‹ Les échos du Pas de RolandChapitre 19 sur 21 · PASSAGE DE LA FRONTIÈRE · texte numérisé non relu

PASSAGE DE LA FRONTIÈRE

Après Tassaut infructueux de la maison de Ganich, le capitaine Flamineau jugeant, malgré l'affirmation du vieillard , que la reine n'avait pu encore franchir la rivière débordée, et trompé d'ailleurs par de fausses indications, n'avait pas cru devoir continuer ses recherches de ce côté. Faisant donc rebrousser chemin à sa compagnie, il la divisa en plusieurs détachements, et donna l'ordre de faire des perquisitions dans les maisons du voisinage.

Quant aux douaniers qui stationnaient sur les bords de la Nive, ils avaient pensé qu'à moins d'un miracle, il était impossible à un être humain d'effectuer le passage du torrent, et leur surveillance s'était considérablement ralentie.

On comprend ainsi comment Ganich avait pu aborder à la rive opposée sans être inquiété.

Après une demi-heure de marche, les fugitifs atteignirent un petit vallon profond et étroit. Là, un homme sortit de derrière un rocher et vint à leur rencontre ; cet homme portait sous le bras le coffret contenant les bijoux de la reine.

— C'est bien, Manuelo, dit Ganich, tu as gardé fidèlement le dépôt que je t'avais confié ; tu vas nous suivre jusqu'à la frontière. Et, se tournant vers la reine : — Maintenant, madame, il faut vous résigner à fran-

chir cette montagne qui se dresse devant nous. Du courage ! Au besoin mon compagnon et moi nous vous porterons sur nos épaules.

L'ascension fut rude et pénible. Le versant présentait une pente rapide, et le sol couvert de mousse avait été rendu glissant par l'orage de la nuit.

Arrivés aux deux tiers de la montagne , nos voyageurs trouvèrent un rocher qui faisait saillie. Au pied était le chemin qu'il fallait prendre pour parvenir à la descente opposée. Ils s'engagèrent dans ce sentier. A gauche, s'élevait toujours le rocher raide et vertical comme un mur; à droite, se creusait un précipice au fond duquel roulait un torrent dont le bruit frappait à peine l'oreille. Plus d'une fois, la reine, en proie au vertige, s'affaissa sur elle-même ; il fallut toute l'énergie de Ganich pour la détermi*ner à continuer sa marche i

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