L'ABBE GUIL.- MARIE DE GARNIER DESGARETS, P. S. S
Ké le 11 novembre 1772, à Charlieu, dans le diocèse de Mâcon, M. Desgarets fit ses études au séminaire de cette ville,tenu par des prêtres séculiers. L'évêque titulaire, Mgr Gabriel-François Moreau, le dernier des prélats qui ont occupé le siège épiscopal de Mâcon, tenait le jeune lévite en haute estime, et l'admit dans son grand séminaire avec une bienveillance marquée. Lorsque les onze sulpiciens quittèrent leur patrie pour se rendre en Angleterre et de là au Canada, le séminariste Desgarets obtint la permission de se joindre à eux, et il arriva à Montréal, le 1er septembre 1794. H y continua son cours de théologie, et fut ordonné le 28 août 1796. Comme il semblait avoir beaucoup d'aptitude pour l'enseignement, le supérieur de Saint-Sulpice lui confia une classe d'humanités. Le jeune prêtre était déjà mûr pour son âge ; il avait beaucoup lu, beaucoup étudié. Les apologistes de la religion, comme Barruel, l'abbé de Pompignan, lui étaient familiers, et il savourait la lecture de ces auteurs, tout en constituant pour lui-même un arsenal de preuves et de démonstrations à l'appui de la vérité religieuse.
La carrière de M. Desgarets ne fut pas longue, mais
elle fut bien remplie. Son attachement à l'Eglise lui fit déplorer l'égarement des quelques ecclésiastiques qui avaient prêté le serment d'allégeance à la constitution civile du clergé. " S'ils avaient mieux reconnu les droits de la sainte Eglise, disait-il souvent, ils n'auraient pas causé un tel scandale ". Il gémissait sur les conséquences de leur conduite, et puis il priait pour eux, afin que Dieu les retirât de leur apostasie.
M. Desgarets mourut à Montréal, le 3 octobre 1802, âgé de trente ans seulement. Sa piété exemplaire, sa douce charité le rendirent aimable. Ses élèves lui étaient très attachés, les citoyens de Montréal se plaisaient beaucoup à le rencontrer, et ils ne lui ménagèrent jamais leurs sympathies.