saint - Sulpice avait fondé plusieurs missions, dont l'une à la baie de Quinte, avec ses annexes Kaneraske et Kandaseteiakon, que desservirent, entre autres, les abbés.Péaelon, Lascaris d'tJrfé et Louis de Cicé, mort vicaire apostolique à Siam. Toutes ces missions furent remplacées en 1721 par celle du lac des Deux-Montagnes. Elle était très florissante au milieu du XVIIIe siëcle, et compta jusqu'à huit missionnaires à la fois. Presque tous laissèrent des travaux fort estimés sur les langues

algonquine et iroquoise. M. Humbert voulant suivre l'exemple de ses prédécesseurs, se livra à l'étude de l'idiome iroquois, qui devait lui être si utile dans sa mission, où il séjourna pendant quinze ans, de 1814 à 1828. Pieux, humble, charitable, il sut arriver vite jusqu'au cœur des sauvages et s'en faire même des amis. Aussi le considéraient-ils comme un père, parce qu'ils le savaient vertueux, désintéressé, tout à leur service, ne leur refusant rien, quand il s'agissait de leur avancement spirituel.

Apres ces quinze années de dévouement au ministère pastoral c,hez les Iroquois, M. Humbert retourna à Montréal pour n'en plus sortir. Il y vécut encore sept ans, qu'il consacra aux malades dans les hôpitaux et aux œuvres de charité. Puis il mourut, le 3 février 1835, dans la 69e année de son âge, emportant avec lui dans sa tombe le respect et la vénération de ses confrères et de la population de Montréal tout entière.

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