‹ Les échelles de Syrie et de PalestineChapitre 93 sur 135 · LES · texte numérisé non relu

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mêmes Consuls : son dernier mot fut qu’il en accueillerait peut-être d’autres 1. Justement à cette époque, deux négociants français, Daling et Martin, informèrent l'Ambassadeur de leur établissement à Acre et à Seyde, et de l’accueil empressé que Djezzar leur avait fait. «A notre arrivée, lui écrivirent-ils, le Seigneur Djezzar a émissé des ordres pour qu’on nous donnât de suite le logement et les magasins nécessaires à notre commerce tant ici qu’à Seyde. Son Altesse nous charge de mander à Votre Excellence qu'Elle verra avec plaisir de nouveaux négociants français s'établir à ie Seyde et autres villes de son gouvernement, de même qu’un nouveau Consul

à Seyde. » Choiseul- Gouffier n’hésita pas à blâmer formellement ces Français qui s’installaient « sur la débine de leurs compatriotes » et leur intima l’ordre de se retirer. Mais son autorité n’était désormais pas plus reconnue des sujets du Roï que celle de la Porte ne l’était de Djezzar.

XV. — L'exemple de Djezzar encouragea les autres Pachas à satisfaire leur avidité aux dépens des Français. En arrivant à Tripoli de Syrie les résidents de Seyde pouvaient se croire quittes de toute vexation. Dervich-Pacha ne manqua pas cependant de leur faire sentir la grâce qu’il leur faisait « en les souffrant dans cette ville sans permission du Grand-Seigneur?.» Il voulut les forcer,eux déjà si infortunés, à lui prêter 20 bourses pour solder les dépenses nécessaires au retour de la caravane de La Mecque : ils refusèrent. Alors 5,1l avertit le Consul, M. de Laidet, qu'il exigerait cette somme des négociants français de Tripoli, soit 10.000 piastres, dont une moitié en argent comptant et l’autre en drap d’excellente qualité. Si les Français refusaient encore, le Pacha ordonnerait à tous les débiteurs qui devaient les payer en soie de porter chez lui leurs marchandises. Pour les forcer à consentir, il avait fait arrêter et emprisonner un protégé français, Antoun Chaptiny Fermanly, qu’il menaçait de mettre sous le bâton. Laiïidet réclama le prisonnier, en s’élevant contre une violation aussi audacieuse des Capitulations. Mais l'impunité de Djezzar déjouait d'avance ses démarches. « Voyez, répétait le Musselem au Pacha, voyez l'exemple de Djezzar, qui a commis toutes les violences possibles contre les Français : que lui en est-il arrivé? Rien du tout. » Le Consul dut se contenter d'amener Dervich-Pacha à une transaction : la nation lui paya 5.000 piastres, auxquelles les résidents de Seyde, dont

À. Lettre du comte de Choiseul-Gouffier à Dumouriez, Ministre des Affaires étrangères, juillet 1792. Dans

fidélité de son harem, puisqu'il fit étrangler huit de ses esclaves. Mais je ne puis croire que des étrangers attirés

la même lettre, l'Ambassadeur mentionne un singulier motif de la haine de Djezzar contre les Français. « Emin Effendi prétend, dit-il, que Djezzar lui a fait entendre, sous le sceau du plus inviolable secret, que son honneur et sa religion avaient été outragés par une intrigue amoureuse de ces négociants français. Il est bien vrai que Djezzar crut alors avoir à se plaindre de la

en Syrie par l’espoir d’y faire de bonnes affaires se soient exposés au péril qu’entraînent chez les Turcs de pareilles légèretés ». |

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