‹ Les échos du Pas de RolandChapitre 8 sur 21 · L£S ÉCHOS · texte numérisé non relu

L£S ÉCHOS

Cétaient Ganich et son ami Manuelo.

— Voilà votre guide, dit le marquis, en montrant à la princesse le plus grand des deux montagnards.

A la vue de ce géant à la figure martiale^ se présentant à elle le cou libre et les bras nus, la poitrine et la taille cachées sous une large ceinture écarlate, la princesse manifesta un mouvement d'hésitation, mouvement bien naturel chez une femme habituée à ne voir autour d'elle que d'élégants cavaliers.

Devait-elle se confier entièrement à cet homme sur une frontière peuplée d'espions et de douaniers (1) ?

Cependant, la physionomie franche et ouverte de Ganich dissipa bientôt tous ses doutes. Mais Tœil perçant du montagnard avait

(I) La reine Christine promettait oO,000 francs à celui qui parviendrait à arrêter la princesse de Beira.

déjà remarqué son incertitude. Par un mouvement plein de brusquerie, celui-ci découvrant sa poitrine, montra à la reine cette cicatrice , témoignage irrécusable de son magnanime dévouement.

— Ne craignez rien , madame, dit-il; celui qui. à reçu cette blessure saura encore exposer sa vie pour vous sauver.

— Eh bien! dit la reine, soyez mon protecteur et mon guide.

Le lendemain, tout était disposé pour le départ de la princesse. Elle parut bientôt devant son hôte, qui Tattendaiten compagnie des deux Basques. Elle tenait à la main une riche cassette qu'elle remit à Ganich; celui-ci confia ce meuble à son ami Manuelo, en lui* glissant quelques mots à l'oreille.

Manuelo, prenant les devants, partit aussitôt.

La reine était radieuse en songeant qu'elle

Page 1