février
2. Sémonville avait été désigné pour l'Ambassade de Constantinople aussitôt après le rappel de Choiseul- Gouffier; sa mission était considérée comme très importante. Son départ de Gênes fut retardé par l’achèvement des présents magnifiques qu'il devait offrir au Grand Seigneur. En octobre, Sémonville n’était pas encore parti. Dans l’intervalle, le Conseil Exécutif fut instruit, non seulement des intrigues de Choiseul-Gouffier à la Porte, mais des démarches faites auprès du Sultan par les Ministres des Cours coalisées, notamment par le ministre de Naples, pour rendre Sémonville odieux aux Tures et empêcher qu'il ne fût reçu à Constantinople comme Ambassadeur de la République. Pour soustraire la France à un affront, qui eût entraîné la rupture avec une Cour que nous avions le plus grand intérêt à ménager, le Ministre des Affaires Etrangères, Lebrun, jugea
nécessaire de suspendre le départ de Sémonville et de dépêcher à Constantinople un agent secondaire, chargé de préparer la réception de l'Ambassadeur et d’entamer des négociations qu'il n’était pas possible de différer plus longtemps. Sémonville recut l’ordre de se rendre en Corse. Pendant ce temps, on découvrit parmi les papiers de l’armoire de fer, une lettre de Talon à Louis XVI, dans laquelle Sémonville était représenté comme ayant, sous des couleurs jacobines, un cœur tout dévoué au service du Roi. Ces éloges le rendirent suspect au Conseil Exécutif. Lebrun lui écrivit avec beaucoup de ménagements pour l’engager à rentrer en France et se justifier. I y revint en effet ct réussit à faire dénoncer Lebrun à la Convention, à laquelle ce fut à l’ancien ministre d’adresser un mémoire justificatif.