CHAPITRE VI
Beyrouth et sa colonie européenne
Repartis à midi de Jaffa, nous ne perdions plus la côte de vue. Le soir à six heures nous passions devant le Garmel, que le brouillard nous empêcha de voir. Aux lueurs du jour la gracieuse ville de Beyrouth nous apparut, semblable, selon le dicton arabe, à une charmante sultane accoudée sur un coussin vert et regardant les flots dans sa rêveuse indolence.
Ce qui frappe d'abord les yeux en arrivant à Beyrouth, ce sont les lignes majestueuses du Liban, qui courent au nord vers Tripoli, et au sud vers Seida. Les cimes de la montagne étaient couvertes de nuages ; nous ne pûmes pas voir la neige qui les couvrait déjà. Les petites maisons blanches de la ville, ses arceaux, ses
ogives, ses clochers élancés, les dômes de ses pins éclairés de si brillantes couleurs par le magnifique soleil de la Syrie, se détachent comme une parure de diamants sur les sombres couleurs delà montagne.
Les ruines des forteresses qui défendaient la ville, et que les Anglais ont détruites en 1840, s'élèvent d'une façon fort pittoresque sur d'énormes rochers, que la mer couvre et recouvre sans cesse de son écume blanche. La mer est presque toujours houleuse à Beyrouth; aussi n'est-il pas toujours facile d'y débarquer, et bien souvent est-on obligé de le faire au milieu des vagues qui se brisent sur le quai, au risque de les recevoir complètement sur soi. Plusieurs officiers du Lycurgue voulurent aller à terre durant la journée, et faillirent se perdre sur les brisants ; ils furent forcés de revenir à bord.
Le quai était couvert de monde au moment où nous mîmes pied à terre. Des nègres ou des hommes à la peau basanée et à demi nus se disputaient les bagages des voyageurs, qu'iis entraînaient dans des rues tortueuses, sales, non pavées, mais toujours dignes de l'admiration des artistes.
J'ai retrouvé à Beyrouth les bazars de Jaffa, les Turcs accroupis dans leurs boutiques et fu-
mant avec nonchalance le chibouk et le narghilèh. De grandes toiles tendues d'un bord à l'autre remplissent les rues de fraîcheur et de clairobscur; lapopulation de Beyrouth est plus mêlée que celle de Jaffa. On y remarque une très-grande variété de costumes : ici c'est le Druse avec son manteau rayé de longues bandes blanches et noires; là le Moucre du Liban vêtu de pourpre, l'Arabe drapé dans son burnous austère, le Turc nonchalant avec ses souliers de cuir jaune, son large pantalon, son turban le plus souvent vert.
Les femmes, au milieu de cette population, ressemblent toujours à des fantômes sous leurs grands voiles blancs qui les couvrent en entier.
Au commencement de ce siècle, Beyrouth était loin d'avoir l'importance politique et commerciale qu'elle a aujourd'hui. Mais sa situation au pied du Liban, son admirable climat, plus salubre que celui des autres points de la côte, et sa position maritime en ont fait rapidement une villericheettrès-commerçante.Legrandnombre d'Européens qu'y a fixés le commerce, et les visites incessantes des Maronites de la montagne en font presque une ville chrétienne. Toutes les nations y sont représentées par des consuls. La fortune de Beyrouth, détruite par l'usurpation turque, remonte au temps les plus reculés. Au-
guste l'appelait sa colonie et la combla de faveurs ; il lui accorda le droit d'avoir des écoles publiques. Adrien et ses succeseurs lui donnèrent bien des marques de leur prédilection.
« C'est qu'en effet, dit M. de Salverte (1), la salubrité et la douceur du climat, l'heureuse situation d'un port où viennent s'échanger les produits de l'Europe, de l'Egypte et de l'Asie, ont donné de tout temps à Beyrouth une population nombreuse, riche et intelligente. Comme ces plantes merveilleuses qui, mal à l'aise et repliées sur elles-mêmes dans nos serres, se développent et s'épanouissent en atteignant des grandeurs inconnues dans les belles régions du Midi, l'intelligence emprunte aussi ses dons les plus précieux à la richesse et à la force du sol. Cette terre féconde, illustrée par de magiques souvenirs, et que le soleil aime à dorer de ses rayons les plus doux; cette noble Syrie prodigue à ses enfants la beauté, la vivacité de l'esprit, l'habileté singulière à manier toutes les langues, l'aptitude rapide à toutes sortes de travaux. Nulle part aussi l'éducation n'est en plus grand honneur dans l'Orient ; chacun agit, s'exerce, veut s'instruire ; chacun est possédé du généreux désir d'apprendre. »
(1) La Syrie avant 1850, p. 39.
Les chrétiens d'Orient ont à Beyrouth des rapports constants avec leurs frères d'Europe. Ce commerce de tous les instants n'a pas peu contribué à leur faire aimer la France, à ce point qu'oubliant la funeste suzeraineté delà Turquie, ils ont pu se croire Français.
La colonie européenne est nombreuse à Beyrouth. Le service maritime des Messageries impériales y a établi la plus importante station syrienne, et le service des postes françaises n'a pas peu contribué à la fortune de cette ville. L'agent des Messageries impériales, au moment où nous la visitions, était M. Dervieux, qui plus tard s'est fait honorablement connaître par son intelligente exploitation des mines algériennes des frontières du Maroc, et par une excellente publication sur cette intéressante région. M. Dervieux, après nous avoir offert le café avec une grâce tout orientale , nous conduisit chez le directeur des postes, M. Camille Rogier, le peintre distingué, que l'on ne s'attend guère à trouver derrière la grille d'un bureau de poste syrien. Mais tel est l'attrait de cette terre privilégiée, qu'elle a captivé pour toujours l'aimable artiste qui ne s'est jamais lassé de son amour.
Le docteur Pistalozza, médecin inspecteur de la quarantaine à Beyrouth, habite une maison
bâtie sur un rocher que la mer frappe sans cesse. Cette délicieuse habitation, tout entourée de treilles chargées de vignes grimpantes, s'avance sur le golfe, dont les lignes onduleuses, brisées par mille voiles blanches, se déroulent devant elle comme un magique tableau.
L'heureuse châtelaine de cette poétique résidence, avant de nous recevoir, nous laissa tout le temps d'admirer son séjour. Nous fûmes agréablement surpris de voir en elle une gracieuse Parisienne, qui nous fît cet accueil attrayant et réservé à la fois dont les Françaises connaissent seules le secret.
Nous rencontrâmes M. le docteur Suquet, médecin sanitaire, à la maison des Sœurs de Saint-Vincent de Paul. Mon aimable et savant confrère me ramena chez lui. On respire dans cette charmante maison je ne sais quel air artistique qui partout y décèle le maître. Après avoir gravi un escalier de pierre, on arrive sur une terrasse au fond de laquelle se trouve un salon, ou plutôt une voûte ouverte du côté du nord, et qui l'été sert de salle à manger. A droite est le cabinet de M. Suquet; à gauche deux salons communiquent par une large ouverture de l'un à l'autre et s'ouvrent, comme le cabinet, sur la terrasse même. Les appartements supportent
un premier étage qui n'a pas de. toit. Les terrasses remplacent partout les toitures en Orient. Il y pleut fort rarement, et, quand l'eau pénètre sous les plafonds, on goudronne les fissures de la terrasse. Lesmaisons de Beyrouth sont presque toutes en pierres et relativement très-bien bâties. On y laisse le plus large accès possible à l'air du côté du nord, et l'on s'y barricade conlre le soleil.
M. le docteur Suquet remplit avec distinction à Beyrouth les fonctions de médecin sanitaire depuis la création du nouveau régime quarantainaire.
L'exercice des mesures sanitaires touche à un intérêt humain trop grave pour qu'il soit permis d'en négliger l'importance, et, dans le cas même où il serait un jour démontré que la peste et le choléra ne sont pas contagieux, il ne serait pas sage d'abandonner des mesures conseillées par la prudence, et propres à rassurer les populations maritimes contre des craintes souvent trop fondées.
Le décret du 24 novembre 1850 sur la police sanitaire et le règlement international, en abolissant les abus nombreux dont gémissait le commerce, a établi les mesures les plus sages et les mieux faites pour satisfaire toutes les exigences.
Des médecins commissionnés par le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, sont chargés de recueillir durant leurs traversées à bord des bateaux à vapeur du Levant, les renseignements qui peuvent intéresser la santé publique. Un médecin directeur de la santé à Marseille est chargé de l'exécution de l'arrêté de police sanitaire, et enfin d'autres médecins, résidant sur divers points de l'Orient, à Alexandrie, au Caire, à Beyrouth, à Damas, à Smyrne, à Constantinople, sont également chargés du même soin, en même temps qu'ils préviennent, s'ily a lieu, les autorités françaises de l'urgence de mettre les provenances de tel ou tel pays en quarantaine. Leurs rapports, adressés au ministre, renferment des documents précieux, dont la mise en œuvre pourra jeter un jour la plus vive lumière sur la question des grandes épidémies orientales. Qui, en effet, est mieux placé pour connaître l'Orient que le médecin sanitaire, que son titre et son caractère mettent en relation avec tout le monde? Les bienfaits qu'il répand lui ouvrent tous les cœurs. Grands et petits viennent le consulter, et une sorte de prestige sacré l'entoure aux yeux des populations indigènes. Lamissiondu prêtre est limitée en Orient par le fanatisme farouche qui empêche
les musulmans de prêter l'oreille aux paroles du missionnaire. Il faut d'abord parler au cœur de ces peuples avant de s'adresser à leur esprit, et la mission du médecin et de la Sœur de Charité, comme sentinelles avancées de la civilisation, peuvent amener des résultats immenses. Les Orientaux considèrent l'exercice de la médecine comme un sacerdoce. Leur vénération et leur reconnaissance pour celui qui leur rend la santé prennent dans leurs cœurs de profondes racines. Durantnotre séjour dans laDobroutcha, M. l'ingénieur en chef Lalanne, directeur delà mission danubienne, nous avait autorisés à donner des médicaments aux malheureux habitants malades du pays que nous visitions; au bout de peu de temps nous étions parvenus à faire ainsi accepter notre présence non-seulement avec joie, mais avec reconnaissance. C'était avec une grande et bien légitime satisfaction que nous entendions notre interprète nous répéter toutes les bénédictions dont nous couvraient les Tatars de ce pays, et nous traduire le parallèle que faisaient ces bonnes gens entre la manière d'agir des Russes et la conduite des Français à leur égard. Les uns n'étaient venus dans le pays, malgré leurs belles et perfides promesses, que pour brûler, détruire et tuer; les
autres venaient y relever les ruines, tracer des voies de communication et rendre la santé aux malades.
Les services que peuvent rendre à ce point de vue les médecins des Échelles du Levant, et qu'ils rendent d'ailleurs, sont immenses, quand surtout ils savent combiner intimement leurs efforts à ceux des consuls. Les Sœurs de Charité sont pour les médecins des auxiliaires puissants, et ceux-ci le sont pour elles dans cette belle mission d'influence française et catholique, si précieuse dans un pays où la Russie emploie tous les moyens pour établir la sienne. C'est aux efforts combinés des Sœurs de Saint-Vincent de Paul et de M. le docteur Suquet que l'hôpital de Beyrouth a pu rendre de si immenses services. Au moment de notre passage, cet hôpital ne subsistait que par l'industrieuse économie de ses fondateurs, et au moyen d'une loterie annuelle. Le dispensaire fournissait dans ce même temps 35,566 consultations et pansements en moyenne par année. Le nombre des malades visités à domicile ou dans les prisons du sérail s'élevait dans le même temps à 3,501 (1).
Les médecins sanitaires naviguant prêtent leur bienfaisant concours à celui des médecins
(1) G. de Salverte, p. 45.
des Échelles. Sur certains points fiévreux de la côte de Syrie, à Mersina, à Alexandrette, etc., ils sont heureux de consacrer les heures qu'ils y passent au soulagement des malheureux habitants malades.
C'est à chaque pas en Orient que se révèle l'importance de la mission du médecin sanitaire français. Que ne sont-ils plus nombreux! ils aideraient puissamment les consuls à maintenir et à étendre cette influence française, une des plus glorieuses missions de notre pays, dans cet Orient délaissé, opprimé et pourtant si riche de passé et d'avenir. C'est en soignant les corps qu'on arrive souvent à l'âme de ces malheureux déshérités de la civilisation. Le corps médical français, si prodigue de dévouements généreux, n'aura-t-il pas un jour aussi ses missionnaires au milieu des peuples barbares ! l'union du prêtre et du médecin pourrait porter d'admirables fruits. Notre-Seigneur, dans ses courses incessantes à la recherche des âmes, ne méprisa jamais les souffrances physiques. Il guérissait les corps, il attirait les cœurs ; il était le divin médecin, comme il était le prédicateur divin. Les apôtres, à son exemple, guérissaient autant qu'ils enseignaient; et depuis eux jusqu'aux temps du grand Xavier et du saint curé d'Ars,
toutes les souffrances, tant physiques que morales, accourent d'instinct vers le missionnaire catholique, parce que l'homme porte en lui le sentiment profond de l'unité de son être. Cette union miraculeuse du médecin et du prêtre, que Dieu veut parfois dans le secret de ses desseins, ne pourrait-elle pas exister dans de plus humbles conditions ? celui qui sauve les âmes ne marcherait-il pas d'un pas plus rapide souvent sur un terrain préparé par celui qui guérit les corps?
Comment s'étonner de la puissance d'attraction de la France sur les populations chrétiennes de la Syrie, lorsque les efforts de nos missionnaires, de nos Sœurs de Charité, de nos médecins, trouvent encore un appui et une protection toute-puissante dans l'action de nos consuls? comment s'étonner de la jalousie d'une puissance rivale, qui, si elle a le privilège des colonisations durables et riches, ignore l'art de se faire aimer et ne sait rien fonder que sur l'oppression, et au besoin sur l'extermination des races indigènes?
La colonie européenne est groupée à Beyrouth auprès des consuls protecteurs. Le consulat général de France, situé sur une hauteur, semble régner sur ce pays qu'il domine. La vue s'étend
d'un côté sur la ville, de l'autre sur la mer qui baigne le promontoire sur lequel est située la maison consulaire; en face se déroule le charmant panorama des maisons entre les arbres, sur un terrain doucement ondulé, et delà rade. Au loin le Liban étale ses rochers aux arides contours, ses blancs monastères et ses hautes cimes. Au moment de notre passage à Beyrouth, le consul général de France était M. Edmond de Lesseps, cousin de l'illustre pionnier de Suez. Son énergie et son habileté lui avaient fait une réputation digne d'envie pour un représentant de la France. Il était à la fois estimé et craint des musulmans et aimé des chrétiens. Les Arabes, de quelque religion- qu'ils fussent, ne manquaient jamais de faire place dans les rues ou dans les chemins au grand prince des Français. L'exquise distinction de M. Edmond de Lesseps était de nature à en imposer à ces populations, plus sensibles qu'on ne pense à ce genre d'autorité. M. de Lesseps connaissait d'ailleurs à fond les mœurs de la montagne comme les perfidies turques. Il comprenait les exigences des unes et savait déjouer les autres (1).
(1) Dans ses noies inédites, P. Reynier raconte le trait suivant :
« Le vice-consul français de Stïda avait découvert un grand
La passion des Arabes pour les chevaux est connue. Le goût très-fin de M. de Lesseps pour le noble animal n'avait pas peu contribué à lui faire la réputation dont il jouit en Syrie. Il montait ordinairement un cheval admirable, et le respect qu'on avait pour lui était augmenté encore de celui qu'on avait pour son cheval (1).
M. de Lesseps entretenait avec les grands chefs de la montagne, tant maronites que druses, les rapports les plus amicaux. Sa profonde connaissance des mœurs orientales lui permet-
et superbe sarcophage antique, dont le consul anglais lui disputait la possession. On attendait la décision du pacha, et l'opinion à Beyrouth était que le seul retour de M. de Lesseps, avant et sans qu'il en ouvrît la bouche, ferait résoudre 1e différend en laveur du vice-consul français.
« Le pacha parlait à M. Edmond de leur amitié réciproque qui était toujours, kam doal alla ( grâce à Dieu ), restée inaltérable. « Je suis convaincu, répondit celui-ci, que si l'on « voulait trouver un moyen de l'altérer, on le chercherait vai- « nement, fût-ce en fouillant dans la terre. » C'est là une sorte de finesse spéciale; mais comme finesse orientale, cette phrase et le geste pas trop appuyé, mais suffisamment intelligible qui l'accompagnaTt, sont des chefs-d'œuvre du genre. »
(1) Pour me donner une idée de la passion des Arabes pour lçs chevaux, M. de Lesseps me citait le fait suivant : «Abbaspacha, vice-roi d'Egypte, prédécesseur de Sud, possédait tous les individus de la race magourou, sauf une vieille jument borgne et boiteuse, en possession d'une tribu arabe du désert. Il la fit acheter au prix de 30<>,<l00 fr., dans la crainte qu'elle ne donnât encore le jour à quelque sujet de cette race. Les faits de ce genre ne sont pas rares. Les Turcs n'ont pas d'ailleurs, sur ce sujet, les mêmes idées que les Arabes. Ainsi un Turc ne monterait jamais une jument, et la jument est au contraire la monture la plus estimée de l'Arabe. »
tait de lire au fond des questions, et grâce à lui, durant son consulat, bien des causes de discorde furent écartées.
A l'ombre des drapeaux européens et surtout de celui de la France, la colonie chrétienne de Beyrouth s'est rapidement accrue ; sans perdre son cachet oriental, Beyrouth est une ville chrétienne, j'allais dire française.
Les Européens vivent tout à fait à leur guise ; leurs femmes circulent dans les rues le visage découvert, sans que jamais les musulmans leur manquent de respect. Beyrouth est la ville d'Orient où l'on rencontre la société européenne la plus distinguée et la plus attrayante. C'est une sorte d'oasis qui rappelle la patrie, que l'on n'aborde jamais sans joie et qu'on ne quitte jamais sans regret. Les plus douces surprises y sont réservées au voyageur, qui y respire à pleins poumons le parfum de la France. On y rencontre à chaque pas le regard sympathique du maronite; le Turc y est moins insolent, et le cœur bat d'émotion à la vue du missionnaire et de la Sœur de Charité. Comment la colonie française y serait-elle si nombreuse et si distinguée, si la Syrie n'était pas une terre française? Le Turc et l'Anglais s'y sentent moins chez eux. Les fils de Mahomet, ne pouvant pas y mar-
cher dans le sang, ne savent qu'y ramper dans la boue. Tigres et serpents, les ennemis des chrétiens de Syrie confondent dans une haine commune la France et le catholicisme.