L'ABBE ANT.-ALEXIS MOLIN, P. S. S
Ké le 1er mai 1757 dans la ville de Lyon, paroisse de Saint-Mzier, M, Molin, ses études collégiales terminées, prit la soutane chez les Sulpiciens, et reçut l'onction sacrée, le 9 juin 1791. Se sentant un goût prononcé pour la vie sulpicienne, il s'agrégea aussitôt à l'illustre Institut de M. Olier. Plutôt que de prêter serment à la trop fameuse constitution civile du clergé, M. Molin aima mieux se sauver en Angleterre, puis se réfugier définitivement au Canada ; là il jouirait de la liberté de conscience, eliëre à tout"^homme de cœur.
C'est une des belles figures du groupe des Onze. A son arrivée à Montréal, on lui confia les fonctions de chapelain de l'Hôtel-Dieu, en même temps qu'il s'occuperait du ministère paroissial. Au séminaire, les supérieurs le choisirent pour présider à l'économie. C'est en cette derniëre qualité qu'on le vit bientôt s'occuper de la construction d'un nouvel édifice sur le flanc de la montagne efe de la maison de campagne qui en dépendait. Il faisait l'achat des matériaux et payait la main-d'œuvre. Son entreprise fut couronnée de succès ; aussi, sa réputation, comme financier et architecte, dépassa vite les murs du séminaire de Montréal. Beaucoup de curés venaient le consulter ; et, lorsque l'abbé Girouard, le vénérable fondateur du collège de Saint-Hyacinthe,
voulut bâtir, avec les modiques ressources dont il disposait, une maison digne d'être appelée collëge, il s'adressa à M. Molin. Celui-ci lui prépara tous les plans, si bien que rien ne fut modifié ou altéré dans les constructions primitives. Le séminaire de 1853 a remplacé l'ancien, avec des proportions plus amples ; l'augmentation du personnel, des besoins nouveaux avaient nécessité cette dépense.
M. Molin fut aussi appelé à desservir l'Hôpital- Général. Là comme partout ailleurs, il sut apporter le zèle et le dévouement du bon pasteur des âmes, édifiant tout le monde par ses vertus solides et sa régularité exemplaire.
M. Molin n'avait que 55 ans lorsque, le 21 septembre 1811, il fit ses adieux à cette terre d'exil. Son ardeur pour le service des âmes l'avait prématurément ruiné. Sa grande bonté, sa charité inépuisable, son désir constamment renouvelé de faire du bien à tous ses semblables, le faisaient rechercher avec empressement par la foule des déshérités de la fortune. Non seulement on avait recours à ses aumônes, mais encore on le consultait à tout propos, car ou le savait judicieux, désintéressé et si complaisant. Nous pouvons dire de cet homme généreux ce qu'on en disait pendant que, plein de vie et d'activité, il exerçait le saint ministère : " Cet homme-là a vraiment le don de faire le bien ; il ne sait faire que des heureux !"