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LE SOMMEIL HIBERNAL MANIFESTATION D’ADAPTATION SAISONNIÈRE

Si tous les auteurs sont d'accord à considérer le sommeil hibernal comme une manifestation d'adaptation saisonnière äu métabolisme, il nous reste encore à envisager jusqu’à quel point on réussit à modifier volontairement le cours de ce cycle annuel...

Nous avons institué plusieurs séries d'expériences dans le but de préciser ce point.

1. Nous avons placé des hibernants à différents moments, en été, dans des conditions thermiques différentes et nous avons étudié l’aspect des différentes glandes chez les animaux adaptés. Nous avons également étudié la calorification de ces animaux. L'ensemble de ces résultats a déjà été exposé plus haut. Nos expériences ont porté sur le Loir, le Lérot et le Hamster, Tous les résultats ont été uniformes : hypophyse,

thyroide, glandes génitales présentent un aspect caractéristique du mois du prélèvement. Cet aspect reste à peu près inchangé, que les animaux vivent à 27° ou 10°. Un séjour de 15 à 50 jours à une température déterminée a été incapable de modifier l'aspect saisonnier caractéristique : une thyroïde d'août ou de septembre garde son aspect d’involution relative, “aractéristique de ce mois, indépendamment de la température à laquelle vit le sujet. La même observation s'applique à l'hypophyse et aux glandes génitales. Nous avons dit plus haut que seule la richesse en tissu chromaffine de la médullosurrénale nous a permis de reconnaître sur la coupe la température à laquelle avait vécu l’animal en expérience.

2. En répétant ces mêmes expériences en novembre, nous avons trouvé des résultats très voisins, mais qui ne sont pas tout à fait identiques tout de même. Nous avons relaté plus haut l’aspect que présentent en novembre les glandes endocrines du Hamster séjournant à 10°. Nous résumerons ici les observations faites sur des Hamsters (Cricetus frumentarius) vivant depuis 15 jours à 27°. Comme nous le remarquions plus haut, la cortico-surrénale présente une « pseudo-zone X » très développée. La médullaire ne contient pas une seule cellule avec réaction chromaffine chez un sujet, tandis que chez l’autre 1/10 de la glande présente cette réaction. La thyroïde a l'aspect d’une glande au repos complet. Les vésicules séminales sont au repos complet. Mais les testicules des deux sujets sont plus actifs que les testicules des Hamsters sacrifiés en novembre ou décembre : si l’interstitielle est encore atrophiée chez l’un, elle présente chez l’autre l’aspect d’une glande plus développée, malgré les dimensions encore réduites de ces celiules ; on aperçoit dans le reste de la glande les signes d’une activité spermatogénétique renaissante chez les deux animaux L'examen de l’hypophyse semble donner la clef de cet aspect de préspermatogénèse précoce, car contrairement à toutes les hypophyses examinées à cette époque, on constate dans cette série un nombre déjà considérable de cellules éosinophiles. Un séjour de 15 jours à 27° a réussi à déterminer un aspect des glandes endocrines en novembre que l’on ne rencontre normalement (entre 10° et 15°) que 2 mois plus tard.

3. Nous avons conservé un Loir (N° 23) à 10°, sans nourriture, sans boisson, à l'abri des bruits et des excitations

tactiles depuis le mois de mars (1) jusqu’à la fin juillet. L’animal à dormi des semaines et des mois, sans interruption ; la calorification déterminée à de fréquents intervalles nous a donné les résultats suivants au cours du printemps et de l'été :

TABLEAU I

Echanges Respiratoires du Loir N° 23 au cours d’une phase de sommeil ininterrompu de 4 mois.

Date Quotient Température Oxygène consommé : : ee par kilo de la mesure respiraloire du milieu et heure en cm? 22.3.38 0,713 8°8 24,10 | 22.3.38 0,731 10°0 1720) | 28.3.38 0,710 SL 15,27 * 2.4.38 0,702 10°0 16,25 2.4.38 0,743 10°0 15,00 6.4.38 0,717 8°0 12,45 8.4.38 0,716 8°0 13,14 16.4.38 0,702 10°5 15,68 30.4.38 0,730 9°2 14,34 30.4.38 0,694 pa 13,08 6.5.38 0,691 A2 14,46 1275788 0,706 90, 14,14 19.5.38 0,761 10°0 15,48 239-930 0,745 10°0 14,58 27.5.38 0,702 10°0 14,96 31.5.38 0,799 10°7 18,48 2.6.38 0,736 1022 14,75 7.6.38 0,735 10°2 15599 | 13:0:382—1 0,737 10°0 16,04 | 17.6.38 0,751 10°0 14,12 | | 20.6.38 0,679 10°0 15572 | | 29.6.38 0,697 | 10°4 | 16,79 | | 1.7.38 0,765 995 12,76 | 6.7.38 02711 10°0 14,50 TS 0,700 9°6 16,53 | 16.7.38 0,702 9°8 15,47 (*) Sommeil interrompu accidentellement, le 1.4.38.

Cet animal a présenté jusqu’à sa mort (tué au chloroforme en plein sommeil le 23.7.38) l'attitude caractéristique du sommeil et la respiration périodique de Cheyne-Stokes avec pauses respiratoires de 20 minutes entre chaque groupe respiratoire. L'examen histologique des glandes endocrines préle-

{) Le même Loir a déjà dormi de novembre à mars ; mais pendant cette période le sommeil a été discontinu.

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