CHAPITRE III
LA VIE DANS LES ÉCHELLES DE SYRIE ET DE PALESTINE RAPPORTS DES FRANÇAIS AVEC LES INDIGÈNES ET LES ÉTRANGERS
I. — Résidents français, religieux, protégés, tels sont les trois éléments d’une nation, On n'aurait qu’une idée fort inexacte de leur existence, si on n’envisageail quels étaient leurs rapports avec les indigènes dans les Echelles de Syrie.
Si résolus que fussent les Français à se cantonner dans leur khan, ils ne pouvaient se tenir complètement à l'écart des Turcs. D’abord le commerce les mettait en relations avec eux. Ensuite les Turcs interprétaient à leur manière le principe de la solidarité des Français : ils rendaient la nation entière responsable des torts réels ou prétendus d’un de ses membres contre un des leurs. Tout Musulman lésé ou qui se prétend lésé s’en prend à la nation. Le Pacha, qui cherche partout une occasion de profits, feint de prendre en main la cause de son ressortissant, évoque l'affaire à son divan et, comme la force lui appartient, impose en général à la nation le paiement de quelque contribution. Aussi les rapports des Français avec l’élément indigène se
résument-ils la plupart du temps dans leurs rapports avec le Pacha et les autres « puissances du pays ».
Les Consuls et les marchands se servent de cette expression pour désigner les”
fonctionnaires de l’administration ottomane. Nombreux sont les fonctionnaires groupés autour du Pacha dans les Echelles qui sont en même temps des chefs-lieux, autour du Musselen (Sous-Gouverneur) dans les Echelles secondaires. C’est le Seraskier où général en chef, si le commandement des troupes et l'administration
civile ont été divisés entre deux hommes; c’est le Cadi, chef de la justice; c’est le”
Muhassil ou Grand-Douanier; c’est le Ouali, sorte de préfet de police; c’est le Kiaya,
secrétaire-général du Pachalik; ce sont l'Aga des Janissaires, le Kaïimakam, le chef.
des Chérifs', etc. etc. En vertu du despotisme qui caractérisait l'administration ottomane, la bonne volonté de ces puissances était le plus sûr garant de la prospérité
1, Voyez Volney, Voyage en Egypte et en Syrie, ch. IX, t. If. Gouvernement des Tures en Syrie,
Les Ecuerces DE
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Le Grand Seigneur (SULTAN MOUSTAPHA III)
d’après une gouache du 18° siècle, appartenant à Mme Gasron AUBOYNEAU.
Le REIS EFFENDI
d’après une gravure de DALVIMART
(Ministre
, éxtraite d’un
des Affaires Etrangères).
recueil de types et costumes du Levant.