LES ÉCHANGES INTERNATIONAUX DE 1867 A
La question des échanges ne fut reprise qu'en 1867. Ici commence une phase toute nouvelle : l'idée d'une agence centrale est complètement écartée, et le gouvernement de chaque pays contractant agira désormais pour son propre compte. Les Echanges ne seront^ plus entre les mains d'un homme isolé, plus ou moins protégé par l'Etat, suivant les circonstances, mais confiés au contraire à des bureaux officiels, dont l'action sera puissante parce qu'ils disposeront de ressources nationales, et dont le fonctionnement sera régulier, progressif et stable. De cette manière ils ne seront plus exposés à péricliter et à disparaître suivant le sort de celui qui les dirige. Tel est l'état de choses qui existe aujourd'hui et auquel on doit le développement considérable que les Échanges Internationaux ont pris depuis quelques années.
Pour les établir sur des bases si dififérentes des anciennes, il était prudent de chercher d'abord à acquérir de l'expérience. Aussi le but que l'on se proposa à l'origine fut-il restreint. On se contenta d'une Convention pour la reproduction des œuvres d'art et l'échange de ces reproductions entre les
musées de tous ks pays. L'Angleterre, qui avait pris l'initiative, dirigea les premiers efforts dans ce sens, pour certaines raisons qui seront exposées plus loin. Quinze princes des principales familles régnantes de l'Europe se trouvant réunis à l'exposition universelle de Paris, en 1867, et désirant créer dans leurs pays des collections identiques à celles du South- Kensington Muséum de Londres, apposèrent leurs signatures au bas de cette convention.
Nous n'avons pas le texte de ce document, rédigé en langue anglaise par le directeur du South Kensington Muséum ; mais une brochure belge sur les Echanges Internationaux (i) nous en fournit la traduction française qui est rapportée ci-après :
C CONVEN-BION POUR PROVOQUER LA REPRODUCTION D'œUVRES D'ART, AU PROFIT DES MUSÉES DE TOUS PAYS.
c Toutes les contrées du monde possèdent des monuments historiques des beaux arts, qui leur sont propres^ lesquels peuvent facilement être reproduits, soit par le moulage, la galvanoplastie, la photographie et autres procédés, sans causer le moindre dommage à Poriginal.
c a) L'étude de ces monuments est nécessaire au progrès de Part, et leur reproduction serait d'une grande utilité à tous les musées pour l'instruction publique.
< b) Le musée de South-Kensington a eu le premier l'idée d*un système de reproduction des œuvres d'art : des épreuves desdites reproductions sont actuellement exposées à l'exhibition de Paris, où l'on peut voir des spécimens de l'art de la France, de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal, de l'Allemagne, de la Suisse, de la Russie, de Tlnde, de l'Angleterre et de l'ancienne race Celtique.
< c) La forme suivante de l'opération a été arrêtée :
cl. — Chaque pays formera une commission particulière en vue d'obtenir les reproductions qu'il peut désirer pour ses musées.
c n. — La Commission de chaque pays est mise en rapport avec celles des autres pays auxquels elle fait connaître les reproductions qu'elle peut fournir, et celles dont elle a besoin ; de cette façon, chaque pays peut profiter, à peu de frais, du travail des autres.
< in. — Chaque pays s'arrange pour faire l'échange des objets qu'il désire.
« Afin d'arriver à la formation des commissions et de faciliter la reproduction des objets d'art, les membres soussignés de familles régnantes de toute l'Europe, assemblés à l'exposition de Paris en 1867, ont donné leur
(i) Commission Belge d'Échanges Internationaux sous la présidence de S. A. R. Monseigneur le comte de Flandre. Exposé de la fondation de la Commission et des travaux de la 2« section jusqu'au 3i juillet 1877. Bruxelles, Manceaux, 1877. ^ ^'*- in-S».
approbation au plan arrêté, et manifesté leur désir d'en activer la réalisation.
c Les princes dont les noms suivent ont signé la convention : ALBERT EDOUARD, prince de Galles; ALFRED, duc d'Edimbourg; FRÉ- DÉRIC-GUILLAUME, prince royal de Prusse; LOUIS, prince de Hesse; ALBERT, prince royal de Saxe; JÉROME-NAPOLÉON; PHILIPPE, comte de Flandre; LE. CÉSAREWitCH de Russie; NICOLAS, duc de Leuchtenberg; OSCAR, prince royal de Suède et de Norvège; HUMBERT, prince royal d'Italie; AMÉDÉE, duc d'Aoste; CHARLES LOUIS, archiduc d'Autriche; RÉGNIER, archiduc d'Autriche; FRÉDÉRIC, prince royal de Danemark. »
Les deux nations qui entrèrent d'abord dans la voie des Échanges furent l'Angleterre en 1868 et la Belgique en 1871; mais chacune dans un but dififérent. Les besoins qui se faisaient sentir dans le second de ces deux pays élargirent le cerck tracé par le programme de 1867, et les Echanges Internationaux firent un pas de plus vers l'universalité à laquelle ils doivent tendre afin de donner les résultats qu'on doit en espérer.
Nous verrons en son temps ce que la France vint ajouter à ces propositions de la première heure.
L'Angleterre n'eut en vue que l'intérêt des beaux-arts : les lettres et les sciences ne furent pas l'objet des préoccupations, car les ressources particulières des corps savants, des bibliothèques, des établissements d'instruction avaient été suffisantes pour que l'on pût suivre le mouvement intellectuel de l'étranger. Il n'en avait pas été de même pour les beaux-arts, et l'Angleterre ne se trouvait plus, depuis i852 surtout, à la hauteur de certaines nations.
La Belgique avait d'autres intentions. Chez elle c'étaient les publications littéraires et scientifiques qui faisaient défaut. Partant, le gouvernement belge constitua une Commission d'Échanges Internationaux, dont les services devraient s'étendre aux lettres, aux sciences et aux arts.
S. A. R. Mgr le comte de Flandre détermina le mouvement, et, sur sa proposition, S. M . le roi Léopold 1 1 prit, le 1 7 mai 1 87 1 , un arrêté instituant une Commission Royale Belge des Échanges Internationaux, divisée en trois sections :
î^^ Section, comprenant les beaux-arts, l'architecture et l'archéologie ;
2^ Section, la littérature, la bibliographie et la numismatique;
3® Section, les sciences.
Cet arrêté fut contresigné par M. le baron Kerwyn de LettenhoTe, ministre de l^Intérieur.
En Toici le texte :
huTTTtmom d^uwb oommusioh rora obgaiiisbb, Brrms la Bblgique kt les pats
éTBAMGCBS, UM STSTÈHK D^ÉCHAMGE OCS ŒUTRBS BSLATITES AUX AftTS, ETC.
LjtoPOLD n. Roi des Belges, A tons présents et i Tenir, Salut.
Vu la convention conclue en 1867, à l'occasion de l'exposition unÎTersette de PariSy pour fiiToriser la reproduction d^ouvres d^art dans Tintérêt des musées de tous les pays;
Considérant qu^il y a lieu de constituer, en conformité de ladite convention, une commission spéciale, chargée de désigner, dans le domaine des arts, des sciences et des lettres, les œuvres les plus remarquables et les plus intéressantes qui pourraient Êûre l'objet de reproductions et d^'échanges avec les autres pays;
Sur la proposition de Notre Ministre de l'intérieur.
Nous avons arrêté et arrêtons :
AftTiCLE PSEXiEE. — Une commission est instituée pour organiser, entre la Belgique et les pays étrangers, un système d'échange, soit pour des œuvres relatives aux arts, aux sciences et aux lettres, soit pour des reproductions des principaux monuments ou des objets les plus précieux qui s'y rattachent.
AftT. II. — La commission comprend trois sections : la première ayant pour objet ce qui concerne les beaux-arts, l'architecture et rarchéologie ; la seconde, la littérature, la bibliographie et la numismatique, et la troisième, les sciences. Elle est composée comme suit :
Président ; S. A. R. le Comte de Flandre;
Vic€'président : Le Ministre de Tintérieur, remplacé en cas d'absence par
le directeur général des beaux-arts, des lettres et des sciences ;
Secrétaire général : M. Van Soust de Borkenfeld, inspecteur des beaux-arts.
Membres delà i^ section :
MM. Balat, architecte, membre de l'Académie des beaux-arts; Debrou, membre de la commission des musées royaux; L'abbé Delvigne, professeur d'archéologie;
Geefs {G.), statuaire, membre de l'Académie, classe des beaux-arts ; Portaels (J.)^ peintre d'histoire, membre de l'Académie, classe des
beaux-arts; Fétis (Ed.), membre de l'Académie, classe des beaux-arts ; L'abbé Reusens, professeur d'archéologie;
Membres de la 2» section :
MM. Alvin, conservateur en chef de la Bibliothèque royale; Chalon, membre de l'Académie royale, classe des lettrés ; Ruelens^ conservateur à la Bibliothèque royale; Scheler, bibliothécaire du Roi, associé de l'Académie.
Membres de la 3* section :
MM. de Sélys-Longchamps^ sénateur et membre de l'Académie royale, classe
des sciences; Van Beneden, membre de la même Académie, même classe; Liagre, commandant de l'école militaire et membre de TAcadémie; Dupont, . directeur du Musée d'histpire naturelle et membre de
l'Académie.
Art. III. — Notre Ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté.
L'arrêté du 17 mai 1871 fut notifié le 5 juin suivant, à la 2® Section, qui ne tarda pas à se réunir. Elle choisit comme président M. Louis Alvin, et comme secrétaire M. Charles Ruelens, tous deux savants de grand mérite et administrateurs de premier ordre. Ces hauts fonctionnaires, par leur zèle intelligent, justifièrent bientôt le choix de leurs collègues. Ils voulurent sortir immédiatement du domaine de la théorie, car la mise en œuvre devait signaler mieux que toutes les paroles et les promesses possibles l'importance et l'utilité de l'institution.
Il fallait un programme, pour déterminer exactement et réglementer les opérations. M. Ch. Ruelens le rédigea, d'accord avec ses confrères de la deuxième Section, et, dès le i®^ juillet, il le présenta aux trois Sections réunies. Nous en extrayons le passage suivant :
Le système d'échanges que nous sommes appelés à organiser doit être établi d'après certains principes bien déterminés et fonctionner selon quelques règles tracées d'avance.
Qu'il nous soit permis de présenter quel<fues-uns de ces principes et de ces règles, sous forme de propositions communes aux trois sections ou particulières à la section des échanges littéraires.
Le principe fondamental dû système est, selon nous, l'introduction en Belgique d'objets d'art, de productions des trois règnes, de travaux scienti-
fiques ou littéraires en échange d'objets similaires en Belgique^ reproduits par procédé industriel ou existant en nombre.
Il suit de là que la commission des échanges aura un budget pour créer ou pour acquérir en Belgique des produits échangeables, autres que. ceux qui seraient fournis par l'État.
La commission pourra se mettre en rapport avec les associations, les établissements, les autorités et les particuliers de lUntérieur du royaume, dont le concours peut être utile à l'œuvre des échanges.
Quant aux pays étrangers, elle correspondra directement avec les commissions créées, comme elle-même, en exécution de la convention de 1867, et elle travaillera à amener le plus tôt possible la création de commissions du même genre dans les pays où elles n'existeraient pas encore .
 cette fin, nous proposons qu*un manifeste soit publié, annonçant la constitution de la commission belge et exposant le but de son établissement.
S. A. R. Mgr. le comte de Flandre sera prié de vouloir bien l'adresser à tous les hauts personnages qui ont signé avec lui la convention de 1867 et d'y joindre une invitation de constituer, dans leur pays respectif, une commission du même genre.
Nous proposons la formation d'un catalogue particulier de chaque catégorie d'objets échangeables. Ce catalogue sera divisé en trois parties.
Dans la première seront inscrits les objets actuellement à la disposition de la commission, avec l'indication de la valeur vénale de chacun d'eux.
Dans la deuxième partie seront mentionnés les objets que l'on se propose de reproduire ultérieurement.
La troisième partie indiquera les desiderata de la commission, c'est-àdire les objets qu'elle désire obtenir en échange de ceui^ qu'elle offre à l'étranger.
Ce catalogue sera imprimé et distribué périodiquement, avec ses suppléments, aux commissions d'échange de tous les pays qui auront adhéré à la convention de 1867.
Pour ce qui la concerne en particulier, la deuxième section propose :
I» De faire dresser une liste complète, exacte, des publications périodiques du pays, non compris, bien entendu, les journaux exclusivement politiques.
Nous entendons par publications périodiques :
A . Les publications officielles, émanant des diverses administrations centrales ou annexes, provinciales, communales, etc. : tels sont les documents parlementaires, les relevés statistiques de la population, du commerce, des . mines, des chemins de fer, les exposés provinciaux, les bulletins des conseils communaux, etc., etc.
B. Les publications des académies, sociétés savantes, universités, commissions spéciales, de toutes associations ayant pour but la culture de la science dans toutes ses branches : tels sont les mémoires et bulletins des académies royales, des commissions d'art et d'archéologie, la revue publiée par la Société de numismatique, etc., etc.
C. Les annales, annuaires, bulletins, revues, etc., émanant de l'initiative privée, d'un groupe de rédacteurs ou d'un éditeur : tels sont la Revue de Belgique, la Revue générale, le Bulletin du bibliophile, VAnnuaire
de la noblesse belge, le Messager des sciences de Gand, la Belgique judiciaire, etc.
Cette liste donnera, d'une manière minutieuse, Pétat de toutes ces publications à une date fixée. Elle donnera sommairement l'historique de la publication^ les conditions d'abonnement, la quantité d'exemplaires ou les parties du fonds qui seraient disponibles. Elle pourrait même être accompagnée d'un aperçu des principaux articles ou des matières que Pon traite le plus habituellement dans les publications.
Pour former cette liste, on s'adressera directement aux sources officielles des susdites publications.
20 De faire demander, par voie officieuse, qu'un relevé semblable s'opère dans les pays avec lesquels on établira des relations.
3« De solliciter du gouvernement la création d'un journal de la librairie belge, combiné avec l'acquisition, soit par le dépôt obligatoire, soit par achat direct, d'un exemplaire de tout ouvrage, autre que journaux politiques, publiés en Belgique.
La commission d'échange provoquera auprès des gouvernements étrangers, la création d'un journal semblable dans les pays où il n'existe* pas encore, et insistera pour que l'on y tienne au courant des tables des matières contenues dans les écrits périodiques. * .
Nous n'avons point parlé de la mise en œuvre du système.
Le rôle de là commission des échanges étant essentiellement délibératif, il reste à organiser la partie executive. Ce dernier point doit être, ce nous semble, l'objet de la délibération des trois sections réunies. «
En ce qui concerne la section littéraire, le travail du bureau exécutif à constituer aurait pour objet la correspondance avec les commissions étrangères et les associations ou producteurs indigènes, le débat sur l'offre et la demande, les propositions, en un mot, toutes les négociations relatives à l'échange.
Et ei^ân, la distribution des objets reçus, la comptabilité des réceptions et des envois.
Tel est, Messieurs, le résumé de nos délibérations particulières. Quand vous aurez adopté les principes généraux et fixé les règles constitutives communes aux trois sections, nous aborderons les détails d'un système complet en ce qui concerne les objets que l'arrêté royal du 17 mai 1871 a placés dans les attributions de la deuxième section.
Bruxelles, le i« juillet 1871.
Signé : Ch. Ruelens.
Ce programme fut vivement discuté; et, dans P Assemblée générale du 3 octobre 1871, on tomba d'accord sur quelques points, entre autres sur ceux-ci : « Les sections procéderont séparément à leurs travaux respectifs. Elles auront leur budget et leur bureau distincts. » Une troisième et une quatrième réunion eurent lieu en 1872. Alors la deuxième section de la Commission Royale Belge des Échanges Internationaux s'organisa, conformément
aux principes exposés dans le rapport du i®' juillet 1871, et chercha à commencer ses opérations.
Dès le début, elle s^occupa de réunir les éléments nécessaires pour rédiger un catalogue des publications Belges, et produisit, de cette manière, V Introduction à la Bibliographie de Belgique. Relevé de tous les écrits périodiques qui se publient dans le royaume par les Sociétés savantes, les Administrations publiques, les Associations et les particuliers (i). Ce recueil devait être la préface de la Bibliographie de Belgique, ^journal officiel de la librairie Belge, publié sous le patronage du gouvernement. Le premier numéro de ce périodique a paru le i®"" janvier 1875.
La deuxième Section de la Commission Belge ne négligea aucun effort, en vue de provoquer dans d'autres pays la création de Commissions similaires. Sur sa demande, le gouvernement de S. M. le Roi Léopold II adressa des communications diplomatiques aux différentes nations qui avaient été représentées à la Conférence de Paris en 1867. On ne répondit pas alors à son appel. Toutefois la France l'entendit, et saisit la première occasion d'entrer dignement dans la voie des Échanges Internationaux.
Résolutions prises au Congrès de Géographie de Paris en 1875. — Cette occasion se présenta lors du Congrès des Sciences Géographiques, qui se réunit à Paris en 1875.
M. Ch. Ruelens, commissaire de la Belgique à ce Congrès, M. le colonel William Huber, commissaire de la Suisse, et M. le Baron de Watteville, directeur des « Sciences et Lettres » au Ministère de l'Instruction publique, commissaire de la France, s'entendirent pour signaler à leurs collègues le but, l'utilité des Échanges Internationaux et le désir qu'ils avaient de les voir s'étendre à toutes les nations. Les efforts tentés par la Belgique furent exposés par M. Ruelens et on en vint à tenir des conférences spéciales pour étudier la question des Échanges. Les adhésions des commissaires devenant de plus en plus nombreuses, une réunion générale fut décidée. Elle eut lieu, sous la pré^ sidence de M. de Waneville, le 12 août 1875. Vingt-deux délé-
(i) Bruxelles, librairie Manceaux, 1877; 1 vol. in>8o.
gués y assistèrent, et dix-sept d'entre eux signèrent le protocole suivant :
« Les Commissaires soussignés se proposent de demander à leurs Gouvernements respectifs :
« D'organiser dans chaque pays un bureau central chargé de réunir les publications cartographiques, géographiques, etc., éditées aux frais de l'Etat, et de répartir ces publications entre les différentes natipns qui ont adhéré au présent programme.
« Ces bureaux, qui doivent correspondre direaement entre eux, serviront également à transmettre les communications scientifiques internationales des Sociétés Savantes.
« Ils serviront d'intermédiaires officieux pour acquérir dans les meilleures conditions possibles les ouvrages, cartes, instruments, etc., publiés ou fabriqués dans chaque pays et demandés par un pays adhérent.
a Chaque bureau doit envoyer au minimum, aux pays adhérents, un exemplaire des publications de sa nation. »
L'impulsion était donnée, et on était appuyç de dix-sept signatures apposées au bas de cette Convention. La France se mit alors résolument à l'œuvre et poussa ses travaux avec la plus grande énergie, malgré les empêchements matériels cjui l'ont arrêtée jusqu'à ces derniers temps. Le Service des Echanges Internationaux n'avait eu d'abord à sa disposition ni budget, ni p^îrsonnel, ni local. Un employé s'en occupait seul, en dehors de son travail. Depuis le mois de mars 1879, les Échanges ont un personnel, et on leur a affecté, pour l'exercice 1880, un crédit de cinq mille francs inscrit au budget de l'Instruction Publique. Ce crédit doit surtout être considéré comme un premier essai et un encouragement, et il faut apprécier son importance administrative.
Le protocole du 12 août 1875, suffisant au premier moment, ne posait pas encore les bases d'exécution. M. de Watteville, commissaire de la France, fut chargé par ses collègues signataires dudit protocole de former à Paris une Commission Centrale pour établir les principes d'organisation et de fonctionnement des Échanges Internationaux.
Cette Commission Centrale devait faire et fit place à des commissions ou à des bureaux,' constitués dans chaque pays, après la discussion et l'acceptation du projet de règlement sui-
vant, qui lui fut communiqué par M. de Watteville dans sa réunion du 29 janvier 1876 :
Projet de règlement pour l'échange international des publications scientifiques a soumettre aux puissances contractantes.