BENEDICT
d'expériences : il s’est contenté d’observer les animaux et a simplement pris leur température. Au début et à la fin de l’hiver les périodes de sommeil ininterrompu nous ont semblé plus courtes. Comme le dit DuBois [13], «les phases de sommeil, d’abord plus courtes que celles des réveils, deviennent égales à celles-ci, puis de plus en plus longues : elles durent deux, trois, quatre jours, de telle sorte que vers le quinzième jour on en voit qui continuent huit jours et plus. Au fur et à mesure que les périodes de sommeil s’allongent, la torpeur s’aggrave ». Nos mesures d'échanges confirment entièrement ces observations de DuBois : au début de l’hiver, quand les périodes de sommeil sont courtes, la calorification est assez élevée (mesures sur le Spermophile) : c’est ainsi que nous observons des consommations d'oxygène de 78, 53 et 41 cm3 par kilo et heure, tandis qu’en état de sommeil profond la consommation du même animal tombe à 20 cm.
Sur le Loir, nous voyons que la consommation d’oxygène et le Q.R. sont d’autant plus irréguliers que les phases de sommeil ininterrompu sont plus courtes (tableaux IX et XIX). L'animal qui dort le plus longtemps a le Q.R. le plus constant ; quand ses phases de sommeil deviennent plus courtes, les Q.R. deviennent irréguliers et la consommation d’oxygène de même (Loir n° 2).
Des périodes de sommeil de plus de 20 jours semblent exceptionnelles ; les auteurs se sont donc demandés quelle pouvait être la cause des réveils « spontanés ». Si l’on trouve déjà chez QuiNckE [41] mention de la distention vésicale et rectale, DuBois [13] a eu le mérite d'aborder cette question expérimentalement : il réalise sur deux animaux des fistules vésicales. Les animaux se remettent à dormir et meurent. Les courbes de température, la durée de l’évolution montrent toutefois nettement que les Marmottes sont mortes pour de toutes autres raisons que « l’absence de stimulus normal du réveil >. Nous croyons être en droit d'affirmer que la distension vésicale et rectale, dont on ne peut nier l’effet possible, doivent avoir un rôle infiniment moins important que celui qu’on leur attribue en général, car le Loir N° 23 a dormi 110 jours environ sans interruption. Nous l’avons tué en état de sommeil profond. Le Loir N° 2 a dormi plus de 3 semaines sans interruption, tandis qu’en général, le Loir se réveille ‘ « spontanément » après 10 jours. Ayant constaté que des con-
centrations de 1 à 2 p. 100 de CO, de l’air inspiré réveillent facilement le Loir, nous attribuons à ce gaz le rôle que l’on a attribué à la distension vésicale.
A partir du moment où nous avons isolé les animaux, où nous avons évité toute variation thermique, toute accumulation de CO,, tout bruit, toute excitation tactile, nous n'avons plus jamais observé de réveil « spontané ». Nos expériences ayant trait à ce sujet sont encore de trop courte durée mais 15 jours à trois semaines de contrôle sur des Spermophiles et des Muscardins, 2 expériences de 15 jours sur des Loirs et une autre de plus de 3 mois nous font penser qu’il n'existe pas de réveil spontané chez l’hibernant (1). Le réveil est toujours déterminé par une cause extérieure : bruit, température, excitation tactile, chimique etc. Si ces facteurs prennent une-importance considérable dans les conditions spéciales qu'offre le séjour au laboratoire, ils ne semblent, toutefois, pas non plus négligeables dans les conditions normales de vie des hibernants : DAUBENTON [10 bis] attire déjà l’attention sur le fait que les Marmottes sont souvent réveillées dans leurs terriers quand on les déterre par des journées chaudes en hiver.
Conclusions.