SCÈNE II
Lts Précédents , Le Colonel QLIRA , LUCIE.
TORVAL ( allant à leur rencontre).
Que (le 1-emei-ciments pour laiit d'e'xaclilude !
LK COLONEL (lui serrant !a main).
C'est pour moi, mon cher gendre, une vieille habitude; Hier je vous avais dit que je vous viendrais voir , Et , comme le contrat sera signé ce soir. Il me semble déjà que je suis en famille , Et que je ne puis plus disposer de ma tille. Qu'en dis -tu , mon enfant ?
LUCIE (en souriant).
Mon bon père, l'époux De votre choix, pour moi , ne passe qu'après vous. N'est-ce pas naturel ?
TORVAL.
L'adorable Lucie N'a pas un sentiment que je ne ratifie.
LE COLONEL
(iC que vous dites là vous honore tous deux.
( A Torval. )
Allez , c'est un trésor, et vous serez heureux.
-DON JODET (à pari).
Le vieillard fait fort bien valoir sa marchandise.
LE COLONEL ( apercevant don Jodel ).
Ah ! seigneur don Jodet !
( Don Jodet salue.)
(ATorvaL) Nous sortous de l'église.
(Eu riant.) Je fais tout ce que veut ceclier petit lutin: Nous venons du lieu saint entendre , ce matin. Ce grand prédicateur nouvellement en vogue.
TORVAL (bas à don Jodel).
Soyez donc plus aimable et quittez cet air rogue.
LUCIE
Je crois qu'on ne peut pas être plus éloquent, Et vous admireriez avec Dioi son talent.
TÛRVAL.
1)011 Jodet m'en faisait l'éloge tout à riieure.
DON JODET ^ d'un air comraiûl).
( à pari. )
Oui, vraiment, en effet. Pour le coup, que je meure !.
LUCIE
Il a plu , j'en suis sûre , au seigneur don Jodet. Il a tant d'onction , d'abondance et de jet.
DON JODET.
C'est ce que je disais , et Torval , je vous jure...
LUCIE venant aiiuablemenl a son secours).
Doit se le figurer d'ai)rès votre peinture.
(Vest bien à vous . senor, de suivre les sermons.
Vous et moi , vous veirez , nous le convertirons.
LE COLONEL à don Jodet \
Ah ! vous allez , senor , être au mieux avec elle.
Lucii:.
Nous serons bons amis.
DON JODET I s'inclinant )•
Flatté, Mademoiselle!
Nous n'aurons pas aflaire au pécheur endurci.
TORVAL à Lucie).
Je sais que vous pouvez prêcher au converti ; On cède sans mérite aux paroles d'un ange.
LUCIE
Fi ! le flatteur !
DON JODET (à Lucie).
En lui vous aurez , s'il ne change , De Caslille et .\avarre un des galants maris , Chose rare, aujourd'hui , dans les divers pays.
(Tirant sa luonlie. }
Mais VOUS m'excuserez, c'est l'heure de la Bourse. Il me faut avant <^lle encor faire une course.
TOIIVAL (souriant).
N'allez pas oublier, monsieur rhomme d'argent, Dans les fonds espagnols et dans le trois pour cent Que vous devez venir signer dans la soirée Mon contrai , même si la rente était baissée.
DON JODET (saluant et sortant).
Je ne l'oublirai pas. — A ce soir, cher Torval.