‹ Les échelles de Syrie et de PalestineChapitre 105 sur 135 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

sur l’ensemble des Echelles ; l’amoindrissement du pouvoir et des fonctions consulaires; l'indépendance, la liberté individuelle conquises par les nationaux; l'abolition, en fait ou en droit, d’un grand nombre des dispositions qui réglementaient leur existence et l’exploitation de leur commerce; l’expulsion des résidents français de deux des principales Echelles et jusqu’à la substitution de nouveaux négociants aux anciens : tout révèle ou présage la fin d’un régime et l’établissement d’un nouvel ordre de choses. Pour le moment, les Echelles de Syrie et de Palestine se débattent dans l’anarchie et dans l'incertitude. Mais quand elles sortiront de cet état temporaire, elles renaîtront sous une forme notablement différente de celle que nous leur avons vue au xvitre siècle. L'administration des Echelles du Levant aura perdu cette individualité, qui en faisait un organisme propre et presque indépendant. Leur commerce avec la France aura perdu ce caractère exclusif, qui, en le réservant aux seuls Français, en le centralisant dans un seul port, celui de Marseille, en faisait une sorte d’apanage au profit de navigateurs et de commerçants spécialisés dans ce trafic et tendait à rendre les marchés d'Orient assimilables à un empire colonial. Leur constitution interne aura perdu cette originalité, cette cohésion, cette rigidité, qui résultaient d'obligations rigoureuses et de lois sévères. En un mot, les Echelles seront, ou peu s’en faut, rentrées à l’égard de la France dans le droit commun : elles conserveront, par rapport à l’Empire Ottoman, le bénéfice d’une juridiction d'exception, que les Capitulations ont maintenue en vigueur jusqu'aux traités qui ont mis fin à la dernière conflagration européenne.

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