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ANNEXE II, CONSULATS ET AGENTS EN SYRIE

dié, Pierre de Croiset, Balthasar de Bonnecorse, J. Desguisier des Tourres, J.-B. Estelle pour Seyde

L’habitude de recourir aux services de Marseillais se maintient, ainsi qu’il appert de cette énumération, même après la dépossession des propriétaires, pendant la période où les consulats du Levant,

mus en bloc à la disposition de Seignelay, sont affermés par lui. Il arrive que des liens de parenté directe ou indirecte existent entre des Consuls dirigeant, soit au même moment des postes différents:

soit le même poste à des moments différents. Ainsi se forment de véritables familles consulaires, où plusieurs frères sont à la fois consuls dans le Levant et où l’on est de père en fils consul en Orient,

par exemple les familles de Bermond, d’Anthoine, de Gardane, Le Maire, Guys, Beaussier, de Poe

Péleran, Arasy, Taitbout de Marigny, Cousinéry, Clérambault, pour ne citer que des noms qui apparaissent dans les listes consulaires de Syrie aux xvrre et xvrirre siècles. A ce caractère participe, soit dit en passant, la famille de Lesseps, avec les frères Barthélemy et Mathieu, père et oncle d’Edmond,

Jules, Victor et Ferdinand de Lesseps, tous entrés à leur tour au service consulaire. Même M norte pour la famille Rousseau, dont le nom fut porté et promené par trois générations de Consuls à Bagdad, Bassorah, Alep, en Perse,en Barbarie. La majorité de ces familles de consuls en Orient sont marseillaises ou Droles, mais seulement la majorité. Apparentés entre eux ou non, les consuls de France en Orient, à partir du moment où le Secrétaire d'Etat de la Marine les choisit et les désigne, et ne se borne plus à les agréer sur la présentation d’un propriétaire de consulat, cessent d’être pour ainsi dire spécialisés dans un poste ou dans une région et passent successivement dans plusieurs Échelles du Levant et de Barbarie, parfois dans beaucoup au cours de leur carrière. Ce sont mêmes noms, mêmes agents qu’on rencontre à tour de rôle au Caire et à Alep, à Smyrne et à Seyde, en Morée et à Tunis ou Alger. Les noms de quatre, cinq ou six Échelles figurent couramment dans les états de service d’un même Consul. Ainsi se constitue un cadre d’agents de carrière. Peu à peu, dans ce cadre, diminue la proportion des Marseillais, bien qu’elle reste toujours assez forte. Au cours du xvirre siècle y sont introduits par le Gouvernement Royal des officiers de l’armée de terre, tels le chevalier de Taulès, Renaudot, Amé, Devoize, le chevalier de Laidet, pour ne citer encore que des noms rencontrés dans les Consulats de Syrie. L'introduction parmi les consuls d'Orient de ces militaires (et aussi de civils comme, par exemple, Saint-Marcel, ancien secrétaire de Saint-Priest à Constantinople), atténua le caractère régional, marseillais de ce cadre consulaire, qui toutefois ne le perdit jamais complètement. Enfin, quelles que fussent leur origine et leurs occupations antérieures, plusieurs des Consuls qui représentèrent la France à Alep, Tripoli et Seyde aux xvire et xvirie siècles furent des hommes remarquables par l'intelligence, le savoir et le caractère. Ainsi, à Alep, Gédoyn dit le Turc, dont le journal de voyage et la correspondance ont été publiés par Auguste Boppe; François Picquet, qui devint Vicaire-apostolique en Perse avec le titre d'Ambassadeur du Roi de France; François Baron, qui procura à l'Ambassadeur Noïntel la doctrine des églises syriennes; Laurent d’Arvieux, dont les Mémoires sont pleins d'intérêt et qui fournit à Molière les données de la cérémonie turque du Bourgeois gentilhomme; Claude Lemaire, les deux Péleran, les deux de Lane, Joseph Arazy, Petro de Perdriau; à Seyde, Antoine de Bétandié, qui avait beaucoup contribué, comme négociant, à développer le commerce de la Syrie avec Marseille, Benoist Le Maire, Taulès, qui connut les temps difficiles des campagnes d’Ali-Bey et de Mohammed-Abou-Dahab, Jean-Vincent Arazy, Bonaventure Beaussier, qui eurent affaire au Cheikh Daher et à Djezzar Pacha; à Tripoli, Poulard, Monhenault, Jacques-Louis Lemaire, Clérambault.

Un nouveau poste consulaire français en Syrie, Saint-Jean d’Acre, fut créé comme vice-consulat dépendant de Seyde en 1723 et maintenu à ce rang jusqu’en 1782. A cette date il fut érigé en consulat au profit de Renaudot, ancien officier de cavalerie. Nous avons raconté les événements qui obligèrent tous les Français, consul en tête, à s’en retirer, comme de Seyde, devant les persécutions de Djezzar.

Rames, Jaffa, Alexandrette et Lattakieh furent des vice-consulats intermittents.

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Rames fut, depuis 1701, un vice-consulat dépendant de Seyde, souvent laissé vacant, finalement supprimé avant l'inspection générale de M. de Tott, qui propose de le rétablir en 1777. Jaffa, viceconsulat dépendant de Seyde, fut supprimé par la réforme de 1776. Quant à Jérusalem, une tentative malheureuse avait été faite en 1624 pour y installer un consul nommé Lempereur. Nous avons rapporté la deuxième tentative, non moins malheureuse, faite à cet effet en 1693-1700 et la troisième et dernière, en 1713-1715.

Alexandrette fut un vice-consulat dépendant d'Alep depuis 1674. Lattakieh fut érigé en vice-consulat en 1779.

Une Ordonnance royale du 9 décembre 1776 établit entre les postes consulaires du Levant et de Barbarie une hiérarchie, en les distinguant en consulats généraux, consulats particuliers et vice-consulats. Elle institua, parmi quatre consulats-généraux dans les Échelles du Levant, un consulat général de Syrie et Palestine, dont elle fixa le siège à Seyde et fit dépendre les vice-consulats de Tripoli et de Saint-Jean d’Acre. À Alep, elle n’installa qu'un consulat particulier, dont elle fitrelever comme de juste, le vice-consulat d'Alexandrette, C’est cette ordonnance qui dota les consuls des Échelles d’un uniforme ainsi décrit : « L'uniforme des consuls-généraux, des consuls particuliers et des vice-consuls sera composé d’un habit de drap bleu-de-roi, avec parements de même couleur; veste et culotte de drap écarlate; doublure de l’habit de serge écarlate; manches en bottes, boutonnières jusqu’à la taille, trois sur chacune des poches et des manches; boutons de cuivre doré, timbrés des armes du Roi. L'habit et la veste des consuls-généraux seront bordés à la Bourgogne d’un galon d'or de neuf lignes de largeur et d'un autre de dix-huit lignes; le grand galon double sur les manches et sur les poches, conformément aux modèles qui seront envoyés dans chaque Échelle. L’habit et la veste des consuls particuliers seront bordés comme ceux des consuls-généraux, à l'exception du. double galon sur les manches et sur les poches. Les vice-consuls auront seulement sur l’habit et sur la veste le grand bordé de dix-huit lignes » (art. 5). « Sa Majesté défend aux consuls-généraux, consuls particuliers et vice-consuls de porter d’autre habit que l'uniforme ci-dessus dans les fonctions publiques de leur charge, telles que visites de cérémonie et assemblées nationales ».

La grande Ordonnance royale du 3 mars 1781 mit fin à la brève existence des « consulats particuliers », dénommés par elle et dorénavant consulats tout court. Elle transforma en consulat général le be consulat d'Alep, Échelle dont l'importance justifiait cette promotion, et en consulat le vice-consulat de Tripoli de Syrie. Elle détermina comme suit les trois départements des deux consulats généraux d'Alep et de Seyde-Palestine et du consulat de Tripoli : « Consulat général d’Alep : la côte d'Asie depuis le cap Mala jusqu’à Lattaquiéet, dans les terres, le gouvernement du Pacha d’Alep. Consulat de Tripoli de Syrie:la côte d'Asie depuis Lattaquié jusqu'aux environs de Baruth. Consulat

général de Seyde et de Palestine : depuis et compris Baruth jusqu’en Égypte et, dans les terres, Jérusalem et toute la Palestine ». | 3

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