‹ Les échelles de Syrie et de PalestineChapitre 46 sur 135 · décembre 1731. 6. 6 mai · texte numérisé non relu

décembre 1731. 6. 6 mai

4%, « Si les choses sont ainsi qu’on le débite, il y a appa- 7. 30 décembre 1732. rence que la paix est assurée et que notre commerce

pourra se ressentir des avantages de cette paix »,

22 mars 1723,

Kouli-Khan, la guerre ne pouvait-elle s'étendre jusqu’à Alep? Ils le redoutaient, et la population indigène encore plus. À défaut d'avant-garde persane, des corps de troupes turcs traversaient constamment Alexandrette et Alep et donnaient à la nation de ces Echelles l'illusion d’une occupation militaire. Tantôt ce sont 1200 janissaires, que deux « Sultanes du Grand-Seigneur » ont débarqués à Alexandrette, avec 700 barils de poudre et 6 caisses de sabres pour la garnison de Bagdad : ils font grand ravage dans le pays, placent des sentinelles aux portes des Francs pour les empêcher, disentils, d’être insultés, et leur font payer cette sauve-garde 60 piastres, sans préjudice d’un présent de 200 piastres exigé par leurs oïficierst. Tantôt ce sont des condamnés, qu’on a tirés des prisons du Caire pour les envoyer aux frontières de Perse : comme le vice-consul de France marchande sur un présent de 120 piastres, ils le traînent tel un misérable, leur couteau à la main, menaçant de temps à autre de le lui enfoncer dans le sein, frappant le drogman qu'ils accusent de ne pas lui traduire leurs paroles?. Heureusement un an après ces violences, une nouvelle trêve vint rendre le repos aux Français et les rassurer sur l’avenir de leur commerce : engagés dans une autre guerre contre la Russie, les Turcs avaient signé avec Thamas-Kouli-Khan un traité qui leur laissait Bagdad, (1736). |

Sept ans d’une paix que troublèrent malheureusement des discordes intestines permirent néanmoins aux résidents de reprendre haleine et de réparer une partie des pertes que les précédentes campagnes avaient infligées à leur commerce. Mais en 1743, pour la troisième fois depuis treize ans, là guerre éclatait entre Thamas-Kouli- Khan et les Turcs : pour la troisième fois elle se terminait par leur déroute (1746). Aussi le Consul De Lane mandait-il à la Chambre qu’Alep était encore coupée de ses relations avec la Perse, « où le commerce est détruit, à ce qu’on dit, de manière à ne plus rien attendre de ce pays-là qu'après la mort de Thamas-Kouli-Khan 5. » Deux mois après, un meutrier réalisait le vœu du Consul en tuant l’usurpateur persan (24 mai 1747) : mais s’il débarrassa la Turquie d’un ennemi redoutable, son crime mit le comble au désordre de la Perse. « Les affaires de Perse semblent s’embrouiller de plus en plus, écrit le Consul d’Alep * en 1751, et il y a autant de prétendants au trône de cette Monarchie qu’il y a de personnes assez ambitieuses ou assez puissantes pour y aspirer.. Ces troubles portent un grand préjudice à notre commerce et surtout à celui d'Alep. » Ce ne furent que combats incessants entre descendants de l’usurpateur et descendants des Shahs détrônés, entre Gouverneurs de provinces, jusqu’au jour où un Turkoman, Kerim-Khan, vers 1760, fit reconnaître son pouvoir dans la plus grande partie de l’Empire 5. Encore son âge avancé et les faux

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