‹ Les échos du Pas de RolandChapitre 9 sur 21 · G LES ÉCHOS · texte numérisé non relu

G LES ÉCHOS

allait se trouver enfin sur la route de la frontière. Après avoir remercié avec grâce le marquis de Belzunce, elle donna elle-même le signal du départ. Un instant après, précédée de son guide, elle chevauchait dans un chemin creux bordé d'églantiers et d'aubépinee.

Longtemps nos deux voyageurs purent distinguer au-dessus des arbres les toits aigus du manoir hospitalier. Soudain, la scène changea d'aspect : ils venaient de s'engager dans un vallon étroit qui ne présentait aucune trace de végétation, et les hasards périlleux du voyage commençaient pour la princesse.

Au fond de cette gorge se dessinait confusément une pauvre chaumière abandonnée.

C'est là qu'après deux heures de marche, la reine mit pied à terre pour prendre un modeste repas.

Comme il fallait traverser le village de Belette, situé à deux cents pas de cet endroit, et que ce village était occupé par une brigade de douaniers, Ganich quitta un instant la princesse pour aller explorer les alentours.

Par un hasard providentiel, il n'y avait pas un seul douanier à Belette dans ce moment, et, comme la chaleur était accablante, aucun

être humain ne se montrait dans la rue.

Ganich se hâta d'aller annoncer cette bonne nouvelle à la reine.

Bientôt le village fut traversé sans encombre et Ton s'engagea de nouveau dans. les sentiers déserts.

Les pâtres, qui voyaient passer cette belle dame en compagnie d'un paysan, ouvraient de grands yeux et saluaient d'un air ébahi.

Cependant, le chemin que suivaient les deux voyageurs devenait de plus en plus

scabreux et difficile ; bientôt il ne fut plus possible de continuer la route à cheval; les montures furent laissées à un brave montagnard que Manuelo, sur Tordre de Ganich^ avait placé là en vedette.

Nos voyageurs atteignaient le sommet d*une colline, lorsque Ganich aperçut une escouade de douaniers qui remontait péniblement le versant opposé. Non loin du sentier se trouvait une cabane de berger à demi ruinée. La princesse et son guide n'eurent que le temps de s'y réfugier. A peine y étaient ils blottis, que, par les fentes du mur, ils virent avec terreur les douaniers se diriger vers ce lieu.

Que faire?... que devenir?...

Une fenêtre basse s'ouvrait sur un ravin peu profond. Par une inspiration soudaine, Ganich entraîne précipitamment sa compagne vers cette ouverture. Il l'enlève dans ses

bras musculeux et s'élance avec son fardeau de l'autre côté.

Il était temps I...

Les douaniers entraient dans ce moment.

Fatigués par une longue course et par la chaleur du jour, ils se préparaient à goûter les douceurs du repos.

Il serait trop long de décrire tous les dangers de cette course aventureuse. Après de nombreux détours que Ganich fit faire à sa noble compagne quand, avec Tinstinct du contrebandier, il flairait l'habit vert du douanier; après des émotions diverses, causées par un voyage pénible, tantôt à travers champs ou au milieu de genêts épineux dont les pointes acérées ne respectaient pas toujours les membres délicats de notre belle voyageuse, la blanche maison de Ganich s'ouvrit enfin pour donner l'hospitalité à une reine.

Elle trouva là deux grandes et robustes Basquaises qui avaient tout préparé pour la recevoir. C'étaient Maria et Rafaela , l'une la femme, Vautre la sœur de son guide fidèle.

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